Va-t-on y revenir? Mais que cherchent donc ces politiciens !?

par convertistoislam - l'islam pour tous  -  13 Août 2016, 22:54

Va-t-on y revenir? Mais que cherchent donc ces politiciens !?

Derrière chaque polémique visant le voile de madame, tel imam, ou telle mosquée, se cache le désir ardent et manifeste de s’en prendre à l’ensemble de la communauté des musulmans. Manifeste? Apparemment pas pour tous.

 

Les islamophobes, eux, ne font à l’égard des musulmans que peu de distinctions. Il y a les bons, partisans d’un islam de France, éclairé et assimilé, et les mauvais, tenants d’un islam radical et contraire à la raison.

 

Dans ce second panier sont ainsi mis toutes sortes de personnages. Du combattant armé à la demoiselle en burkini, de l’islamo-racaille au salafi quiétiste, tout musulman visible et gênant peut y passer. Les affinités, compréhensions et préférences théologiques de chacun, ils s’en contrefichent royalement. Si islam visible, décomplexé, militant ou subversif il y a, ils ne chercheront pas à en vérifier ce que l’orthodoxie musulmane puisse bien en dire. Ils en refusent la présence en bonne et due forme.

 

Les faits et propos accompagnant chaque polémique sont très parlants. Des journalistes aux commentateurs facebookiens, la couleur est clairement affichée. Laisser tel imam s’exprimer, tel vêtement être porté, telle mosquée continuer à voir des fidèles y entrer, c’est laisser libre court à une interprétation de l’islam dont nous ne voulons pas sur le sol français. Nulle question ici de madhahibs, de aqida ou de quelque -isme que ce soit. C’est l’islam de France ou rien.

 

Et pourtant, l’on entend ici et là des musulmans n’y voyant que du feu. Selon eux, l’islam ne saurait être visé lorsque l’on s’en prendrait à quelque chose que l’islam condamnerait déjà. Pareil lorsque l’on s’en prendrait à quelqu’un dont le degré d’orthodoxie pourrait être mis en doute. Pourquoi le défendre, il n’est pas des nôtres.

 

Voir au delà de la simple polémique

 

Dans l’affaire du burkini, certains semblent ainsi être complètement passés à côté du fin fond du problème. Selon ces derniers, le dit vêtement ne serait islamiquement pas conforme. Il n’y aurait donc aucune raison à en défendre l’usage. Pourquoi diable défendre une chose que l’islam prohiberait?

 

C’est véritablement surestimer le niveau d’intelligence de nos islamophobes locaux. Que l’islam le prohibe ou non, eux s’en moquent éperdument. Ce burkini n’est porté que par des musulmanes, se couvrant selon des critères que ces dernières estiment être islamiques. Ce n’est ainsi pas le vêtement en lui-même, mais la connotation musulmaneque l’on ne peut que lui donner qui rend ces traqueurs si rouges de colère.

 

Idem dans le cas d’un CCIFcherchant à défendre une femme voilée abusivement licenciée. Cette dernière n’avait pas à travailler dans un tel lieu (jugé incorrect), pourquoi donc en défendre son droit?

 

Ce n’est encore une fois ne pas voir plus loin que ce que le problème laisse de prime abord entrevoir. Ce n’est pas son droit à travailler dans cet endroit précis qui est sujet à polémique chez les gardiens de la vertu laïque, ou qui peut être défendu par certains musulmans. C’est son droit à travailler et d’être là, présente, avec son voile au milieu d’eux. C’est son voile, renvoyant ainsi directement la protagoniste à sa religion, qui est mis ici en cause.

