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« On ne connaît pas la vérité par les hommes, mais connais donc la vérité, et après tu connaîtras ceux qui la suivent. »


Je suis devenu salafi grâce à l’école de la République

Publié par convertistoislam - l'islam pour tous sur 29 Novembre 2015, 13:08pm

Je suis devenu salafi grâce à l’école de la République

J’écris cet article, et je ne cesse de m’interroger sur le bien-fondé de ma démarche. Est-il possible pour un athée, un agnostique ou même un chrétien, de comprendre ce que je suis et à quoi j’aspire ? Est-il possible encore, face à mon rapport à Dieu, aux hommes, qu’il se dise « Je n’approuve pas mais je comprends » ?

Baudelaire disait que la plus belle des ruses du Diable est de vous persuader qu’il n’existe pas. J’ai l’impression pour ma part que son chef-d’œuvre est d’avoir persuadé le monde que l’islam est une religion de barbares.

Le Prophète Muhammad a dit :

« L’islam est apparu au début comme quelque chose d’étrange, et il redeviendra une chose étrange. »

 

Eh bien 1500 ans plus tard, cette parole prophétique se confirme.

Ainsi, lorsque je marche dans les rues de Paris et que l’on murmure à la vue de ma barbe, je me sens comme ces bourreaux de jadis, l’utilité en moins, qu’on ne pouvait croiser sans ressentir un frisson d’horreur. Ces regards noirs, ces commentaires hostiles que j’entends ici et là, m’accompagnent quotidiennement comme un ulcère qu’on n’a plus la force de soigner.

Voici donc un témoignage, une bouteille jetée à la mer, une main tendue à qui voudra, puisque désormais, les chiens ne se contentent plus d’aboyer, mais mordent lorsque la caravane passe, et qu’en tant que musulman pratiquant, Arabe de sexe masculin, j’incarne le mal absolu en France et dans le reste du monde.

 

Ce qu’être salafi veut dire

Je m’appelle Faouzi, mais je pourrais aussi m’appeler Nadia, Claire ou Nicolas, tous musulmans à tendance salafi ou wahhabite, et tous ayant suivi leurs études dans le système scolaire français.

Tout d’abord, que signifie être salafi ? Le terme musulman devrait suffire, me direz-vous, mais les sectes en islam pullulant, il était devenu vital pour ceux qui désiraient suivre le Coran et la tradition prophétique de manière véridique, de se distinguer d’autres courants aux allégations malhonnêtes – nous y reviendrons plus loin.

Ainsi, être wahhabite ou salafi, c’est être musulman, comme au temps du Prophète. Celui-ci nous ayant prévenu que seuls ceux qui suivraient ses pas seraient sauvés, nous n’accordons d’importance qu’au Coran, aux paroles du Messager d’Allah et à celles de ses Compagnons et ceux qui suivirent, sur deux générations : les Salaf (prédécesseurs). Il s’agit d’être au plus près de la source, pour ne pas dévier.

 

En France, le religieux crispe

A l’instar des ultra-orthodoxes de la communauté juive, nous pourrions aussi, au lieu du terme salafi, prendre l’appellation de musulmans orthodoxes, dans le sens où nous souhaitons vivre pleinement notre religiosité, dans nos cœurs, nos paroles et nos actes, notre alimentation, notre vêture, bref, dans notre rapport au monde. Chez nous, point de schizophrénie entre sphère privée et publique : là où il n’y a pas Dieu, il y a le Diable.

Je le sais : en France, pour des raisons historiques remontant à la déchristianisation après la Révolution, le religieux, lorsqu’il s’extériorise, fait une tribune, crispe. Le catholicisme a été en grande partie vidé de sa substance, le coup de grâce ayant été donné par Vatican II. Il ne reste plus que la crèche à Noël, le sapin, les boules quoi !

Le peu de fois où j’ai croisé des bonnes sœurs, j’ai ressenti comme un élan de sympathie, elles qui dans leur habillement, leur rapport à Dieu et le renoncement à ce monde, ressemblent aux musulmanes d’ici et d’ailleurs.

