Son comportement avec ses Compagnons

par convertistoislam - l'islam pour tous  -  4 Mars 2016, 16:25

Son comportement avec ses Compagnons

Son comportement, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, avec ses
Compagnons


Allah, le Très Haut, dit (sens du verset) :
«
C’est par quelque miséricorde de la part d’Allah que tu (Muhammad) as
été si doux envers eux ! Mais si tu étais rude, au cœur dur, ils se seraient
enfuis de ton entourage. Pardonne-leur donc, et implore pour eux le pardon
(d’Allah). Et consulte-les à propos des affaires ; puis une fois que tu t’es
décidé, confie-toi donc à Allah, Allah aime, en vérité, ceux qui Lui font
confiance.
» (Coran 3/159).


Selon l’exégèse d’Ibn Kathîr, qu'Allah lui fasse miséricorde : « C'est-à-dire par le
biais d’une miséricorde de la part d'Allah. A cet égard, al-Hasan al-Basrî a dit : ‘Telle
est l’éthique de Muhammad, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, avec laquelle Allah
l’envoya. En effet, ce noble verset ressemble à celui où Allah, le Très Haut, dit (sens
du verset) :
« Certes, un Messager pris parmi vous, est venu à vous, auquel pèsent lourd
les difficultés que vous subissez, qui est plein de sollicitude pour vous, qui est
compatissant et miséricordieux envers les croyants. » (Coran 9/128).


A ce sujet, le Cheikh al-Sa'dî, qu'Allah lui fasse miséricorde, dit dans son exégèse :
« C'est-à-dire : c’est par la miséricorde dont Allah te dota, ainsi que tes Compagnons,
qu’Il te fit la grâce d’être doux avec eux, d’abaisser pour eux l'aile de l'humilité, de
les traiter avec indulgence, de te parer de bonnes mœurs ; c’est pourquoi ils
s’assemblèrent autour de toi, éprouvèrent de l’amour à ton égard et se plièrent à tes
ordres. Or, ‘si tu étais rude, au cœur dur, ils se seraient enfuis de ton entourage ’ car
un tel mauvais caractère suffirait à les repousser et susciter leur aversion. Les bonnes
mœurs du dirigeant attirent les gens vers la religion d’Allah, exalté soit-Il, et
stimulent leur désir de l’embrasser ; outre bien entendu l’éloge et la rétribution
particulière dont est digne celui qui se pare d’un tel comportement. A l’inverse, le
dirigeant religieux qui a de mauvaises mœurs inspire aux gens de la répulsion et de
l’aversion pour la religion, et ne mérite certes que le dénigrement et le châtiment qui
lui est réservé dans l’Au-delà.


Ceci étant dit, si Allah, exalté soit-Il, dit que ce Messager, quoiqu’ infaillible, risquait
quand même d’inspirer de la répulsion à ceux qui l’entouraient s’il, Salla Allahou
'Alaihi wa Sallam, les avait traités avec rudesse et cruauté, et ce quelles que soient ses
autres traits de caractère, qu’en-est-il des autres humains qui, eux, ne sont pas
infaillibles, s’ils traitent les gens avec rudesse et dureté ? Ne devraient-ils pas, a
fortiori, suivre son modèle en se parant de ses bonnes mœurs et en traitant les gens
avec la douceur, la noblesse de caractère et l’esprit de conciliation dont il faisait
preuve ; et ce, afin de se plier aux ordres d’Allah, exalté soit-Il, et d’attirer Ses
serviteurs vers Sa religion ? Ensuite, Allah, le Très Haut, lui ordonna de leur
pardonner leurs manquements vis-à-vis des droits qu'il, Salla Allahou 'Alaihi wa
Sallam, avait sur eux et à implorer le pardon d’Allah pour leurs manquements vis -àvis des droits d’Allah sur eux ; le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, se para
ainsi à la fois de la capacité à pardonner et de bienfaisance ».

 


Notre Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, était modeste avec ses
Compagnons.


C’est Allah, exalté soit-Il, qui lui ordonna de l’être lorsqu’Il dit (sens du verset) :
4. « et abaisse ton aile pour les croyants. » (Coran 15/ 88).
5. « Et abaisse ton aile [sois bienveillant] pour les croyants qui te suivent. »
(Coran 26/ 215).
6. « Fais preuve de patience [en restant] avec ceux qui invoquent leur Seigneur
matin et soir, désirant Sa Face. Et que tes yeux ne se détachent point d’eux,
en cherchant (le faux) brillant de la vie sur terre. Et n’obéis pas à celui dont
Nous avons rendu le cœur inattentif à Notre Rappel, qui poursuit sa passion
et dont le comportement est outrancier. » (Coran 18/ 28).
7. « Et ne repousse pas ceux qui, matin et soir, implorent leur Seigneur,
cherchant sa Face «Wajh». Leur demander compte ne t’incombe en rien, et
te demander compte ne leur incombe en rien. En les repoussant donc, tu
serais du nombre des injustes. » (Coran 6/ 52).


A ce sujet, il fut rapporté qu’al-Aqra' ibn Hâbis al-Tamîmî, 'Uyayna ibn Hisn alFazârî, entre autres, vinrent voir le Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa

Sallam, et le trouvèrent assis avec Suhayb, Bilâl, 'Ammâr et Khabbâb, qu'Allah soit
satisfait d’eux, et entouré par les faibles d’entre les croyants.


Les voyant dans cet état, ils les méprisèrent et s’adressèrent en aparté au Messager
d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, et lui dirent : « Nous voudrions que tu nous
consacres une place distinguée par laquelle les Arabes pourraient reconnaître notre
mérite. C’est qu’en fait, les délégations des Arabes viennent souvent te voir et nous
serions embarrassés que ceux-là nous voient assis avec ces esclaves. Nous voudrions
que tu les éloignes lorsque nous venons te voir, et après notre départ, tu pourrais
rester avec eux si tu veux ». C’est justement à cette occasion que fut révélé le verset
(sens du verset) : « Et ne repousse pas ceux qui, matin et soir, implorent leur
Seigneur […] » (Coran 6/ 52).
Allah, le Très Haut, le blâma également lorsqu’il se détourna d’Ibn Umm Maktûm,
qu'Allah soit satisfait de lui, lorsque celui-ci le préoccupa tellement qu’il ne parvint
pas à exhorter les polythéistes.


Telles sont quelques situations qui illustrent la modestie du Prophète, Salla Allahou
'Alaihi wa Sallam, à l’égard de ses Compagnons.

 


Il, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, n’aimait pas que ses Compagnons, se lèvent, par
déférence, à son arrivée.

 

Selon Anas ibn Mâlik, qu'Allah soit satisfait de lui :
« Personne ne leur était plus cher que le Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa
Sallam. Or, lorsqu’ils le voyaient arriver, ils ne se levaient pas en signe de déférence,
car ils savaient combien il détestait ce comportement » (Ahmed et Tirmidhî)
Il marchait, côte à côte, avec quiconque lui exprimait une requête et ne le quittait
jamais avant de la lui avoir satisfaite.


Une femme faible d’esprit vint voir le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, et
lui dit :
 « Ô Messager d’Allah ! J’ai quelque chose à te demander ».
 « Ô mère d’untel ! Choisis le chemin que tu veux prendre et je
t’accompagnerai pour satisfaire à ta demande », lui répondit-il.
Il marcha tout seul avec elle dans quelques sentiers jusqu’à ce qu’il satisfît à sa
demande. (Mouslim)


II arrivait souvent qu’une des fillettes de Médine prenne le Messager d’Allah, Salla
Allahou 'Alaihi wa Sallam, par la main et qu’elle l'emmène, Salla Allahou 'Alaihi wa
Sallam, là où elle voulait. (Boukhari)


'Abdallah ibn Abî Awfâ, qu'Allah soit satisfait de lui, décrivit le Prophète, Salla
Allahou 'Alaihi wa Sallam, en disant : « Le Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi
wa Sallam, multipliait le dhikr (évocations d’Allah, exalté soit-Il), réduisait les
paroles insignifiantes, prolongeait sa prière, raccourcissait sa khutba (sermon) et
jamais ne dédaignait-il d’accompagner une veuve ou un nécessiteux pour satisfaire à
leurs besoins» (al-Nasâ`î)


Cela ne lui plaisait pas que ses Compagnons le louent avec excès ou qu’on lui
attribue, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, un statut qui ne convient pas aux humains.
Ainsi 'Umar, qu'Allah soit satisfait de lui, rapporta qu’il entendit le Prophète, Salla
Allahou 'Alaihi wa Sallam, dire :
« Ne me flattez pas comme le firent les chrétiens avec le fils de Marie. Je ne
suis qu'un serviteur, appelez-moi donc le serviteur d'Allah et Son Messager.
» (Boukhari).


Al-Rubayyi' bint Mu'awwidh, qu'Allah soit satisfait d’elle, raconta : « Le Prophète,
Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, vint me voir le lendemain de mes noces. Il s’assit
sur mon lit à une distance pareille à celle qui nous sépare (s’adressant à son
interlocuteur), alors que quelques jeunes filles chantaient, en s’accompagnant du
tambour, les mérites de leurs pères morts en martyrs lors de la bataille de Badr. L’une
d’elle ajouta ce vers au chant :
 « (…) et parmi nous un Prophète qui prévoit déjà ce qui aura lieu le
lendemain ».
Là, le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, l’interrompit en disant :
 « Ne dis pas cela, ne dis que ce que tu chantais. » (Boukhari).

 


Le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, accueillait favorablement les
invitations de ses Compagnons.


Le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, dit de lui-même :
« Si l'on m'invitait à manger un pied d'agneau ou son épaule charnue,
j’accepterais l'invitation ; et, si on me les offrait, je les accepterais . »
(Boukhari).


Il acceptait donc les invitations, que ce fût à un repas copieux ou frugal. D’ailleurs,
c’est l'épaule d’agneau qu’il préférait.


A ce sujet, Anas ibn Mâlik, qu'Allah soit satisfait de lui, a dit : « Le Prophète, Salla
Allahou 'Alaihi wa Sallam, acceptait toute invitation, fût-ce à manger du pain d’orge
et de la graisse rance. En fait, il avait mis en gage son armure chez un juif et il mourut
sans jamais avoir de quoi payer pour la récupérer . » (Tirmidhî).


Qui parmi nous pourrait être comme le Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa
Sallam ?


D’après son cousin, Ibn Abbâss, qu'Allah soit satisfait de lui et de son père : « Le
Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, s’asseyait par terre, mangeait par
terre, plaçait ses jambes entre les pattes de la brebis pour la traire et accueillait
favorablement l’invitation des esclaves à manger du pain d’orge. » (al-Tabarânî).

 

C’est ainsi qu’il était le parangon de la modestie, et qu’il était, Salla Allahou 'Alaihi
wa Sallam, dénué de toute arrogance.


Par Allah, ô cher frère : qui d’entre nous accepterait une invitation à manger
seulement du pain d’orge ? Qui parmi nous accepterait l’invitation d’un esclave s’il
en existait encore ?