 

Citons encore la cas de l’imam de Brest attaqué pour ses avis sur la musique et les femmes. Cet homme n’est pas du minhaj, il n’y aurait donc pas à lui porter secours. Réjouissons-nous même de le voir tomber dans les griffes de la République! Pensons-nous vraiment que le lecteur de Marianne ou du Point sache faire la différence entre un imam du minhaj et un qui ne le serait pas..? Ce lecteur se sera suffit de sa barbe, de son look et de ses positions moyenâgeuses pour s’en faire un ennemi tout désigné. Une barbe, un look et des positions pourtant peu discutées par les promoteurs de l’orthodoxie musulmane, et qui lui voudront bien toutes les foudres des autorités. Eut été un autre, les foudres auraient été les mêmes, car que ce soit ce Rachid ou un autre, eux s’en contrefichent encore plus. Qu’il n’aime pas la musique et les femmes émancipées, là est le véritable problème.

 

 

Se sentir concerné?

 

À chaque affaire, il est ainsi bien question de ne rien céder à l’islam radical, au fondamentalisme religieux, au salafisme. Des terminologies désignant une seule et même chose dans l’esprit de ces ignorants d’islamophobes : l’islam, orthodoxe, originel, tel qu’il a été et semble reprendre ses droits.

 

Comment tous ces musulmans, que l’on voit peu concernés, parfois acteurs de la communauté musulmane, ne le voient-ils pas? Ne comprennent-ils pas l’objectif inavoué des autorités derrière chacune de ces interdictions et polémiques? Dans le cas de ce burkini, ce même vêtement porté par des cancéreux et de très âgées françaises de souche n’aurait suscité aucun remous. Que faut-il donc en conclure?

 

Beaucoup de musulmans ne semblent rien vouloir en conclure du tout. Pour ces derniers, ces femmes (dans la polémique du burkini) ont contrevenues à l’islam, on ne saurait donc imputer cela à notre religion, et ainsi s’en offusquer. Idem pour cet imam ou cette association. Ça ne nous concerne pas.

 

Problématiques internes et problématiques communes

L’on peut discuter de la licéité de telle ou telle chose, en interne, mais quand des musulmans se font attaquer injustement, calomnier et mis au banc, la seule réaction légitime se devrait être de se montrer unis et solidaires. Traiter de pleurnichards ceux qui luttent au quotidien ou critiquer l’hétérodoxie (avérée ou non) des premières victimes est complètement improductif.

 

Se désolidariser de celles et ceux victimes de l’islamophobie parce que visés pour des éléments dont on ne partage pas le bien fondé a des conséquences très graves. Surtout quand l’on comprend que ces éléments ne sont que prétextes. Car il faut que cela soit martelé dans le crâne, en gras et en majuscule, toutes ces polémiques ne sont que des prétextes. Ils se fichent que vous n’aimiez pas la musique ou préférez le burkini au seins nus, c’est votre attachement à l’islam, quel qu’il soit, qui les irritent.

 

L’État français se vante d’un modèle qu’il peine à respecter lorsqu’il s’agit d’en faire bénéficier la communauté musulmane. S’insurger lorsqu’il décide de fermer ses plages aux musulmanes voilées, ce n’est pas faire signe de notre envie d’y retourner s’y prélasser, c’est une manière de les mettre face à l’incohérence de leurs propos, leur mépris et double discours. Idem pour tous les autres cas de figure.

 

Lutter contre toutes ces formes d’injustice, c’est aussi montrer que l’on ne peut s’attaquer aux gens impunément. C’est éviter aussi qu’une interdiction en appelle une autre, en faisant mine de ne pas se sentir concerné. Car se taire revient ainsi à tout bonnement donner son accord indirect à l’extension perpétuelle des lois anti-voile votées jusqu’ici, et de toutes ces mesures islamophobes dignes de l’époque coloniale.

 

Ceux qui ne se sentent pas concernés, tout en se permettant de saper les travaux de ceux qui cherchent à défendre celles et ceux attaqués, se sentiront-ils concernés quand l’inquisition viendra taper à leur porte..? Nous ne pouvons que souhaiter qu’ils en prennent conscience avant. Car en continuant à faire le jeu de l’autruche, la tête dans le sable, ils viendront, en trouvant le prétexte qu’il faut, au moment opportun, mais ils viendront..

 

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