« Comment un être doté de raison peut-il encore croire en Dieu à notre époque ?»

par convertistoislam - l'islam pour tous  -  18 Avril 2013, 17:43

« Comment un être doté de raison peut-il encore croire en Dieu à notre époque ?»
 
Les gens ne sont pas tous semblables. Parmi eux, certains discutent par amour pour la dispute et les querelles tandis que d’autres, sincères, cherchent à comprendre par le biais d’une discussion ce qu’ils n’ont pas réussi à saisir d’eux-mêmes. Ainsi, il se peut que la même question soit posée avec des intentions différentes. N’ayant pas la capacité de lire dans les cœurs, nous préférons considérer nos interlocuteurs comme étant des gens honnêtes, intellectuellement intègres et prendre leurs questions au sérieux. L’intention étant un secret entre l’homme et son Créateur, chacun sera rétribué en fonction de celle-ci.
 
Cette épitre a pour objectif de répondre aux questions les plus fréquemment posées par les non-musulmans, qu’ils soient croyants ou athées, au sujet de l’Islam. Ce n’est pas par hasard que l’on voit les mœurs se dégrader, les familles se dissoudre et l’individualisme envahir nos sociétés.
 
Le vide spirituel ressenti par de nombreuses personnes est d’autant plus difficile à supporter que, lorsque qu’elles scrutent l’horizon de leur histoire passée, l’idée d’un retour au religieux a de quoi leur faire froid dans le dos. Concilier cette aspiration avec la modernité leur semble alors impossible. Et, vu les informations mises à leur disposition à ce sujet, on ne saurait les blâmer des conclusions qu’ils en tirent.
 
Cependant, lorsque le soleil se couche laissant derrière lui crépuscule puis obscurité, il se met irrémédiablement à briller ailleurs. Même si les vendeurs de lampes ont tout intérêt à faire croire aux clients potentiels qu’il ne reviendra plus. A leur image, des gens mal intentionnés se sont glissés entre le message de l’Islam et les cœurs des occidentaux. Pourtant, lorsqu’ils ont l’occasion de le découvrir sous son vrai visage, beaucoup de ces derniers y voient le remède à la multitude des maladies diagnostiquées au chevet de notre civilisation. C’est parce que je fais partie d’eux que j’aimerais partager les quelques lignes qui suivent avec vous.
 
Sachez, cher lecteur (ou chère lectrice), qu’aucun intérêt mondain ne nous anime et que, tout comme celui qui a rédigé cet écrit, la personne qui vous l’a fait parvenir n’attend rien de vous en retour. Ni argent, ni quoi que ce soit d’autre. La seule chose que nous vous demandons est que vous vous retiriez quelques instants dans un endroit calme, loin des aprioris, que vous éteigniez la télévision, internet ainsi que votre téléphone portable. Puis, que vous nous accordiez votre attention le temps de lire les pages suivantes.
 
Sachez aussi, pour ne pas passer à côté de l’essentiel si vous n’avez pas le temps d’achever cette lecture, que l’Islam n’est pas la religion exclusive des arabes. C’est un message adressé à l’humanité toute entière, vous y compris. Un message universel à l’aune duquel les individus ne sont jugés ni en fonction de la couleur de leur peau, ni en fonction de leur statut social. Un message de justice, alliant spiritualité et vie pratique, éthique individuelle et vie sociale, respect, droits et devoirs. Un message d’espoir et de fraternité, d’écoute, d’entraide et de solidarité que beaucoup recherchent en frappant à des portes qui ne s’ouvriront pas. Décrié injustement, peu, mal ou méconnu, voici en quelques mots le message au sujet duquel nous vous invitons à réfléchir.
 