Sa modestie, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, s’illustra également lorsqu’il remarqua
l'absence d'une femme noire, laquelle balayait d’habitude la mosquée. Quand il
s'enquit d’elle, et qu'on l'informa qu'elle était morte, il dit à ses Compagnons :
 « Pourquoi ne m'avez-vous pas mis au courant de sa mort ? ».
Apparemment, ils avaient l'air d'en faire peu de cas.
 « Indiquez-moi sa tombe », leur dit-il.
Lorsqu’ils la lui montrèrent, il s'y rendit pour accomplir la prière mortuaire pour elle,
puis il dit :
 « Les ténèbres couvrent les habitants de ces tombes, mais Allah, exalté soit-Il,
illumine celles-ci grâce à la prière que je fais en leur faveur. » (Boukhari et
Mouslim).

 


Le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, leur rendait visite.


A ce sujet, Sahl ibn Hunayf, qu'Allah soit satisfait de lui, a dit : « Le Messager
d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, allait voir les musulmans faibles, les
fréquentait, visitait les malades d’entre eux et suivait leurs convois funéraires. » (alHâkim).


Anas, qu'Allah soit satisfait de lui, rapporta également à cet égard que le Messager
d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, visitait les Ansars (les Auxiliaires), saluait
leurs enfants, caressait leur tête et invoquait Allah, exalté soit-Il, en leur faveur. (Ibn
Hibbân et al-Nasâ'i)


Un jour, le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, se rendit chez Sa'd ibn 'Ubâda,
qu'Allah soit satisfait de lui, et demanda la permission d’entrer en disant :
 « Que la paix et la miséricorde d’Allah soient sur vous ».
Sa'd répondit à voix basse faisant exprès de ne pas faire entendre sa réplique au
Prophète :
 « Et que la paix et la miséricorde d’Allah soient sur vous »
Le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, répéta sa salutation trois fois et à
chaque fois Sa'd lui répondait à voix basse. Lorsque le Prophète repartit, Sa'd le suivit
en disant :
 « Ô Messager d’Allah ! Puisses-tu vivre au prix de la vie de mon père et de ma
mère ! A chaque fois que tu me saluais, je t’entendais et je te répondais mais à
voix basse, car je désirais acquérir le maximum de tes salutations et de
bénédiction ».
Ensuite, il l’invita à entrer chez lui et lui présenta des raisins secs. Lorsque le
Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, finit de manger, il dit :
 « Puissent les jeûneurs déjeuner chez vous, puissent les pieux manger à votre
table et puissent les Anges prier pour vous ! » (Ahmed et Abou Dawoud).

 


Le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, n’aimait pas qu’on éloigne les gens de
lui

 

A ce sujet, Ibn Abbâs, qu'Allah soit satisfait de lui et de son père, dit : « Le
Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, ne permettait pas que les gens soient
écartés de lui, ni empêchés de le rencontrer . » (al-Tabarânî).

 


Lorsque le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, serrait la main à quelqu’un, il
n’était jamais le premier à retirer la sienne.


D’après Anas ibn Mâlik, qu'Allah soit satisfait de lui : « Lorsque le Prophète, Salla
Allahou 'Alaihi wa Sallam, saluait un homme en lui serrant la main, il ne retirait
jamais sa main avant que cet homme n’ait retiré d’abord la sienne. » (al-Tirmidhî).

 


Le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, n’aimait pas que ses Compagnons le
craignent.


D’après Abû Mas'ûd, qu'Allah soit satisfait de lui : « Un homme vint voir le Prophète,
Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, et, lorsqu’il commença à lui parler, il se mit à
trembler. Le voyant dans cet état, le Prophète lui dit alors :
 « Prends l’affaire simplement, je ne suis pas un roi, je ne suis que le fils
d'une femme qui mangeait de la viande séchée ». (Ibn Mâdja)


'Umar, qu'Allah soit satisfait de lui, demanda un jour la permission d'entrer chez le
Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, alors que ce dernier avait auprès de lui des
femmes Qoraychites qui, avec des éclats de voix, l'entretenaient et l’urgeaient de
répondre davantage à leurs questions. Lorsque 'Umar demanda la permission d'entrer,
elles se levèrent et s'empressèrent de se dérober aux regards. Ayant reçu du Messager
d'Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, la permission d'entrer, 'Umar entra et trouva
le Messager d'Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, en train de rire. Il lui dit alors :
 « Qu'Allah te rende heureux, ô Messager d'Allah ! ».
 « C'est que j'ai été étonné de voir ces femmes, qui étaient chez moi,
s'empresser, en entendant ta voix, de se dérober aux regards ».
 « Et pourtant toi, Messager d'Allah, tu es plus digne (que moi) de leur imposer
la vénération ».
Puis, 'Umar ajouta (en s'adressant aux femmes) :
 « Ô ennemies de vos âmes, vous me vénérez au lieu de vénérer le Messager
d'Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam ! ».
 « Oui », répondirent-elles, « Toi tu es plus roide et plus rude que le Messager
d'Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam ! ».
Et le Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, ajouta :
 « Par Celui qui tient mon âme entre Ses Mains, le diable ne t'a jamais
rencontré sur une route sans prendre aussitôt une autre route que la
tienne. » (Boukhari et Mouslim).


Dans ce contexte, il est à souligner que leur dire «Toi tu es plus roide et plus rude »
ne signifie aucunement que le Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam,
était roide et rude, mais d’un degré inférieur à celui de 'Umar. La comparaison ici est
plutôt similaire à celle qui se trouve dans ce verset (sens du verset) : « Lequel est
meilleur : Allah ou bien ce qu’ils Lui associent ? » (Coran 27/59). Certes, le
Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, ne fut jamais ni roide ni rude, tel
que le confirme le Saint Coran et les Livres sacrés qui le précédèrent. Par cette
comparaison, ces femmes voulaient dire tout simplement : « Tu es roide et dur,
'Umar ».

 


Le Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, était équitable et ne faisait
jamais de favoritisme.


Les Qoraychites, attristés de la situation de la femme des Banû Makhzûm, qui avait
volé lors de la conquête de La Mecque, se demandèrent qui allait intercéder en sa
faveur auprès du Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam. Ils se dirent
enfin :
 « Personne n'osera tenter cette démarche hormis Usâma ibn Zayd, le bien aimé
du Messager d'Allah ».
Ayant entretenu le Messager d'Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, de cette
affaire, son visage changea de couleur en signe de colère, Usâma, reçut de lui cette
réponse :
 « Comment oses-tu intercéder quand il s'agit d'une des peines décrétées par
Allah ?! ».
Puis, se levant, le Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, prononça ces
fameuses paroles :
 « Ô gens ! Ceux qui vous ont précédés (les juifs et les chrétiens) n'ont causé
leur propre perte que lorsqu'ils laissèrent impuni les gens éminents d’entre
eux quand ils volaient. Or, quand c’était un faible parmi eux qui volait, ils
lui appliquaient la sanction édictée par Allah. Je jure par Allah que, s'il
advenait que Fâtima, la fille de Muhammad, commît un vol, je lui couperais
la main ! » (Boukhâri et Mouslim).

 


Le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, réconfortait ses Compagnons et leur
présentait ses condoléances.


A ce sujet, Anas, qu'Allah soit satisfait de lui, a dit : « Le Messager d’Allah, Salla
Allahou 'Alaihi wa Sallam, se dirigea un jour vers la tranchée où il trouva les
Muhâdjirûn et les Ansars en train de le creuser de bonne heure dans le froid. C’est
qu’en fait ils n’avaient pas d’esclaves pour accomplir cette tâche. Les voyant dans cet
état de fatigue et de faim, il s'écria alors :
 « Ô Mon Seigneur ! La seule vie, c'est certes celle de l’Au-delà! Pardonne
aux Ansars et aux Muhâdjirûn ! ».
Telle fut leur réplique :
 « Nous sommes ceux qui prêtèrent à Muhammad serment de combattre pour la
cause d’Allah tant que nous vivrons. » (Boukhari et Mouslim).

 

Selon Qurra ibn Iyâs, qu'Allah soit satisfait de lui : « Lorsque le Prophète, Salla
Allahou 'Alaihi wa Sallam, s’asseyait, un certain nombre de ses Compagnons
l’entouraient et, entre autres, un homme qui emmenait avec lui son petit enfant,
lequel avait l’habitude de venir derrière son père ; et celui-ci l’asseyait devant lui. Or,
le petit mourut, et depuis lors, le père n’assistait plus à ce cours, qui éveillait chez lui
le souvenir de son fils, dont la mort l’affligeait énormément. Lorsque le Prophète,
Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, remarqua son absence, il s’enquit de lui en disant :
 « Pourquoi ne vois-je pas untel parmi vous ? ».
 « Ô Messager d’Allah ! Son fils que tu voyais avec lui est mort », lui
répondirent ses Compagnons.
Le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, le croisa et lui demanda des nouvelles
de son fils. Lorsque celui-ci lui répondit qu’il était mort, il lui présenta ses
condoléances et lui demanda :
 « Ô untel ! Que préfères-tu ? Jouir de ton fils pendant toute ta vie, ou bien
que tu te trouves après au Paradis et qu’à chaque fois que tu cherches à
entrer par l’une de ses portes, ton fils te devance pour te l’ouvrir lui-même ?
».
 « Ô Prophète d’Allah ! Je préfère qu’il me devance pour m’ouvrir la porte du
Paradis », répondit-il.
 « Tu auras alors ce que tu désires », lui confirma le Messager d’Allah, Salla
Allahou 'Alaihi wa Sallam.
Les Compagnons lui demandèrent alors :
 « Ô Messager d’Allah ! Ceci s’applique à lui exclusivement ou bien à nous
tous ? ».
 « Cela s’applique à vous tous », leur répondit-il.
C’est ainsi que le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, faisait de leurs crises
des grâces, de leurs afflictions des joies et de leurs peines des sources d’espérance.
A cet égard, Khabbâb ibn al-‘Aratt, qu'Allah soit satisfait de lui, raconta : « Nous
nous plaignîmes un jour auprès du Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa
Sallam, alors qu’il était allongé à l’ombre de la Ka’ba, la tête appuyée sur son
manteau. Nous lui dîmes :
 « Pourquoi ne demandes-tu pour nous le secours d'Allah ? Pourquoi ne
L'invoques-tu pas pour nous ? ».
Et telle fut la réponse du Messager d'Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam :
« Parmi ceux qui vivaient avant vous, on prenait l’un d’eux, on creusait un
trou et on l’y mettait. On apportait ensuite une scie qu’on plaçait sur sa tête
et on sciait celle-ci en deux. Cela n’arrivait pourtant pas à lui faire renier sa
foi ; et on lui passait des peignes en fer sur les os et les nerfs ; mais cela ne
lui faisait pas pour autant renier sa foi. Par Allah, Allah assurera l'expansion
de l'Islam au point qu'un cavalier pourra chevaucher de San’a' à
Hadramawt, ne craignant qu'Allah ou le loup pour ses troupeaux ; mais
vous vous hâtez. » (Boukhari).