Malheureusement, les seules personnes non musulmanes pouvant nous comprendre se trouvent dans des couvents et sont peu audibles dans les médias, le catholicisme, dans l’Hexagone du moins, n’étant plus qu’une coquille vide. Dans d’autres démocraties cependant, et pas la moindre, la plus grande, je remarque qu’amish et mormons vivent leur foi sans être sans cesse stigmatisés.

 

Je condamne ces fous furieux

Vous me répondrez : ceux-ci ne tuent pas des innocents dans des salles de concert.

C’est vrai, mais j’ai dit que j’étais salafi, un musulman orthodoxe, et pas un kharijite takfiriste. Je l’écrivais au début de cet article, il est important de se distinguer, surtout de ces meurtriers. Le problème voyez-vous, c’est qu’eux aussi se considèrent comme salafi, d’où la nécessité, à mon sens, de changer de nom pour qu’il n’y ait pas confusion. Assurément, je condamne ces fous furieux qui appartiennent à une secte déviante, et que le Prophète a nommé « chiens de l’Enfer ».

Ce mal n’est pas nouveau dans l’histoire des musulmans. Le quatrième calife, Ali, les a combattus, eux qui bien souvent sont plus habités par une soif de carnage que par la foi et qui, face à une argumentation solide, n’ont d’autre réponse que l’anathème.

Toutefois, mes avis étant plus nuancés qu’un « j’aime » sur Facebook, je n’oublie pas aussi, afin d’être juste sans justifier l’injustifiable, que les populations arabes et sunnites sont abandonnées en Irak et en Syrie, aux mains de milices chiites qui pillent, violent et tuent, et qu’aucune coalition ne les protège, à part ces individus.

Je trouvais ces combattants courageux quand ils s’attaquaient à Bachar el-Assad et ses sbires, du moins au début de la révolte syrienne, lorsqu’on ne savait pas trop à qui on avait affaire. Puis l’horreur éclata au visage du monde, des images sales, écœurantes. La fin en islam, mes frères, ne justifie pas les moyens. C’était à vomir de rire, une sorte d’extension de la banlieue dans le domaine syrien. Je les voyais parader sur des vidéos, comme des rappeurs de gangsta rap avec leurs flingues sur fond de chants religieux, décapitant et brûlant des innocents.

 

Nous sommes les Jedi, eux les Sith

Devinez quoi ? Pour ces égarés, moi qui crois au Dieu unique, qui prie, qui jeûne, qui porte barbe et djellaba, je suis aussi bon à abattre qu’un alcoolique adorateur du Diable, parce que je crois que tout musulman doit obéissance au gouverneur, fut-il pervers, et qu’eux considèrent qu’il n’y a aucun dirigeant musulman sur terre, à l’exception de leur calife.

M’est avis que s’ils avaient connu mon opinion et que je m’étais trouvé au Bataclan, tous les tires se seraient concentrés sur ma personne, car nous sommes ceux qui les combattons le mieux sur le terrain idéologique, et qu’ils nous détestent.

Pour ceux qui n’auraient pas trop compris, histoire de mettre une touche d’humour dans ce sujet grave, nous sommes les Jedi, eux les guerriers Sith, des frères ennemis, notre Force est une foi saine, la leur, une pulsion déviante et meurtrière qui ne se nourrit que d’émotion, et surtout pas de lecture et de méditation.

Je ne suis cependant pas naïf, le fait de condamner clairement le terrorisme takfiriste ne me rend pas plus aimable malheureusement aux yeux de mes concitoyens. Le mal est plus profond en France : on casse du niqab comme on a cassé du curé, Dieu peut être présent mais pas trop. Le prosélytisme agace, qu’il vienne d’un musulman ou d’un témoin de Jéhovah.