Question : « Comment un être doté de raison peut-il encore croire en Dieu à notre époque
 
 C’est assez « amusant » de voir combien les médias font bien leur travail de désinformation. Ainsi, à force d’entendre certaines choses depuis notre plus tendre enfance, même les sentiments enfouis au plus profond de nous peuvent finir par nous sembler étrangers. Démonstration.
Avant de partir étudier la langue arabe au Caire en 2009, je me suis rendu à la préfecture de la Seine Saint-Denis (93) afin de m’y faire délivrer un permis international. Je prends mon ticket, m’assoie et attends patiemment mon tour qui met du temps à arriver. Quelques instants plus tard, mon numéro s’affiche ainsi que celui du guichet où je dois présenter mon dossier. Une fois devant, je salue l’employé qui s’y trouve et m’assoie après qu’il m’y ait gentiment invité.
-           Qu’est-ce qui vous amène monsieur ?
-           Je souhaite faire un permis international.
-           Vous avez tous les papiers avec vous ?
-           Oui. Je me suis renseigné auprès de l’un de        vos collègues au téléphone avant de venir.
-           S’il vous plaît...
 
Je tends l’ensemble des documents à mon interlocuteur qui, lorsqu’il tombe sur ma carte d’identité, prend un air perplexe. Il fait plusieurs « va-et-vient » du regard entre celle-ci et mon visage, observe ma barbe, hésite quelques secondes, puis finit par me demander :
-           Je peux me permettre de vous poser une question ?
-           Je vous en prie.
-           Vous êtes de quelle origine ?
-           Mon père vient des Antilles et ma mère était française, de souche.
 
J’avais cru reconnaître par ses traits et sa couleur qu’il venait des Comores, j’ai donc naturellement ajouté :
 
-           Et vous, vous êtes Comorien ?
-           Ah non, pas du tout ! Dit-il. Je suis de la Guadeloupe.
-           En effet, ce n’est pas à côté !
-           Vous… (il hésite) Vous êtes… Comment dire… Musulman ?
-           Oui, tout à fait.
-           Mais… vous êtes français à la base !? Je veux dire (il cherche ses mots…)
-           Est-ce que je suis un converti ? C’est ça ?
-           Oui voilà, c’est ça ! Enfin, si ca ne vous dérange pas d’en parler.
-           Non, non, aucun problème. On peut en parler. Alors oui, effectivement, j’ai embrassé l’Islam il y a bientôt dix ans maintenant.
-           Et, comment ca s’est passé ?
-           C’est un peu long à expliquer. Pour faire court, disons déjà que depuis enfant, j’ai toujours cru en l’existence d’un Créateur. Ca me semblait logique, dans l’ordre des choses, quelque chose d’évident. A vrai dire, avec le recul, je me dis même que c’est celui qui prétend ne pas croire en Dieu qui devrait apporter les preuves de ses allégations et non pas le croyant. Car finalement, c’est ne pas croire en l’existence d’un Créateur qui est contraire à la raison humaine.
-           Pardon ?
-           Ce que je viens de dire n’est pas clair à quel niveau ?
-           C’est très clair, simplement excusez moi de vous dire que ce n’est pas un discours courant.
-           J’entends bien. Cependant, cela n’en reste pas moins une évidence que chacun d’entre nous porte en lui. Ne pas croire en un Créateur est contraire à la raison humaine. Et cela ne fait aucun doute !
Mon interlocuteur s’accoude à son bureau, prend un air très sérieux et me demande presque solennellement :
-           Ca ne te dérange pas si on se tutoie ?
-           Pas du tout, aucun problème.
-           Je peux te demander d’expliquer ce que tu affirmes ?
 