Quant à Djâbir ibn Abdillah, qu'Allah soit satisfait de lui et de son père, il rapporta ce
qui suit : « Le Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, me rencontra un
jour et me demanda :
 « Ô Djâbir, pourquoi as-tu l’air si affligé ? ».
 « Ô Messager d’Allah ! Mon père est mort en martyr le jour de la bataille de
Uhud, me laissant des enfants à élever et des dettes à rembourser ».
 « Ne Veux-tu pas que je t’annonce une bonne nouvelle quant à la manière
dont Allah a reçu ton père ? ».
 « Si, ô Messager d’Allah ! ».
 « Allah ne parle aux gens que de derrière un voile. Cependant, il a ressuscité
ton père et lui a parlé sans voile ! Allah lui a dit : ‘Ô serviteur, que souhaitestu ? J’exaucerai ton vœu’. Ton père a répondu : ‘Ô mon Seigneur ! Je
souhaite être ressuscité et mourir pour ta cause’. Or, Allah lui a dit : ‘J’ai
déjà décrété qu’il était défendu à ceux que Nous avons fait périr de revenir à
la vie d’ici-bas’. » (Tirmidhî).

 


Le Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, consultait ses Compagnons.


Le Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, consultait ses Compagnons,
se pliant ainsi à la Parole d’Allah, exalté soit-Il, (sens du verset) :
« C’est par quelque miséricorde de la part d’Allah que tu (Muhammad) as
été si doux envers eux ! Mais si tu étais rude, au cœur dur, ils se seraient
enfuis de ton entourage. Pardonne-leur donc, et implore pour eux le pardon
(d’Allah). Et consulte-les à propos des affaires ; puis une fois que tu t’es
décidé, confie-toi donc à Allah, Allah aime, en vérité, ceux qui Lui font
confiance. » (Coran 03/159).


A titre d’exemple, lorsque le Prophète, Salla Allahou ‘Alaihi wa Sallam, apprit qu’il
devrait combattre à Badr, alors que les Compagnons étaient sortis dans l’intention
d’attaquer la caravane, il les consulta. D’après Ibn Hichâm, le Messager d’Allah,
Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, dit :
- « Ô gens ! Donnez-moi votre avis ! ».
En effet, ce sont les Ansars (les auxiliaires) qu’il désignait, et ce, en raison de leur
grand nombre et aussi du serment d’allégeance qu’ils lui avaient prêté à 'Aqaba,
lorsqu’ils lui dirent :
- « Ô Messager d’Allah ! Nous sommes exempts de notre serment de te protéger
tant que tu n’es pas encore arrivé chez nous. Une fois installé à Médine, tu
seras sous notre protection, nous te protègerons de ce dont nous protégeons nos
enfants et nos épouses ».
En fait, le Prophète, Salla Allahou ‘Alaihi wa Sallam, craignait que les Ansars ne se
fussent engagés à le protéger uniquement au sein de Médine. Le cas échéant, ils ne
seraient pas obligés de mener avec lui un combat hors de Médine contre leur ennemi.
C’est pourquoi, lorsque le Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, posa
cette question à ses Compagnons, Sa'd ibn Mu'âth, qu'Allah soit satisfait de lui, prit
donc l'initiative et lui dit :
- « Ô, Messager d'Allah ! On dirait que ta question nous est adressée en
particulier ».
- « Oui », répondit le Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam.
- « Nous avons foi en toi, nous croyons en toi, nous avons attesté que ce que tu
nous as apporté est bien la vérité, nous t’avons prêté alors serment d’allégeance
de t’écouter et de t’obéir. Poursuis donc l’objectif que tu veux, nous sommes
avec toi Par Celui Qui t’a envoyé avec la vérité, si tu pars en direction de cette
mer et que tu entreprends de la traverser, nous la traverserons avec toi, sans
qu’un seul homme parmi nous ne manque à l’appel. Nous ne détestons guère
d’aller avec toi, dès demain, affronter un ennemi. Nous faisons preuve
d'endurance lors de la guerre, et de loyauté lors de l’affrontement. Qu’Allah te
montre de nous ce qui te rendra satisfait, sois donc notre meneur avec la
bénédiction d’Allah ».
A ces propos, le Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, répliqua :
- « Marchez et recevez la bonne nouvelle ! Allah m’a promis que l’une des
deux bandes serait à nous. Par Allah ! L'image de nos ennemis passés à
trépas s'offre déjà à mes yeux. » (Ibn Hichâm).


De même, lors de l’incident d’al-Ifk, le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam,
consulta 'Alî, Usâma ibn Zayd et Burayra, qu'Allah soit satisfait d’eux tous.
(Boukhari et Mouslim).


Le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, leur faisait don de tout ce qu’il
possédait, même lorsqu’il en avait lui-même besoin.


A cet égard, il convient d’abord d’attirer votre attention sur le besoin et à la gêne où
se trouvait le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, avant d’évoquer les textes
soulignant sa prodigalité et sa générosité. C’est que le don fait par une personne en
cas de besoin témoigne de la sincérité de sa foi, de sa confiance inébranlable en
Allah, exalté soit-Il, et de son éminente magnanimité.
A ce sujet, d'après 'Urwa, qu'Allah soit satisfait de lui, Aïcha, qu'Allah soit satisfait
d'elle, lui dit :
- « Ô mon neveu ! Il nous arrivait de voir la nouvelle lune, puis la suivante, puis la
suivante - trois croissants dans une période de deux mois - sans qu'on ait allumé de
feu (pour cuisiner) dans aucune des maisons du Messager d'Allah, Salla Allahou
‘Alaihi wa Sallam ».
Il lui demanda alors :
- « Ô, tante ! De quoi alors vous nourrissiez-vous ? ».
- « D'al-aswadân (de dattes et d'eau). » (Boukhari et Moslim)


Au nom d'Allah, qui parmi nous a enduré ce que notre Prophète, Salla Allahou
'Alaihi wa Sallam, endura ?


Le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, tellement tiraillé par la faim, se serrait
le ventre avec une pierre. (al-Albânî : hasan).


Ceci est un hadith hasan que vient étayer celui qu’Abû Talha, qu'Allah soit satisfait
de lui, narra lorsqu’il raconta comment ils allèrent se plaindre auprès du Prophète,
Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, et lui montrèrent la pierre que chacun serrait sur son
ventre. Le Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, leur dévoila son
ventre, leur montrant comment il le serrait, au moyen non seulement d’une, mais de
deux pierres. » (Tirmidhî : da'îf).


Aïcha, la mère des croyants, qu'Allah soit satisfait d’elle, dit que le Messager
d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, lui demanda un jour :
- « Ô Aïcha ! Avez-vous quelque chose à manger ? ».
- « Nous n’avons rien à manger, ô Messager d’Allah ».
- « Alors, je jeûne aujourd’hui ».
Elle poursuivit : « Dès que le Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam,
sortit, on nous offrit un cadeau. Une fois de retour, je lui dis : ‘Ô Messager d’Allah !
On nous a offert un cadeau, et je t’en ai réservé une part’ ».
- « Qu’est ce que c’est ? ».
- « Des dattes avec de la graisse et du résidu de lait cuit ».
- « Apporte-le moi donc ».
Elle le lui servit et il en mangea, puis il dit :
- « J’avais l’intention de jeûner aujourd’hui. » (Mouslim).
Abû Hurayra, qu'Allah soit satisfait de lui, rapporta qu’un homme vint trouver le
Messager d'Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, et lui dit :
- « J’ai très faim ».
Le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, envoya demander à l'une de ses
femmes de quoi lui donner à manger, elle lui répondit :
- « Par Celui qui t'a envoyé par la Vérité, nous n'avons absolument rien sinon de
l'eau ».
Comme il fit demander à une autre, il reçut la même réponse :
- « Je n'ai que de l'eau ».
Il reçut cette même réponse de toutes ses femmes. Ensuite, il s'adressa à ses
Compagnons :
- « Celui qui accordera l'hospitalité à cet homme cette nuit, Allah lui fera
miséricorde ».
Un homme des Ansars se leva alors et dit :
- « Moi, ô Messager d'Allah ».
Puis il emmena l'homme dans sa demeure et dit à sa femme :
- « As-tu quelque chose à manger ? ».
- « Nous n'avons rien, à part le souper de nos enfants » ; lui répondit-elle.
- « Occupe-les par un moyen quelconque, et quand notre hôte entrera, éteins la
lumière et fais-lui croire que nous mangeons ; et lorsqu'il commencera à
manger, éteins la lampe ».
Ils s’assirent alors et l'hôte prit son repas. Le lendemain matin , l’Ansarite alla trouver
le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, qui lui dit :
- « Allah a admiré la façon dont vous avez traité votre hôte cette nuit. »
(Boukhari et Mouslim).


Ô combien étonnant fut le comportement de ce Compagnon, et celui de son épouse
qui fut aussi généreuse que lui. Mais le plus étonnant est que les maisons du
Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, aient été vides de toute nourriture
à part l’eau, lui, le maître de ceux qu’Allah, exalté soit-Il, a tellement privilégiés qu’il
leur suffit de jurer par le nom d’Allah (qu’une chose sera faite), pour qu’Allah fasse
en sorte que leur serment se réalise.


Notre Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, ne trouvait pas de quoi se remplir le
ventre, pas même la plus basse qualité de dattes (Mouslim). Cependant, lorsqu’il
trouvait quelque bonne chose que ce fût, c’est à ses Compagnons, qu'Allah soit
satisfait d’eux, qu’il l’offrait.


Selon Ibn Abbâss, qu'Allah soit satisfait de lui et de son père : « Le Messager
d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, était le plus généreux des hommes. Cette
générosité se manifestait pleinement durant le mois du Ramad an, quand Djîbrîl
(Gabriel) venait chaque nuit lui enseigner le Coran. Et lorsque Djîbrîl le rencontrait,
le Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, était plus généreux qu’un vent
(porteur de pluie) envoyé par Allah. » (Boukhari et Mouslim).


Jubayr ibn Mut'im, qu'Allah soit satisfait de lui, dit : « Marchant à côté du Prophète,
Salla Allahou ‘Alaihi wa Sallam, lors de son retour de la bataille de Hunayn, des
bédouins l'agressèrent en lui demandant de leur donner du butin et l'obligèrent à se
réfugier auprès d'un arbuste épineux auquel son manteau s'accrocha. Le Prophète,
Salla Allahou ‘Alaihi wa Sallam, se redressa alors et leur dit :
- « Rendez-moi mon manteau ! Si j'avais des biens autant que ces arbustes, je
les aurais partagés entre vous, et vous ne me trouveriez jamais ni avare, ni
menteur, ni lâche. » (Boukhari).

 


Le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, donnait avec largesse à ceux dont les
cœurs sont à rallier à l'Islam.


En effet, le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, se souciait de rallier à l’Islam
le cœur de ceux qui venaient récemment de quitter la mécréance. A ce sujet, Anas,
qu'Allah soit satisfait de lui, dit : « II n'est pas une seule fois où l'on ait demandé
quelque chose au Messager d'Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, comme prix de
son entrée en Islam sans qu'il ne l'ait donnée ».