 

L’islam folklorique importé du bled

Ce salafi donc, ce musulman orthodoxe que je suis, a reçu ses bases à l’école française. La France, pays de Descartes, m’a permis de faire la différence entre un islam farci de légendes et l’islam authentique, celui du Prophète et de ses Compagnons, et dont la finalité n’est autre que le paradis.

Car oui, je crois qu’après la mort, il n’y a que deux destinations. J’y crois dur comme fer, une croyance absolue, qui conditionne ma manière de vivre. Croyez-moi, lorsqu’on lit les descriptions de l’enfer et du paradis, l’on devient très motivé à éviter l’un et à rejoindre l’autre. Prier cinq fois par jour, jeûner un mois, payer l’aumône légale vous semblent peu cher payé.

Dans un premier temps, il a été facile de constater que l’islam pratiqué par les papas et les mamans du bled était très suspect. M’étant tourné vers ma religion à l’âge de 20 ans, j’avais grandi dans une famille où l’on buvait de l’alcool, mais où on se refusait de manger du non-halal, où l’on ne priait pas, mais où on respectait strictement le mois de jeûne du ramadan, où l’on invoquait des saints tout en proclamant qu’Allah était le plus grand. Un islam folklorique et sympathique en somme, débordant de pâtisseries au miel durant le mois de ramadan, où légendes, polythéisme et paroles prophétiques se mélangeaient.

Cet islam donc, importé du bled par des parents peu scolarisés, fut rapidement contredit à la lumière des premiers ouvrages que je me procurais, et dont le premier, l’essentiel, le Coran, fut un choc pour moi. Le nom de Moïse y était plus présent que Muhammad, les menaces et les promesses ne laissaient aucune alternative.

 

Musique et folles soirées d’ivresse

J’avais à cette époque mon joint en bouche, la musique rythmait mes jours et mes nuits, mes études en faculté étaient ponctuées par de folles soirées d’ivresse et l’athéisme était ma religion. Je n’avais jamais jeûné, même pour faire plaisir à ma mère, l’instruction que j’avais reçue au lycée puis à la Sorbonne m’avaient donné une assurance et une arrogance teintées de condescendance vis-à-vis des religions.

Lorsque je me suis intéressé aux croyances de mes aïeux à travers des ouvrages bien documentés, je compris vite que les mains de Fatma, ces noms de soi-disant saints que l’on invoquait à tout va, n’étaient que des pratiques plus proches du polythéisme que de l’islam. Sans barbe et sans djellaba, je me mis à accomplir mes cinq prières par jour, tournant mon visage vers la Mecque, le dos à mes petites copines, et à la drogue douce. On me considérait alors, comme un musulman pondéré, moderne, loin des extrêmes.

Cependant, mes parents, comble de l’ironie, voyaient certaines de mes pratiques comme des innovations religieuses, alors qu’elles apparaissaient clairement dans le Coran et la tradition prophétique. Eux qui ne connaissaient de l’islam que quelques sourates courtes et qui, du fait, de leur connaissance relative de l’arabe littéraire, pensaient bien maîtriser leur religion, tombaient des nus lorsqu’on leur disait qu’égorger un mouton sur la tombe de Sidi Abd As-Salâm pour favoriser la fécondité était un acte polythéiste, très éloigné de la religion de Muhammad.

Mon père me disait alors :

« C’est l’islam qu’on vous a appris en France, ça ! C’est pas le vrai islam ! »

 

Un jour, à Argenteuil...

Les années passèrent, ma pratique était toujours aussi sérieuse, j’écoutais de la musique car légiférée selon moi, et fumais une clope de temps à autre, tout en discutant sans chaperon, dans le cadre du mariage, avec des musulmanes dans des restos parisiens.

Je croisais parfois des barbus dont je me méfiais instinctivement. Il me semblait que leur pratique rabaissait la mienne, sachant au fond de moi toutefois, sans vouloir me l’avouer, que leur direction était la bonne, mais qu’elle serait trop difficile à assumer pour le moment.