C’est une situation peu commune de se retrouver à la préfecture en train d’expliquer sa religion. D’autant plus que ce n’est pas moi qui ai engagé la conversation sur le sujet et que la file d’attente pour passer au guichet où je me trouve est loin d’être négligeable. Je demande poliment :
-           As-tu le temps pour ce genre de discussion ici ? Sinon, si tu préfères, on peut essayer de se voir plus tard pour parler de tout ca.
-           Non, vas-y ! Je m’occupe de ton dossier et je t’écoute en même temps.
-           D’accord… Imagines que tu habites dans un petit pavillon. Ta chambre est au premier étage et sa fenêtre donne sur un jardin.
-           Oui ????!
Il lève la tête vers moi ainsi que l’un de ses sourcils. L’air embarrassé. Il ne dit rien de désobligeant, mais je sens bien que mon introduction lui semble légèrement – et c’est le moins que l’on puisse dire – « hors-sujet ».
-           Avant d’aller te coucher, tu jettes un œil par la fenêtre comme à ton habitude. Le jardin est vide, calme, rien à signaler. Ok ?
-           Ok.
-           Quelques heures plus tard, à ton réveil, tu t’aperçois que la fenêtre est complètement murée. Impossible pour toi de voir ce qui se passe à l’extérieur. Quelle est ta réaction ?
-           Je me dis « Qu’est-ce que c’est que ça ? »
-           Non, tu sais très bien ce que c’est. C’est un mur…
-           Ben… Alors, je me dis : « Qui a fait ca ? »
-           Est-ce qu’il te vient à l’esprit une seconde que ce mur se soit fait tout seul ?
-           Non !
-           Penses-tu que les blocs de ciments qui jonchent le bord de ta fenêtre aient atterri ici par le fruit du hasard ? Au gré du vent, de la pluie, du sable et des cailloux qui les constituent ?
-           Non, évidemment !
-           Acceptes-tu l’idée que ces parpaings soient juste « là », sortis du néant ; qu’il n’y ait pas de question à se poser quant à leur origine, leur place et qu’ils y sont parce qu’ils y sont et que c’est comme ça !?
-           Ils n’y étaient pas la veille, ils viennent bien de quelque part ! Ils ne sont tout de même pas tombés du ciel !
-           Merci. Permets-moi de te poser une autre petite question avant de conclure, je sais que nous n’avons pas trop de temps…
-           Oui vas-y, je t’écoute.
-           Penses-tu qu’il soit plus difficile de murer une fenêtre ou de créer un être humain ?
-           Il sourit tellement la réponse lui semble évidente.
-           Réponds s’il te plaît, je veux juste m’assurer que nous sommes bien d’accord.
-           Nous ne sommes pas en mesure de créer un être humain. Or, nous construisons des murs tous les jours. La réponse est plus qu’évidente !
-           Oui, en effet. Mais alors pourquoi acceptes-tu concernant la création de l’être  humain ce qu’il te semble stupide d’accepter au sujet d’un simple mur ?
-           C’est-à-dire ?
-           Tu n’acceptes pas l’idée qu’un mur sorte du néant, ni qu’il soit le fruit du hasard ou présent sans raison. Comment peux-tu accepter cela pour l’homme après avoir reconnu qu’il est beaucoup plus sophistiqué ?
 
Mon interlocuteur s’est levé en direction de la photocopieuse, a dupliqué des documents puis à pris quelques instant avant de revenir vers moi. Arrivé à mon niveau, j’ai constaté que son visage n’avait plus l’air enjoué que j’avais remarqué au début de notre discussion. Il me dit :
-           Tu sais quoi ?
-           Non.
-           Je n’avais jamais pensé à ça de cette façon. C’est la première fois que je vois la question sous cet angle !
-           Tu comprends maintenant pourquoi je t’ai affirmé plus tôt que croire en un Créateur n’a rien d’opposé à la raison et que c’est, bien au contraire, le fruit d’une raison saine ?
-           Oui, tout à fait…
 
J’ai laissé mon numéro de téléphone à mon interlocuteur ainsi que quelques adresses de sites internet qui pourraient lui apporter, si tel était son désir, des informations plus précises au sujet de notre discussion. Il m’a remis mon permis de conduire en me souhaitant « bon voyage », je lui ai souhaité « bon courage », puis nous nous sommes quittés sur une poignée de main chaleureuse.
 
 * * *
On nous rabâche à longueur de journée et depuis notre plus tendre enfance que la religion est l’ennemie jurée de la science, de la raison et de la réflexion. On laisse penser à qui veut bien l’entendre, et aux autres, que « croire en Dieu » serait un concept d’une autre époque et que l’humanité a aujourd’hui dépassé ce genre d’absurdités qui ne conviendraient qu’aux civilisations « arriérées ». Or, et c’est bien là le comble, quiconque se laisse le temps de réfléchir à la question s’aperçoit qu’il penche naturellement vers le contraire de ce qui semble « communément admis ». Cette propagande redondante, habillée de slogans publicitaires foudroyants d’individualisme, d’invitations à suivre ses passions, de belles mélodies et autres « divertissements » salutaires au bien être des téléspectateurs-consommateurs aurait-elle pour finalité de ne pas nous laisser le temps de réfléchir ?
Ce serait trop bête.
Non ?

à suivre ..