Il dit qu’une fois, un homme, vint à lui et il, Salla All ahou 'Alaihi wa Sallam, lui
donna un troupeau remplissant l'espace qui séparait deux montagnes. Cet homme
retourna parmi les siens et leur dit :
- « Ô, mon peuple ! Convertissez-vous à l’Islam, car Muhammad donne à la
manière de celui qui ne craint pas la pauvreté. » (Mouslim).
D’ailleurs, Mouslim intitula l’un des chapitres de son Sahîh : « Jamais, quand on lui
demanda quelque chose, le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, ne répondit :
‘Non’, ne fût-ce qu’une seule fois ».


L'honorable Compagnon Anas ibn Mâlik, qu'Allah soit satisfait de lui, parla de
l’effet de cette politique sage en disant : « Quiconque se déclarait musulman dans
l’intention de rechercher les biens d’ici -bas, ne tardait pas, une fois qu’il avait
embrassé l’Islam, à trouver cette religion plus chère que ce bas monde et tout ce qu’il
renferme. » (Mouslim).


Le Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, combattit lors de la bataille de
la conquête de La Mecque. Ensuite, il se dirigea avec les musulmans pour combattre
à Hunayn où Allah, exalté soit-Il, accorda la victoire à Sa religion et aux musulmans.
Lorsqu’il entreprit la distribution du butin, il donna à Safwân ibn Umayya une
centaine de chameaux, puis une autre centaine, puis une troisième centaine. A ce
sujet, Safwân dit :
- « Par Allah ! Lorsque le Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam,
me donna ce qu’il me donna, il était jusqu’alors la personne la plus détestable
pour moi au monde. Il se mit à me faire un tel surplus de dons qu’il devint pour
moi la plus chère des personnes. » (Mouslim).


Lorsque la faim s’emparait de ses Compagnons, sachez qu’elle avait dû certes
tourmenté d’abord le Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam.
Avez-vous entendu parler des trois personnes qu’Allah, exalté soit-Il, honorait le plus
et qui, à cause de la sévérité de leur faim, durent sortir de leurs foyers à la recherche
de nourriture ?


Selon Abû Hurayra, qu'Allah soit satisfait de lui, le Messager d’Allah, Salla Allahou
'Alaihi wa Sallam, sortit un jour (ou un soir). Il rencontra Abû Bakr et 'Umar,
qu'Allah soit satisfait d’eux, et leur dit :
- « Qu'est-ce donc qui vous a fait sortir de vos maisons à pareille heure ? ».
- « La faim, ô Messager d’Allah ! » dirent-Ils
- « Moi aussi, par Celui qui tient mon âme dans Sa Main, c'est cette même
faim qui m'a fait sortir. Levez-vous ! ».
Ils se levèrent avec lui et il alla chez l'un des Ans ars, mais il n'était pas chez lui.
Quand sa femme le vit, elle dit :
- « Sois le bienvenu ! ».
- « Où est untel ? », lui demanda le Messager d’Allah.
- « II est allé à la recherche d’eau douce ».
A ce moment survint l'Ansarite. Il regarda le Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi
wa Sallam, et ses deux Compagnons puis s’exclama :
- « Louanges à Allah ! Nul n'a aujourd'hui de plus nobles hôtes que moi ».
Il s'en alla et ramena un régime de dattes plus ou moins mûres et dit :
- « Mangez-en ».
Il prit ensuite son couteau (pour égorger quelque bête), mais le Messager d’Allah,
Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, l’interrompit en disant :
- « Surtout pas la bête laitière ».
Il égorgea alors pour eux un agneau dont ils mangèrent, mangèrent aussi des dattes et
burent. Quand ils n'eurent plus ni faim ni soif, le Messager d’Allah, Salla Allahou
'Alaihi wa Sallam, dit à Abû Bakr et à 'Umar, qu'Allah soit satisfait de lui :
- « Par Celui qui tient mon âme dans Sa Main, on vous demandera compte, le
jour de la Résurrection, de ce dont vous venez de jouir. La faim vous a fait
sortir de chez vous puis vous n'y êtes rentrés qu'après avoir joui de ces
bonnes choses. » (Mouslim).


Lorsqu’on envoyait au Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, une aumône, il la
donnait aux pauvres d’entre ses Compagnons ; et lorsqu’on lui offrait un cadeau, il
l’acceptait, tout en le partageant avec ses Compagnons .


Lorsqu’une femme juive lui offrit un agneau (rôti), il en mangea avec ses
Compagnons. (Abou Dawoud).


Lorsque Salmân al-Fârisî (le Persan) arriva à Médine, il apporta un plateau de dattes
et le présenta au Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, qui lui demanda
à son tour :
- « Qu’est-ce que c’est, Salmân ? ».
- « C’est de la nourriture en aumône pour toi et tes Compagnons ».
- « Enlève-la donc, on ne mange pas de l’aumône ».
Salmân l’enleva et, le lendemain, il apporta un autre plateau de dattes pareil au
premier et le présenta au Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, qui lui
demanda :
- « Qu’est-ce que c’est, Salmân ? ».
- « C’est un cadeau pour toi, ô Messager d’Allah ! ».
Là, le Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, dit à ses Compagnons :
- « Allez ! Mangez-en ! » (Ahmad).
Abû Hurayra, qu'Allah soit satisfait de lui, parla de lui -même en disant : « Par Allah,
Qui est Seul digne d’être adoré, j'avais tellement faim que j'appuyais mon ventre sur
la terre et que je serrais une pierre sur mon ventre pour l a même raison. Un jour, je
me suis assis sur le chemin des Compagnons du Prophète. Lorsqu’Abû Bakr passa
devant moi, je l’interrogeai sur un des versets du Livre d’Allah. En fait je ne fis cela
que pour qu’il me demande de le suivre chez lui et qu’il me donne à manger, mais il
passa sans s’arrêter. Ensuite, 'Umar passa devant moi et je l’interrogeai sur l’un des
versets du Livre d’Allah. En fait je ne fis cela que pour qu’il me demande de le suivre
chez lui et qu’il me donne à manger, mais il passa sans s’arrêter non plus. Et enfin
Abû-l-Qâsim, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, passa devant moi. Il sourit en me
voyant ; il avait reconnu les signes de la faim sur mon visage et sur mon corps. Il me
dit :
- « Abû Hirr ! » (au lieu de «Hurayra» pour me cajoler).
- « A tes ordres, ô Messager de Allah!», lui répondis-je.
- « Suis-moi ! ».
Il reprit sa marche et moi derrière lui. Il entra, demanda l'autorisation de m'introduire
et me fit entrer. Il trouva un bol plein de lait. Il demanda :
- « D'où provient ce lait ? ».
- « Untel (ou unetelle) te l'a offert », lui répondit-on.
- « Abû Hirr ! », m’appela-t-il.
- « A tes ordres ô Messager de Allah ! ».
- « Va trouver les gens de la Suffa (les pauvres des musulmans) et invite-les à
venir chez moi ».
Abû Hurayra poursuivit son histoire en disant : « Les gens de la Suffa sont les hôtes
de l'Islam. Ils ne trouvent refuge ni chez des parents, ni dans quelques argent ni chez
personne d'autre. Quand le Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam,
recevait une aumône, il la leur envoyait sans rien en prendre lui-même (le Prophète et
sa famille n’acceptaient pas les aumônes). Quand il recevait un cadeau, il envoyait
quelqu'un les inviter chez lui et le mangeait avec eux. Cela ne me plut pas alors. Je
me suis dit en effet en moi-même : ‘Que représente ce bol de lait par rapport au
nombre des gens de la Soffa ? Je mérite plus qu'eux de boire ce lait pour reprendre
mes forces. S'ils répondent à mon invitation, je serai là pour servir le lait et qu'est-ce
qui pourrait donc bien m'en rester ? Mais il fallait absolument obéir à Allah et à Son
Messager. J'allai donc les inviter et ils vinrent avec moi. Ils demandèrent
l'autorisation d'entrer et le Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, la leur
donna. Ils prirent place dans la maison. Il me dit :
- « Abû Hirr ! ».
- « A tes ordres, ô Messager d’ Allah ! ».
- « Prends ce bol et donne-leur à boire ».
Abû Hurayra, qu'Allah soit satisfait de lui, poursuivit : « Je saisis le bol et me mis à le
leur donner. Chacun d’eux buvait à satiété pui s me rendait le bol que je donnais à un
autre qui en buvait à satiété et me le rendait à son tour jusqu'à ce que je fusse parvenu
au Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, après que tout le monde but à satiété. Il
saisit le bol qu'il plaça sur sa main. Il me regarda en souriant et me dit :
- « Abû Hirr ! ».
- « A tes ordres, ô Messager de Allah ! ».
- « II ne reste plus que toi et moi ».
- « C'est vrai, ô Messager de Allah ! ».
- « Assieds-toi et bois !».
Je m'assis alors et je bus. Il dit encore :
- « Bois ».
Et j’en bus. Il ne cessa de me redire à chaque fois que j'eus bu :
- « Bois ».
Jusqu’à ce que j'eusse dit :
- « Non, par Celui qui t'a envoyé avec la Vérité, je ne trouve plus de place ».
- « Montre-moi donc ! », me dit-il.
Je lui donnai le bol. Il dit alors :
- « Louanges à Allah ! Au nom d’Allah ».
Et il, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, but enfin ce qu'il en restait. » (Boukhari).

 

 

Le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, n’était pas agressif avec ses
Compagnons.


Un homme vint trouver le Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, en
s’écriant :
- « Ô Messager d’Allah ! Je suis perdu ! ».
- « Qu’as-tu ? » lui demanda le Prophète.
- « J’ai couché avec ma femme pendant le jeûne de Ramadan », répondit-il.
- « Affranchis un esclave ».
- « Je n’en ai pas ».
- « Jeûne alors deux mois consécutifs ».
- « Je suis incapable d’accomplir un tel jeûne ».
- « Donne alors à manger à soixante pauvres ? ».
Notons que le Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, ne le réprimanda
pas, mais il le guida vers ce qui pourrait l’affranchir du châtiment d’Allah, exalté soitIl.
- « Je n’ai pas de quoi leur donner à manger », répliqua l’homme.
Le Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, apporta alors une corbeille de
dattes et le chercha :
- « Où est l’homme qui vient de me questionner ? ».
- « Me voici ! », répondit l’homme.
- « Prends cette corbeille et fais aumône de son contenu », lui dit le Prophète,
Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam.
- « Cette aumône, doit-elle être faite à une personne plus pauvre que moi ? Je
jure par Celui qui t’envoya avec la Vérité qu’il n’y a pas, entre les deux
champs de pierres de Médine, une seule famille qui soit plus pauvre que la
mienne ».
Le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, se mit à rire au point de découvrir ses
canines, puis il ajouta :
- « Eh bien, donne ces dattes à manger à ta famille. » (Boukhari et Mouslim).
Une fois de retour chez les siens, lesquels l’avaient apparemment réprimandé, il leur
dit :
- « Je n’ai trouvé chez vous qu’étroitesse d'esprit et de fausses opinions. Ce n’est
que chez le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, que j’ai trouvé de la
flexibilité et une bonne opinion. » (Tirmidhî).