Un jour cependant, j’assistai à Argenteuil à une conférence tenue par deux savants venus du Moyen-Orient. C’était au début des années 2000, et c’était la première fois que j’entendais parler de la salafyia. Leur discours, en clair, était qu’on ne devait accorder de l’importance qu’au Coran, qu’aux paroles du Prophète et de ses Compagnons qu’à travers des preuves authentiques tirées de ce corpus.

Quoi de plus normal pour un musulman, me direz-vous ? C’était bien là le problème : cette évidence, qu’aucun universitaire formé à l’école cartésienne n’aurait pu rejeter, que dis-je, qu’aucun musulman honnête n’aurait pu mettre en doute, était sournoisement combattue et rejetée par certains de mes coreligionnaires.

Ainsi, j’appris durant cette conférence qu’écouter de la musique était interdit, et cela me brisa le cœur. Cet avis ne pouvait venir que d’une secte déviante, que d’extrémistes ! Cependant, ma recherche faite, moi qui avais une formation d’historien, me prouva rapidement que cet avis était très majoritairement reconnu par les savants musulmans, et que les preuves tirées de la tradition prophétique étaient nombreuses.

 

Combat entre mes passions et ma foi

Pareil sur le fait de porter la barbe sans la tailler à l’exception des moustaches. Les preuves étaient si claires qu’il me semblait que seule une personne très malhonnête pouvait ne pas être d’accord.

Arriva alors ce moment critique, ce combat entre mes passions et ma bonne foi. J’avais déjà gagné le premier round, le plus important, qui avait consisté à reconnaître qu’Allah seul était digne d’être adoré, et que Muhammad était son Prophète, mais aussi à prier, à jeûner, partir en pèlerinage à la Mecque, et payer l’aumône légale.

Le second round tendait vers la perfection religieuse et, d’un autre côté, allait me couper d’avantage de la société française. Je ne badinerai plus avec plus aucune femme, ne les saluerai plus que de la tête, je porterai, quitte à paraître ridicule aux yeux d’ignorants, des pantalons larges qui remonteraient au-dessus des chevilles, ne fumerai plus... « Mais ce sont des broutilles ! Des épluchures ! », s’écrièrent certaines de mes connaissances. « Ces épluchures, mes frères, le Prophète ne les a pas négligées. Que serait ce fruit qu’est la foi sans ces épluchures ? », me fatiguais-je à répéter.

De plus, le paradis ayant plusieurs degrés, je désirais multiplier mes actes de piété pour baigner avant tout dans ce bien-être que seule une adoration sincère et abondante pouvait vous procurer, et comptais atteindre, avec l’aide d’Allah, les plus hauts sommets de l’eden. Je m’étais fait à l’idée que parfois, pour plaire à Dieu, il fallait déplaire aux hommes. Du reste, que sont quelques années de bagne face à une éternité de bonheur

 

Le Prophète et Rimbaud

Cela ne s’arrêta pas à la barbe, la musique, ou la manière de s’habiller. C’était un retour au monothéisme pur, aux actes et paroles du Prophète, sans saint, ni gourou pour déformer ce message originel, quelque chose de très raisonnable en somme, pour un musulman du moins. Je voyais bien que des savants comme Ibn Taymiyya, ou Muhammad Ibn Abd Al-Wahhab, loin d’avoir inventé une prétendue nouvelle doctrine rigoriste, ne disaient rien d’autre que de suivre le Coran et la tradition prophétique de Muhammad telle que la comprenaient ses Compagnons. Qui, mieux que Rimbaud, pour expliquer son œuvre ? Et qui de plus compétant après lui que Verlaine ?

Je comprenais enfin que ce rigorisme prétendu, que tout le monde avait en bouche lorsque l’on parlait du wahhabisme, était sans fondement. C’était l’islam tel qui nous avait été enseigné par notre Prophète qui était rigoureux, du moins pour ceux dont la foi était faible. Dans un monde où les âmes, noyées de loisirs, n’avaient plus le temps de se recueillir, même aux toilettes, je comprenais que des individus priant cinq fois par jour, et jeûnant tout un mois, ne pouvaient apparaître que comme des fanatiques. Ajoutez à cela un grand voile noir ou une barbe...

Je n’avais pas cependant l’impression d’être un extrémiste, j’étais bien loin de l’ascétisme pratiqué par les anciens. Je me disais, afin de m’expliquer ces regards hostiles, que pour une limace, l’escargot avec sa carapace doit apparaître comme un être incroyablement solide.

 

On ne hait pas ce qui nous a bercés

Du reste, je ne devins pas un musulman orthodoxe du jour au lendemain. La barbe, à mon goût, ne faisait pas partie de la perfection au masculin, et la musique me semblait trop envoûtante pour l’abandonner tout de go. Je reconnaissais cependant bien volontiers le caractère obligatoire de l’un, et le caractère illicite de l’autre. Je comprenais que la salafiya appartenait à la logique, au bon sens, et que les autres tendances comme le soufisme entre autres, où l’on doit être affilié à un maître, et où des transes mystiques avaient pris le pas sur des piliers de l’islam, était loin de la religion originelle pratiquée par les premiers Compagnons.

Cela, grâce à la rigueur scientifique que m’ont enseignée mes professeurs, grâce à l’école de la République, et je la remercie, sans ironie, du fond du cœur.

Cette autre légende aussi, dont abusent certains politiciens pour masquer leur incurie, qui voudrait que nous haïssions l’Occident et sa culture, alors que nous y avons baigné, me fait doucement rire. Il faudrait un cœur vierge et sain pour détester les dérives, et non pas les valeurs de l’Occident. Comme si la liberté chère aux Bédouins, l’égalité que l’on retrouve entre les rangs des fidèles dans les mosquées et la fraternité de la oumma étaient des étrangetés pour les musulmans.

Nous donc, wahhabites de France et de Navarre, qui fredonnons de temps à autre des airs de funk sous la douche, et dont la culture cinématographique et musicale est, à notre plus grande honte, plus grande souvent que notre culture islamique, nous n’avons pas la force d’haïr ce qui nous a bercés. Nous évitons ces péchés que sont pour nous l’alcool, le tabac, la drogue douce ou la musique, comme on évite dans la rue une ex qui vous a trompé et causé un chagrin d’amour, voilà tout.

La haine est exigeante, elle a besoin pour se nourrir d’un tout autre carburant que la pornographie, l’alcool, ou l’andouillette ; produits, du reste, que l’on se procure facilement de nos jours en terre d’islam, et qui suscitent dans ces contrées au mieux le dégoût, au pire l’indifférence, mais certainement pas la haine.

 

Croit qui veut, mécroit qui veut

Pareillement, cet autre délire : les conversions de force.

Même si je souhaite le bonheur pour tout le monde, c’est-à-dire l’islam, je ne parle qu’à ceux qui veulent m’écouter, j’évite d’être lourd quand on discute religion, ne m’emporte pas quand j’ai affaire à des contradicteurs honnêtes. Je considère que l’islam se mérite, on ne le présente pas comme un mendiant présente sa main.

Bref, croit qui veut, mécroit qui veut, même si parfois, l’enfer étant une réalité, j’ai de la peine pour certains athées endurcis, pétris de générosité, de douceur et de bienveillance, mais à qui il manque l’essentiel : la foi au Dieu unique.

J’ai le même comportement avec certains Maghrébins qui observent les règles de l’islam comme ils observent les étoiles : de loin. D’autant plus que cela concerne souvent une mère, un père, une sœur ou un cousin. Si tu pratiques, tant mieux pour toi, si tu ne pratiques pas, tant pis pour toi, voilà tout.

 

Je ne te cracherai pas à la gueule

Je serai toujours présent et disponible si tu souhaites un éclaircissement, une réponse. Je le disais plus haut, la haine est exigeante, et je n’ai plus assez d’énergie pour l’alimenter, moi qui suis tant blasé. Je ne te cracherai pas à la gueule, ne t’insulterai pas, toi le faux frère qui, après avoir tourné le dos à l’islam, le piétine avec plus de hargne qu’un identitaire, souhaite sa disparition, et qui, parfois, malgré ses efforts, se fait traiter de sale Arabe.