Anas ibn Mâlik, qu'Allah soit satisfait de lui, rapporta que le Prophète, Salla Allahou
'Alaihi wa Sallam, passa un jour auprès d'une femme qui pleurait sur une tombe. Il lui
dit :
- « Crains Allah et résigne-toi ! ».
N’ayant pas reconnu le Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, elle
s’écria :
- « Eloigne-toi de moi, car tu n'as jamais été frappé d'un malheur tel qu e celui
qui me frappe ».
On apprit à cette femme que son interlocuteur était le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi
wa Sallam. Aussitôt, elle se rendit chez le Prophète, Salla Allahou 'Alahi wa Sallam
et, n'y trouvant pas de portier, elle entra et dit :
- « Je ne savais pas qui tu étais ».
Et telle fut sa réplique :
- « La véritable résignation consiste uniquement à supporter le premier choc
d'une affliction ».
Il prit alors en considération son état d’âme et ne la réprimanda pas.


Lors de la conclusion de la trêve de Hudaybiyya, il ordonna à 'Alî, qu'Allah soit
satisfait de lui, d’écrire : « Voici à quoi souscrit Muhammad, le Messager d'Allah […]
». Or, les polythéistes l’interrompirent en disant :
- « Nous n'acceptons pas ce que tu as écrit, car si nous croyions que tu es bien le
Messager d'Allah, nous te suivrions. Ecris plutôt : Muhammad ibn Abdillah ».
- « Efface « messager d’Allah » », dit le Prophète à 'Alî.
- « Par Allah ! Je ne l'effacerai jamais », répondit ce dernier.
- « Montre-moi où tu as écrit ces mots », ordonna-t-il à 'Alî.
'Alî lui montra la place des mots contestés et, de sa propre main, le Prophète, Salla
Allahou 'Alaihi wa Sallam, les effaça. (Boukhari et Mouslim).


Une fois l’affaire de la conclusion de la trêve achevée, le Messager d'Allah, Salla
Allahou ‘Alaihi wa Sallam, dit à ses Compagnons, qu'Allah soit satisfait d'eux :
- « Levez-vous, accomplissez les sacrifices (pour vous désacraliser) puis rasez
vos cheveux ».
Or, ceux-ci demeurèrent consternés et aucun d’eux ne se leva.
Ayant répété cet ordre trois fois sans qu’aucun d’eux ne s’y plie, il entra alors chez
son épouse Umm Salama, qu'Allah soit satisfait d'elle, et lui raconta comment ses
Compagnons s’étaient comportés. Elle lui dit alors :
- « Voilà, ô, Messager d'Allah, ce que je te propose ? Sors, sans parler à
personne, jusqu'à ce que tu égorges ton animal et que tu appelles ton coiffeur
pour qu'il te fasse raser les cheveux ; qu’en penses-tu ?».


Le Messager d'Allah, Salla Allahou ‘Alaihi wa Sallam, sortit, ne s'adressa à personne
jusqu'à ce qu'il eut accompli tout ceci. Voyant ce que le Prophète, Salla Allahou
‘Alaihi wa Sallam, avait fait, leur consternation se dissipa et ils se précipitèrent pour
égorger leurs offrandes et se raser les uns les autres. (Boukhari).

 


Le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, était plus doux avec ses Compagnons
qu’ils ne l’étaient avec eux-mêmes.


Selon Kahmas al-Hilâlî, qu'Allah soit satisfait de lui : « Je vins trouver le Messager
d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, je séjournai chez lui puis je m'en allai, et un
an plus tard, je vins le trouver à nouveau. Je lui dis :
- « Ô Messager d’Allah ! Est-ce que tu ne me reconnais pas ? ».
- « Non », répondit-il.
- « Je suis l'homme qui t'a rendu visite l'an dernier ».
- « Qu'est-ce qui t'a ainsi affecté alors que tu avais bonne mine ?», me
demanda-t-il.
- « Depuis que je t'ai quitté, je n'ai plus rien mangé sauf la nuit ».
- « Tu t'es soumis ainsi à des tourments. Jeûne le mois de la patience
(Ramadan) et un jour de chacun des autres mois ».
- « Ajoutes-en ! », lui demandai-je.
- « Jeûne le mois de la patience et deux jours par mois », ajouta-t-il.
- « Ajoutes-en encore ! Je me sens capable d’en supporter plus ».
- « Jeûne le mois de la patience et trois jours de chacun des autres mois. » (alTabarânî).


Quant à 'Abdallah ibn 'Amr ibn al-'Âs, qu'Allah soit satisfait de lui et de son père, il
narra ce qui suit : « J’ai appris le Coran par cœur et je le récitais en entier chaque
nuit. Ayant appris cela, le Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, me dit :
- « Je crains, si tu jouis de longévité, que tu ne te lasses. Lis-le une fois par
mois ».
- « Ô Messager d’Allah ! Laisse-moi exploiter mon énergie et ma jeunesse et en
faire davantage ».
- « Lis-le alors tous les vingt jours », ajouta-t-il.
- « Ô Messager d’Allah ! Laisse-moi exploiter mon énergie et ma jeunesse et en
faire davantage ».
- « Lis-le alors tous les dix jours », rajouta-t-il.
- « Ô Messager d’Allah ! Laisse-moi exploiter mon énergie et ma jeunesse et en
faire davantage ».
- « Lis-le une fois par semaine ».
- « Ô Messager d’Allah ! Laisse-moi exploiter mon énergie et ma jeunesse et en
faire davantage ».
Là, il s’abstint de m’en rajouter. (Ahmed et Ibn Mâdja).


Le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, avait lié par un pacte de fraternité Abû
al-Dardâ' et Salmân, qu'Allah soit satisfait d'eux. Un jour, Salmân se rendit chez Abû
al-Dardâ' et trouva sa femme dans une tenue des plus modestes. Il lui dit :
- « Pourquoi donc te négliges-tu ainsi ? ».
- « Ton frère Abû al-Dardâ' ne ressent aucun désir pour ce bas monde », lui ditelle.
Juste à ce moment arriva Abû al-Dardâ' qui lui prépara quelque chose à manger.
Salmân lui dit alors :
- « Mange ».
- « Je jeûne », répondit Abû al-Dardâ’.
- « Je ne mangerai pas tant que tu ne mangeras pas avec moi », insista Salmân.
Il dut alors manger avec lui. Lorsque la nuit tomba, Abû al-Dardâ' se leva pour faire
la prière nocturne. Salmân lui dit alors :
- « Dors ! ».
Il s’endormit puis se remit à prier. Salmân lui dit encore une fois :
- « Dors ! ».
Il se recoucha. Quand vinrent les dernières heures de la nuit Salmân dit :
- « Maintenant mets-toi à prier ! ».
Ils prièrent ensemble puis Salmân lui dit :
- « Ton Seigneur a des droits sur toi, ta personne a des droits sur toi, et ta famille
des droits sur toi. Donne donc à chacun ses droits ».
Abû al-Dardâ' alla conter la chose au Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, qui
lui dit :
- « Salmân a dit vrai. » (Boukhari).
Salmân a dit vrai, et certes la parole d’Allah, exalté soit-Il, est la Vérité qu’Il
confirme dans le verset suivant (sens du verset) :
« Certes, un Messager pris parmi vous, est venu à vous, auquel pèsent lourd
les difficultés que vous subissez, qui est plein de sollicitude pour vous, qui est
compatissant et miséricordieux envers les croyants » (Coran 9/128)
Nombreuses furent les fois où le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, approuva
ce que ses Compagnons désiraient.


Lorsqu’il ne le faisait pas, ce n’était certes que pour leur propre intérêt tel que le
confirme Allah, le Très Haut, dans le verset suivant (sens du verset) :
« Et sachez que le Messager d’Allah est parmi vous. S’il vous obéissait dans
maintes affaires, vous seriez en difficultés. Mais Allah vous a fait aimer la foi
et l’a embellie dans vos cœurs et vous a fait détester la mécréance, la
perversité et la désobéissance. Ceux-là sont les bien dirigés. » (Coran 49/7).
Lors de la bataille de Uhud, le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, dit à ses
Compagnons :
- « Si nous restons à Médine, et qu’il nous y attaquent, nous les combattrons »
- « Ô Messager d’Allah ! On ne fut jamais attaqués au sein de Médine à
l’époque de la Djâhiliyya (période préislamique), comment admettre de l’être à
l’époque de l’Islam ?! », objectèrent-ils.
- « Comme vous voulez », dit-il puis entra chez lui et mit sa tenue de combat.
Les Ansars se blamèrent en disant :
- « Le Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, avait un autre avis et
nous l'avons contredit ».
Ensuite, ils vinrent le trouver et lui dirent :
- « Ô Messager d’Allah ! Nous suivrons ton avis ».
Or, le Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, trancha en disant :
- « Quand un prophète a mis sa tenue de combat il ne doit pas l'enlever avant
d'avoir fait la guerre. » (Ahmed).


Selon 'Abdallah ibn 'Amr, qu'Allah soit satisfait de lui et de son père : « Le Messager
d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, avait mis le siège devant Tâ'if sans obtenir
le moindre résultat. Il dit alors :
- « Nous allons, si Allah veut, retourner [à Médine] ».
- « Comment nous partons sans conquérir la ville ! » s'écrièrent ses
Compagnons.
Le Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, leur ordonna alors :
- « Attaquons donc la ville demain matin ».
L'attaque eut lieu, faisant de nombreux blessés.
- « Demain, si Allah veut, nous retournerons [à Médine] », répéta alors le
Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam.
Là, ses Compagnons manifestèrent leur contentement, et il se mit alors à rire.
(Boukhari et Mouslim).

 


Notre Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, se souciait de leur prodiguer ses
enseignements.


Il enseigna à un homme qui avait mal fait sa prière les catégories d’actes permis
pendant la prière. D’ailleurs, ce fameux hadith fut intitulé : « Le hadith de celui qui a
mal fait sa prière ».


A cet égard, le Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, dit : « Priez
comme vous m'avez vu prier. » (Boukhari).
De même, lors du pèlerinage d’adieu, il dit :
« Ô gens ! Prenez de moi (en me regardant pour m'imiter) vos actes de
dévotion, peut-être que vous ne me trouverez pas à cet endroit après cette
année ! » (Mouslim).


D’après Abû Dharr, qu'Allah soit satisfait de lui : « Le Messager d’Allah, Salla
Allahou 'Alaihi wa Sallam, nous laissa un savoir que nous rappelle tout ce qui nous
entoure, serait-ce un oiseau qui vole en plein air. A cet égard, le Prophète, Salla
Allahou 'Alaihi wa Sallam, dit :
« Il ne reste plus rien qui puisse vous rapprocher du Paradis et vous écarter
du Feu, sans qu’il vous soit indiqué. » (al-Tabarânî).