Enfin, concernant les musulmans suivant d’autres tendances, je leurs dis :

« Si vous pensez que j’ai tort, apportez-moi vos preuves religieuses, pas vos ressentis, et s’il s’avère que vous avez raison, je le reconnaitrai et vous suivrai, car je suis toujours humble face à la vérité, même si là où vous voyez de la lumière, je ne vois que des ombres. »

Enfin, puisqu’il faut conclure, et même si j’aurais pu écrire encore des centaines de pages à ce sujet, je le répète, le clame, le chante, moi qui, quoi que je dise, ne peux avoir aux yeux de certains qu’une nationalité et un discours double, que toute personne tuant des innocents doit être jugée et condamnée, qu’elle soit athée ou musulmane.

 

Le pire, c’est que j’aime ce pays

Par contre, je souhaite vivre comme je l’entends, à ma manière orthodoxe. Il existe des solutions pour ne pas outrepasser le cadre légal, mon vrai but étant cependant de quitter la France pour une terre d’islam. Dans l’Hexagone, des écoles privées existent pour les enfants musulmans.

Vous ne me verrez dans aucune entreprise publique ou privée, je suis mon propre patron, je prie aux heures légales, sans que personne ne m’en empêche, car prier au boulot en France passe plus mal que fumer une clope entre deux dossiers.

Le pire, voyez-vous, c’est que j’aime ce pays. Ma banlieue, aussi grise et sale qu’elle soit, m’est plus précieuse que le quartier latin pour un Parisien. Je ne serai intégré qu’économiquement – à vrai dire, pour le grand capital, c’est le plus important, non ?

 

Je mange du camembert et lis Flaubert

Et pourtant, je ne suis pas non plus une sorte de Bédouin dans la ville, je parle français, je rêve en français, je connais les codes, les gauloiseries les plus grasses. M’est avis qu’avec un dirigeant comme Napoléon – le grand, pas le petit –, j’aurais...

Imaginez donc : je salue ma boulangère, supporte l’équipe de France et le PSG, aide les grands-mères à porter leur cabas, lis Gustave Flaubert, mange du camembert et, surtout, ne souhaite tuer personne. Rien qu’avec ça, j’ai l’impression de plus participer à la cohésion de ce pays que certains qui, bien que prônant la mixité sociale, refusent de voir s’installer dans leurs beaux immeubles parisiens des voisins aux origines africaines.

Mais ne craignez rien, je resterai, avant de voler vers d’autres cieux, dans ma banlieue chérie, avec ceux qui me ressemblent et ne frissonnent pas à ma vue. Après tout, certains juifs orthodoxes vivent de cette manière en France, sans que cela ne gêne personne.

 

Un droit à l’indifférence

Croyez-moi, je ne recherche ni sympathie, ni pitié, je ne veux, à travers cet article, que vous ouvrir quelques minutes les portes de mon cœur saignant, histoire de voir que chez moi aussi, on arrose des fleurs, on pleure, on rit. C’est un droit à l’indifférence que je réclame, voilà tout.

Merci à toi, ô école de la République, de m’avoir fait découvrir Emile Zola, mais merci surtout, de m’avoir offert ces précieux dons que sont la logique et le sens de l’analyse, qui m’ont permis de démasquer cet obscurantisme qu’est l’islam des légendes, et m’ont mené vers cette lumière qu’est l’islam des origines : le wahhabisme.

 

source 

 

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Juste un petit commentaire personnel, je partage beaucoup ce ressenti et sincèrement je pense que je suis loin d'être le seul, la conclusion aurait pu être meilleur, car on connaît la connotation péjorative de cette appellation .. mais qu'importe on sens que la plume a exprimer ce qu'il avait dans sa poitrine, qu'Allah nous préservent.

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