 


Le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, écoutait leurs questions avec patience
et s’évertuait à y répondre.


D’après Abû Hurayra, qu'Allah soit satisfait de lui : « Le Prophète, Salla Allahou
'Alaihi wa Sallam, ordonna de faire l’aumône. Un homme vint alors lui demander :
- « Ô Messager d’Allah ! Je possède un dinar ».
- « Fais-en don à toi-même ».
- « J’en possède un autre ».
- « Donne-le à ton fils ».
- « J’en ai un troisième ».
- « Fais-en don à ton épouse ».
- « J’en ai un autre ».
- « Donne-le en aumône à ton esclave ».
- « J’en possède un autre ».
- « C’est toi qui peut mieux juger à cet égard. » (Abou Dawoud et al-Nasâ`î).

 


Le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, plaisantait avec ses Compagnons.


Ceci ne signifie aucunement que ce qu’il disait n’avait jamais existé ! Ceci aurait
certes été un mensonge qu’un croyant ne doit pas proférer, et à plus forte raison, le
Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam.


D’après Abû Hurayra, qu'Allah soit satisfait de lui, le Messager d’Allah, Salla
Allahou 'Alaihi wa Sallam, dit :
- « Je ne dis que la vérité ».
- « Mais tu nous taquines parfois, ô Messager d’Allah ! ».
- « [même lorsque je plaisant], je ne dis que la vérité. » (Ahmed et Tirmidhî).


Quelques situations illustrant son sens de l’humour, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam,
avec ses Compagnons.


Un jour, il vit Suhayb, qu'Allah soit satisfait de lui, en train de manger des dattes. Il
remarqua que Suhayb avait un œil infecté. Il lui dit alors en riant :
- « Manges-tu des dattes alors que tu as une infection à l’oeil ? ».
Telle fut la réponse de Suhayb, qui jouissait d’une intuition prompte :
- « C’est de l'autre oeil que je les mange ! ».
Le Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, se mit alors à rire. » (Ibn
Mâdja).


Anas, qu'Allah soit satisfait de lui, rapporta qu’un homme parmi les gens du désert,
appelé Zâhir, avait l'habitude d’apporter du désert des cadeaux au Prophète, Salla
Allahou 'Alaihi wa Sallam, qui, en échange, donnait l'ordre de lui préparer sa monture
dès qu'il voulait partir en expédition. Le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam,
disait de lui :
- « Zâhir est notre ‘désert’ et nous sommes sa ‘ville’ ».
Le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, l'aimait bien. Or, Zâhir était un homme
laid. Un jour, Le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, vint le trouver alors qu’il
vendait ses marchandises, et l'enlaça par derrière, sans que celui-ci ne puisse le voir.
Zâhir dit :
- « Lâche-moi, qui est-ce ? ».
Il se retourna et, ayant reconnu le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, il
continua alors de coller son dos à sa poitrine. Le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa
Sallam, se mit à lancer :
- « Qui achète ce serviteur ? ».
L'homme lui dit :
- « Ô Messager d’Allah ! Personne ne voudra de moi, je suis d'un faible débit ».
Le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, lui dit alors :
- « Cependant, tu ne l'es pas auprès d'Allah, [tu Lui es cher]. » (Ahmed).


Une vieille femme vint voir le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, et lui dit :
- « Ô Messager d’Allah ! Veux-tu implorer Allah en ma faveur pour qu’Il me
fasse entrer au Paradis ».
Or, telle fut sa réponse :
- « Ô Umm untel ! Les vieillards n’entrent pas au Paradis ».
La femme repartit alors en pleurant. Le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam,
pria alors ses Compagnons de la rejoindre et leur dit :
- « Dites-lui qu’elle n’entrera pas au Paradis dans cet état de vieille femme ,
car Allah, le Très Haut, dit (sens du verset) : « C’est Nous qui les avons
créées à la perfection, et Nous les avons faites vierges, gracieuses, toutes de
même âge. » (Coran 56/35-37).

 


Le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, s’amusait avec ses Compagnons.


D’après Anas ibn Mâlik, qu'Allah soit satisfait de lui : « Le Prophète, Salla Allahou
'Alaihi wa Sallam, se coucha sur un tapis en cuir et transpira. 'Umm Sulaym, qu'Allah
soit satisfait d’elle, s’empressa alors de recueillir sa sueur et la versa dans une
bouteille. Le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, lui demanda alors :
- « Qu'est-ce que tu fabriques là, ô Umm Sulaym !? ».
- « C'est ta sueur, je l'incorpore à ma mixture de parfum », répondit-elle.
Il se mit alors à rire. (al-Nasâ`î).


Ibn Rawâha, qu'Allah soit satisfait de lui, était couché à côté de sa femme. Il alla
ensuite coucher avec son esclave dans un coin éloigné de la maison. Or, sa femme se
réveilla aussitôt et, ne le trouvant pas à côté d’elle, elle se leva et sortit de la chambre
pour le trouver sur l’esclave. Elle retourna alors chercher un couteau, et, le tenant à la
main, elle alla le rejoindre là où il était. Ayant déjà terminé avec l’esclave, il se leva et
la vit arriver le couteau à la main.
- « Qu’est-ce qu’il y a ? ».
- « Qu’est-ce qu’il y a ?! Si je t’avais trouvé là où je viens de te voir, je t’aurais
donné un coup entre les épaules avec cette lame !! ».
- « Et où m’as-tu donc trouvé ? ».
- « Je t’ai vu sur l’esclave ».
- « Tu ne m’as pas vu … Et puis, ne sais-tu pas que le Messager d’Allah, Salla
Allahou 'Alaihi wa Sallam, a interdit que l’on récite le Coran si l’on était en
état de Djanâba (impureté majeure) ? ».
- « Récite donc ».
Là, Ibn Rawâha, qu'Allah soit satisfait de lui, saisit l’occasion que son épouse
n’exigea pas de lui de réciter le Coran en particulier, et il se mit alors à réciter des
vers impressionnants chantant les mérites du Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa
Sallam. Si touchée par ces vers, l’épouse se résigna et négligea la scène qu’elle venait
de voir. Le lendemain, Ibn Rawâha, qu'Allah soit satisfait de lui, raconta son histoire
au Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, qui se mit à rire au point de
découvrir ses molaires. (al-Dârqûtnî).


Ceci dit, il s’avère alors indubitable que la venue d’Ibn Rawâha, qu'Allah soit
satisfait de lui, chez le Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, pour lui
raconter son aventure témoigne de l’amicale familiarité que les Compagnons
trouvaient chez lui en raison de la simplicité de son caractère, de son affabilité et du
sens de l’humour dont il faisait preuve.


D’après 'Abdallah ibn Mughaffal, qu'Allah soit satisfait de lui : « Le jour de Khaybar,
je trouvai une outre pleine de graisse, je la serrai contre moi et je me dis alors :
‘Aujourd’hui, je n'en donnerai à personne’. A ce moment, alors que je me tournais, je
vis le Messager d'Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, près de moi, souriant ».
(Mouslim).


Selon Anas, qu'Allah soit satisfait de lui : « Le jour de la bataille de Hunayn, Abû
Talha vint amuser le Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, à propos
d’Umm Sulaym. Il lui dit :
- « Ô Messager d’Allah ! N’as-tu pas vu Umm Sulaym ceindre un poignard ? ».
Le Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, lui dit alors :
- « Que feras-tu avec ce poignard, ô Umm Sulaym ? ».
- « Quiconque s’approchera de moi, je le poignarderai avec ! » (Ahmad).

 

De ce hadith, l’on tire argument sur la bienveillance dont faisait preuve le Prophète,
Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, en se comportant avec ses Compagnons, aussi bien
les hommes que les femmes.

Ceci souligne également qu’il n’y a aucun inconvénient à ce qu’une femme porte une arme quelconque pour pouvoir se défendre.


D’après Abû Hurayra, qu'Allah soit satisfait de lui : « Le Prophète, Salla Allahou
'Alaihi wa Sallam, narrait une histoire en présence d’un bédouin. Il dit qu’un habitant
du Paradis demandera à Allah, exalté soit-Il, l’autorisation de cultiver la terre. Allah
lui dit :
- « N’as-tu pas ce que tu désires ? ».
- « Si, mais j’aimerais cultiver la terre », répondit-il.
Il sema alors des grains qu’il vit pousser, devenir à l’instant des plantes de la taille
des montagnes, prêtes à être récoltées. Allah dit :
- « Ô fils d’Adam ! Rien ne te satisfait ».
Le bédouin commenta :
- « Par Allah ! Ce ne peut être qu’un Quraychite ou un Ansarite, car ce sont des
agriculteurs alors que nous, nous ne le sommes pas ».
A ces mots, le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, se mit à rire » (Boukhari).

 

Les Compagnons, qu'Allah soit satisfait d’eux, plaisantaient alors avec le Messager
d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, car il les traitait avec modestie et
bienveillance.


A ce sujet, 'Awf ibn Mâlik al-Achdja'î, qu'Allah soit satisfait de lui, raconta : « Lors
de la bataille de Tabouk, j’allai voir le Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa
Sallam, qui était sous une tente de cuir. Je le saluai et le Messager d’Allah me salua
de retour et me dit :
- « Entre ! ».
- « En entier ? Ô Messager d’Allah ? », lui demandai-je en plaisantant.
- « En entier… ».
Alors, j’y entrai. » (Abû Dawoud).

 


Le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, ne tolérait pas que quiconque dénigre
ou insulte l’un de ses Compagnons, même lorsque cela venait d'un autre Compagnon..


Selon 'Umar ibn al-Khattâb, qu'Allah soit satisfait de lui, un homme appelé 'Abdallah,
et surnommé himâr (âne), amusait par son sens de l'humour le Messager d’Allah,
Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, lequel lui avait infligé la peine d’être fouetté pour
consommation d’alcool. Un jour, cet homme fut arrêté de nouveau, condamné à subir
la même peine et fut alors fouetté encore une fois. L’une des personnes présentes dit :
- « Ô, Allah ! Maudis cet homme ! On l’a ramené tant de fois pour subir la même
peine ! ».
- « Ne le maudissez pas ! », répliqua le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa
Sallam, et il ajouta : « Par Allah ! Il aime Allah et Son Messager »
(Boukhari).


L’on tire argument de ce hadith que les péchés capitaux n’excluent pas de la foi ceux

qui les perpètrent. De plus, ce hadith met en relief la sagesse du Prophète, Salla
Allahou 'Alaihi wa Sallam, étant donné que l’objectif visé est de corriger le
comportement du fautif et non de l’exclure ni de le me ttre à l’écart de sa
communauté. Comme est éminente la compassion du Prophète, Salla Allahou 'Alaihi
wa Sallam, à l’égard de sa communauté !

 

A cet égard, Ibn Mas'ûd, qu'Allah soit satisfait de lui, rapporta qu’il était un jour en
train de grimper sur un arbre d’Arâk afin de se procurer un Siwâk (bâton d’Arâk), et
que ses jambes étaient si maigres que le vent ne cessait de le secouer. À la vue de
cette maigreur, ses compagnons se mirent à rire malicieusement. Le Messager
d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, leur demanda alors :
- « De quoi riez-vous ».
- « De ses jambes si maigres, ô, Messager d’Allah ! », répondirent-ils.
- « Par Celui Qui détient mon âme entre Ses Mains, elles (les jambes de Ibn
Mas'ûd) seront plus lourdes et plus imposantes que le mont Uhud lui même,
dans la balance des biens, le jour du Jugement Dernier », répliqua le
Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam. (Ahmad).


A ce sujet, Abû Sa'îd, qu'Allah soit satisfait de lui, a dit : « Il se produit entre Khâlid
ibn al-Walîd et 'Abd al-Rahmân ibn 'Awf, qu'Allah soit satisfait d’eux, un certain
malentendu au terme duquel Khâlid l’injuria. Le Messager d’Allah, Salla Allahou
'Alaihi wa Sallam, dit alors :
- « N'injuriez pas mes Compagnons, car, par Celui qui tient mon âme entre
Ses mains, si l'un de vous dépensait (en aumône) une montagne d'or de la
taille du mont Uhud, il n'atteindrait pas (le même mérite que) celui d'entre
eux qui a donné un mudd (mesure de grain) ou même la moitié d'un mudd. »
(Boukhari et Mouslim).

 


Ainsi il s’avère que le maître des premières et dernières générations, notre Prophète,
Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, défendait ses Compagnons. 

 

D’ailleurs, Allah, exalté soit-Il, le fait également dans le Saint Coran (sens du verset) :
« Et quand on leur dit : « Croyez comme les gens ont cru », ils disent : « Croirons-
nous comme ont cru les faibles d’esprit ? ». Certes, ce sont eux les véritables faibles
d’esprit, mais ils ne le savent pas. » (Coran 2/13).


C’est ainsi qu’Allah, exalté soit-Il, défendit les Compagnons quand les hypocrites
leur portèrent préjudice. D’ailleurs, seul un hypocrite peut commettre un tel acte.
Le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, se mettait en colère lorsqu’ Abû Bakr,
qu'Allah soit satisfait de lui, se sentait contrarié. A cet égard, Abû al-Dardâ’, qu'Allah
soit satisfait de lui, dit : « Un jour, Abû Bakr et 'Umar divergèrent sur un sujet et Abû
Bakr fâcha 'Umar qui partit. Abû Bakr le poursuivit tout de suite et lui demanda
pardon, mais 'Umar refusa de le pardonner et finit par lui fermer sa porte. Abû Bakr
alla alors trouver le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam ».
Abû al-Dardâ’, qu'Allah soit satisfait de lui, poursuivit : « Nous étions déjà chez le
Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, qui dit lorsqu’il vit Abû Bakr
arriver :
- « Votre Compagnon a dû se disputer avec quelqu’un ».
Entre temps, 'Umar regretta son refus de pardonner à Abû Bakr, (et, ne le trouvant pas
celui-ci chez lui), il se rendit chez le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, le
salua, s’assit à ses côtés et lui raconta ce qui s'était passé ».
Abû al-Dardâ’, qu'Allah soit satisfait de lui, ajouta : « Le Messager d’Allah, Salla
Allahou 'Alaihi wa Sallam, se mit alors dans une grande colère alors qu’Abû Bakr ne
cessait de lui répéter :
- « Par Allah ! Ô, Messager d’Allah ! C’est moi qui a été plus injuste que lui ».
Mais le Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, s’écria :
- « N'allez-vous pas laisser tranquille mon compagnon ?! N'allez-vous pas
laisser tranquille mon compagnon ?! Lorsque je vous ai dit : ‘Ô peuple, je
suis le Messager d’Allah auprès de vous !’, Vous m'avez répondu : 'Menteur
!', sauf Abû Bakr qui, lui, m'a dit : « Tu dis vrai ! » (Boukhari).


Il y eut de même une certaine querelle entre Abû Bakr et Rabî'a des Banû Aslam,
qu'Allah soit satisfait d’eux, au cours de laquelle Abû Bakr dit à celui-ci un mot qu’il
regretta aussitôt et lui dit :
- « Rabî'a ! Dis-moi la même chose afin que cela soit un juste talion !»
- « Non ! Certes je ne le ferai pas ! »
Abû Bakr s’élança alors pour aller trouver le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa
Sallam. Rabî'ah rapporta : « Et je m’élançai à mon tour derrière lui. Des gens des
Banû Aslam (indignés par cet incident) vinrent alors me dire :
- « Qu'Allah fasse miséricorde à Abû Bakr ! Qu’a-t-il à aller se plaindre auprès
du Messager d’Allah alors que c’est lui qui t’a dit ce qu’il a dit ?! ».
- « Savez-vous de qui vous parlez là ? Tel est Abû Bakr al-Siddîq : il est le «
deuxième de deux » (Quand il était dans la grotte avec le Messager d’Allah,
Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam), il est l’aîné respecté des musulmans.
Retournez sur vos pas avant qu’il ne se retourne, ne vous voie et qu’il ne pense
que vous êtes venus m’aider contre lui. Il serait alors encore plus énervé et irait
voir le Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, qui se mettrait à son
tour en colère pour lui. Puis Allah, exalté soit-Il, se mettrait en colère pour eux,
et ce serait la fin de Rabî'a. », leur dis-je.
- « Qu’est-ce que tu nous ordonnes de faire alors ? ».
- « Juste de vous en retourner ! ».
Rabî'a, qu'Allah soit satisfait de lui, poursuivit : « Abû Bakr, qu'Allah soit satisfait de
lui, alla trouver le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, et je le suivis, seul cette
fois. Une fois arrivé, il lui raconta l’incident tel qu’il avait eu lieu. Le Prophète, Salla
Allahou 'Alaihi wa Sallam, leva la tête vers moi et me dit :
- « Ô, Rabî'a ! Qu’est-ce qui ne va pas entre toi et al-Siddîq ? ».
- « Ô, Messager d’Allah ! Il est arrivé telle et telle chose, puis, il m’a dit un mot
qu’il a regretté ensuite, et m'a dit : « Dis-moi la même chose afin que cela soit
un juste talion ! », mais moi j’ai refusé de le faire », répondis-je.
Le Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, me dit alors :
- « Oui, ne lui dis pas les mêmes mots que ceux qu’il t’a dits. À la place, dislui : ‘Qu’Allah te pardonne, Abû Bakr ! ».
- « Qu’Allah te pardonne Abû Bakr ! », répétai-je.
Selon al-Hasan : « Abû Bakr, qu'Allah soit satisfait de lui, repartit alors en pleurant. »
(Ahmad).


Ceci étant dit, tout musulman est donc appelé à reconnaître le statut de ce
Compagnon éminent. Par Allah, le Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa
Sallam, ne favorisait personne, hormis Abû Bakr al-Siddîq, qu'Allah soit satisfait de
lui.

 


Le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, faisait l’éloge de ses Compagnons.


D’après Anas ibn Mâlik, qu'Allah soit satisfait de lui, le Messager d’Allah, Salla
Allahou 'Alaihi wa Sallam, dit :
« Le plus clément de ma communauté à l’égard des musulmans est Abû Bakr ; le
plus rigoureux au niveau des ordres d’Allah est 'Umar ; le plus pudique est
'Uthmân ; le plus expert quant à la distinction du licite de l’illicite est Mu'âth ibn
Djabal ; le plus savant en matière des droits d’héritage est Zayd ibn Th âbit ; le plus
instruit au niveau des règles de récitation du Saint Coran est 'Ubayy ; et chaque
communauté a un gardien loyal et celui de notre communauté est Abû 'Ubayda ibn
al-Djarrâh ». (Ahmed, Tirmidhî et Ibn Mâdja).


Il est à noter que ce hadith ne contredit aucunement le hadith narré par Ibn Bakra,
qu'Allah soit satisfait de lui, lorsqu’il dit : « Un homme fit un jour l'éloge d'un autre
devant le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, qui lui dit alors :
- « Malheur à toi ! Tu tranches la gorge de ton ami, tu tranches la gorge de
ton ami ! ». Et il répéta ces mots à plusieurs reprises, puis il ajouta : « Celui
d’entre vous qui tient absolument à faire l'éloge de son coreligionnaire doit
dire : 'je pense qu'untel est comme ceci ou comme cela - mais c'est Allah qui
le jugera, car Lui Seul sait qui est pieux -' s'il sait bien qu'il a ces qualités . »
(Boukhari et Mouslim).


C’est qu’en fait, il n’y pas d’inconvénient à faire l’éloge de quelqu’un de vivant à
moins que l’on ne craigne que ce ne soit une fitna pour lui. Le cas échéant, l’éloge est
interdit. En effet, lorsque le Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, a dit
« Tu tranches la gorge de ton ami », c’est parce que le fait de trancher la gorge mène
à la mort du corps ; on peut alors faire un p arallèle avec l’éloge qui entraîne la mort
de la religion dans l’âme de la personne vantée, et ce en raison de l’orgueil qui en
découle.

 


Le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, prêtait conseil à ses compagnons.


Un jour, Fâtima bint Qays, qu'Allah soit satisfait d’elle, dit au Prophète, Salla Allahou
'Alaihi wa Sallam :
- « Mu'âwiyya ibn Abî Sufyân et Abû Djahm m'ont demandée en mariage ».
Tel fut alors le conseil du Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam :
- « Abû Djahm ne lâche jamais son bâton, quant à Mu'âwiyya, c’est un
pauvre. Epouse plutôt Usâma ibn Zayd ».
Elle poursuivit : « Je détestai cette proposition », mais il me répéta :
- « Epouse Usâma ibn Zayd ».
Je l’ai épousé donc et Allah, exalté soit-Il, combla ce mariage de bien. Depuis lors, on
m’envia » (Mouslim).
Elle voulait dire par là que son mariage avec Usâma était une grâce que les autres
femmes lui enviaient.


A cet égard, l’Imam al-Nawawî, qu'Allah lui fasse miséricorde, fit ce commentaire :
« Ses paroles, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, «Abû Djahm ne lâche jamais son
bâton » peuvent être interprétées de deux manières bien connues : soit qu’il voyageait
beaucoup, soit qu’il avait l’habitude de battre les femmes, la deuxième interprétation
est la plus correcte. L’on tire argument à cet égard de la version rapportée par
Mouslim plus tard indiquant qu’il était un « frappeur de femmes ».


De ce hadith, l’on tire également argument qu’il est permis de mentionner les défauts
d’une personne lorsqu’il s’agit d’une consultation et d’un conseil à donner. Le cas
échéant, ceci n'est point une médisance, mais plutôt un conseil que l’on doit
obligatoirement prêter. » (Mouslim).

 


Le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, réconciliait ses Compagnons.


A cet égard, Allah, le Très Haut, dit (sens du verset) :
« Il n’y a rien de bon dans la plus grande partie de leurs conversations secrètes,
sauf si l’un d’eux ordonne une charité, une bonne action, ou une conciliation entre
les gens. Et quiconque le fait, cherchant l’agrément d’Allah, à celui-là Nous
donnerons bientôt une récompense énorme. » (Coran 4/114).
Selon Sahl ibn Sa'd al-Sâ'idî, qu'Allah soit satisfait de lui, le Messager d’Allah, Salla
Allahou 'Alaihi wa Sallam, se rendit chez les Banû 'Amr ibn 'Awf afin de les
réconcilier. (Boukhari et Mouslim).

 

À cet égard, Djâbir, qu'Allah soit satisfait de lui, dit :
« Alors que nous étions partis en expédition avec le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi
wa Sallam, certains des Muhâdjirûn (les Emigrés) se réunirent avec lui et ils
devinrent ainsi très nombreux. Parmi eux, il y avait un homme qui croisait habilement
la baïonnette. Celui-ci fessa un homme des Ansars (les auxiliaires) » (Boukhari et
Mouslim). « Une grande colère s’empara tellement de ce dernier que tout le monde
se rassembla alors qu’il appelait au secours son clan en hurlant :
- « Ô, les Ansars ! ».
A son tour, l’autre appela également son clan en s’écriant :
- « Ô, les Muhâdjirûn ! ».
Le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, sortit alors et leur dit :
- « Qu’est-ce que c’est que ces procédés de la Djâhiliyya ? Abandonnez ces
coutumes ! Ce sont certes des coutumes qui souillent. » (Boukhari et
Mouslim).

 


Le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, veillait à leur protection.


A cet égard, Anas ibn Mâlik, qu'Allah soit satisfait de lui, a dit : « Le Prophète, Salla
Allahou ‘Alaihi wa Sallam, était le meilleur des hommes, le plus généreux et le plus
courageux. Une nuit, on entendit à Médine un bruit étrange, les habitants partirent
alors dans la direction du bruit. Le Prophète, Salla Allahou ‘Alaihi wa Sallam, qui les
avait précédés vers le cri au secours, les reçut lorsqu'ils arrivèrent. Montant à cru un
cheval appartenant à Abû Talha et portant un sabre suspendu à son cou ; il répétait :
- « N'ayez pas peur, n'ayez pas peur. » (Mouslim).
Selon Ibn Hadjar, qu'Allah lui fasse miséricorde : « Le dire du Prophète, Salla
Allahou 'Alaihi wa Sallam : « N'ayez pas peur » met en relief son souci de les
tranquilliser et sa douceur vis-à-vis de ses interlocuteurs ».
Parfois même, le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, supportait la gêne pour
ne pas les embarrasser. C’est ce qu’Allah, le Très Haut, expose dans ce verset (sens
du verset) :
« Ô vous qui croyez ! N’entrez pas dans les demeures du Prophète, à moins
qu’invitation ne vous soit faite à un repas, sans être là à attendre sa cuisson. Mais
lorsqu’on vous appelle, alors, entrez. Puis, quand vous aurez mangé, dispersezvous, sans chercher à vous rendre familiers pour causer. Cela faisait de la peine au
Prophète, mais il se gênait de vous (congédier), alors qu’Allah ne se gêne pas de la
vérité [...]. » (Coran 33/53).


A ce sujet, al-Sa'dî, qu'Allah lui fasse miséricorde, fit le comme ntaire suivant :
« Allah, le Très Haut, ordonne à Ses serviteurs croyants de se plier aux normes de la
discipline vis-à-vis du Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, lorsqu’ils
entrent dans l’une de ses demeures. C’est pourquoi Il leur dit : « Ô vous qui croyez !
N’entrez pas dans les demeures du Prophète, à moins qu’invitation ne vous soit
faite à un repas », c'est-à-dire qu’il ne faut pas y entrer, juste pour manger, sans
demander préalablement la permission. De même, vous êtes tenus de ne pas « être là
à attendre sa cuisson ». Ceci s’applique aussi bien au temps passé à attendre la fin de
la cuisson qu’à celui passé après le repas, en abusant de la gentillesse du Prophète,
Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam.


Ainsi, vous ne devez donc entrer dans les demeures du Prophète, Salla Allahou
'Alaihi wa Sallam, qu’à deux conditions : que vous ayez d’abord la permission d’y
entrer, et que la durée de la visite se limite au besoin qui fait l’objet de celle -ci. C’est
justement pourquoi Allah, le Très Haut, a dit : « Mais lorsqu’on vous appelle, alors,
entrez. Puis, quand vous aurez mangé, dispersez-vous, sans chercher à vous rendre
familiers pour causer ». Ceci s’applique au temps passé aussi bien avant le repas
qu’après. Ensuite, Allah, exalté soit-Il, indiqua la raison justifiant cette interdiction et
l’avantage qui en découle, à savoir que « Cela » c'est-à-dire votre attente excessive et
injustifiée « faisait de la peine au Prophète », car il supportait ainsi la gêne d’être
empêché de gérer les affaires de sa maison. « [...] mais il se gênait de vous
(congédier) », car, comme d’habitude, il est embarrassant pour les gens en gén éral, et
notamment ceux qui sont généreux, de congédier leurs hôtes. Or, « Allah ne se gêne
pas de la vérité » ; c’est que l’ordre de la Charia doit être impérativement exécuté,
même si l’on imagine que la discipline et la pudeur impliquent son délaissement.
Il faudrait par contre souligner que tout fait allant à l’encontre de cet ordre est
dépouillé de toute sorte de discipline. Allah, le Très Haut, ne se gêne pas de vous
ordonner ce qui est bon pour vous et la complaisance à l’égard de Son Messager, quel
que soit cet ordre ».


Un autre incident où se manifestent l’esprit subtil et le comportement raffiné d’une
personne qui évite de blesser la dignité de quiconque parmi ses Compagnons…
A cet égard, Abû Sa'îd al-Khudriyy, qu'Allah soit satisfait de lui, a dit : « Le
Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, entra un jour dans la mosquée et trouva un
homme assis juste au milieu de la mosquée, les doigts croisés, plongé dans ses
pensées. Le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, lui fit signe pour attirer son
attention, mais celui-ci ne s’en aperçut pas. Se tournant alors vers Abû Sa'îd, qu'Allah
soit satisfait de lui, le Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, dit :
- « Lorsque l’un de vous se met en prière, qu’il ne se croise pas les doigts, car
le croisement des doigts vient de Satan. Tant que vous demeurez dans la
mosquée, vous êtes en état de prière jusqu’à ce que vous la quittiez »
(Ahmed).


Comment un homme peut-il avoir un tel cœur qui s’épanche, avec une telle sagesse,
une telle clémence, une telle douceur et une telle compassion ?!


Le Prophète, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, ne supportait jamais que l’un de ses
Compagnons, quel qu’il fût, se fâche contre lui.


A cet égard, Abû Sa'îd al-Khudriyy, qu'Allah soit satisfait de lui, a dit : « Quand le
Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, partagea le butin (de Hunayn)
entre les Qoraychites et les autres tribus arabes (dont les cœurs étaient à rallier à
l'Islam), sans en donner aux Ansars, ceux-ci se sentirent si contrariés que l’on
entendit parmi eux des propos indignés. L’un d’eux dit :
- « Le Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, a favorisé son peuple
».
Sa'd ibn 'Ubâda alla donc voir le Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam,
et lui dit :
- « Ô, Messager d’Allah ! Ces gens se sentent, dans leur for intérieur, affligés par
ce que tu as fait au sujet du partage du butin que tu viens d’emporter. C’est que
tu l’as partagé parmi ton peuple et que tu en as fait des dons abondants aux
tribus arabes. Or, rien ne fut octroyé au Ansârs ».
- « Et qu’en penses-tu, ô, Sa'd ? », lui demanda-t-il.
- « Ô, Messager d’Allah ! Je ne suis qu’un membre de ce peuple », répliqua Sa'd.
- « Rassemble les donc dans cette bergerie », lui demanda le Messager d’Allah.
Sa'd sortit alors et rassembla les gens dans ladite bergerie. Certains des Muhâdjirûn
arrivèrent et il les laissa entrer alors qu’il l’interdit à un autre groupe qui les suivai t.
Une fois tous les Ansars assemblés, Sa'd alla trouver le Messager d’Allah et lui dit :
- « Voilà, ce groupe des Ansârs s’est réuni pour t’écouter ».
Le Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, alla alors les voir, et, après
avoir célébré les louanges d'Allah en évoquant toutes les qualités dont Il est digne, il
dit alors :
- « Ô, les Ansars ! On m’a fait part des propos que vous avez tenus et de
l’affliction que vous avez ressentie. Allah ne vous a-t-Il pas guidés (grâce à
moi) alors que vous étiez égarés (plongés dans l'idolâtrie)? Allah ne vous a-tIl pas enrichis (grâce à moi) alors que vous étiez pauvres ? Allah ne vous a-tIl pas unis (grâce à moi) alors que vous étiez divisés ? ».
- « Allah et Son Messager ont certes tout le mérite de nous avoir comblés de
faveurs », répliquèrent-ils.
- « Qu'est-ce qui vous empêche de me répondre, ô, les Ansars !? », leur
demanda le Prophète.
- « Comment veux-tu qu’on réponde, ô, Messager d’Allah ? Allah et Son
Messager ont certes tout le mérite de nous avoir comblés de faveurs », lui
dirent-ils.
- « Si vous aviez voulu, vous auriez pu dire tant de choses, et, en l’occurrence,
vous auriez dit vrai et vous auriez certes été pris pour véridiques. Vous auriez
pu dire : tu es venu à nous alors que les gens te traitaient de menteur et nous
t’avons cru ; tu es venu à nous vaincu et nous t’avons soutenu ; tu es venu à
nous alors qu’on t’avait chassé et nous t’avons abrité ; tu es venu à nous
nécessiteux et nous t’avons enrichi. Avez-vous éprouvé, ô, les Ansars, de
l’affliction parce que j’ai cherché, par des choses futiles de la vie de ce bas
monde, à rallier les cœurs d’un groupe de gens à l’Islam, et que j’ai eu
confiance en votre foi inébranlable à laquelle je vous ai livrés. N'êtes-vous
donc pas satisfaits, ô, les Ansars, que ces gens remportent les moutons et les
chameaux, tandis que vous emmenez le Messager d’Allah chez vous ? Par
Celui Qui détient l’âme de Muhammad entre Ses Mains, si ce n'était
l'émigration, j'aurais été un homme des Ansars. Si les gens s’engageaient sur
une voie et que les Ansârs optaient pour une autre, je préférerais certes
m'engager sur celle des Ansars. Ô, Allah ! fais miséricorde aux Ansârs, aux
fils des Ansars et aux petits fils des Ansars ! ».
Abû Sa'îd, qu'Allah soit satisfait de lui, poursuivit : « Les gens éclatèrent tellement en
sanglots qu’ils mouillèrent leurs barbes, et ils déclarèrent :
- « Nous agréons favorablement comme part et comme sort le Messager
d’Allah ! »
Enfin, le Messager d’Allah, Salla Allahou 'Alaihi wa Sallam, repartit et ils se
dispersèrent. » (Ahmed)