L'islam et le racisme

par convertistoislam - l'islam pour tous  -  23 Octobre 2016, 03:32  -  #LA CROYANCE ISLAMIQUE

L'islam et le racisme

La louange est à Allâh qui a créé les hommes en variant leurs origines et leurs couleurs, et que ses éloges et son salut soit sur notre Prophète Mouhammad qui a affirmé que rien ne distinguait les humains, ni race, ni ethnie, si ce n'est la piété des cœurs ; et sur sa famille et ses nobles compagnons gens de courage et d'honneur.

Ceci dit, l'Islâm, étant la religion universelle commandée à toutes les communautés et tous les êtres humains depuis le premier, Adam qui y a appelé comme tous ses enfants prophètes et messagers, Noé, Abraham, Moïse, Jésus et Muhammad ; cette religion porte un message basé sur la saine nature de l'homme, sa nature originelle et initiale, nommée en arabe « fitra ».

Ainsi, Allâh dit dans son Livre : « Telle est la nature qu'Allah a originellement donnée aux hommes - pas de changement à la création d'Allah -. » (sourate 30 Ar-Roûm verset 30). Et le Prophète صلى الله عليه وسلم dit dans le hadîth (parole prophétique) que rapportent l'imâm Al Boukhâri et l'imâm Mouslim : « Tout nouveau-né naît sur la saine nature (fitra) ».

C'est ainsi que l'Islâm nous rappelle que les hommes sont tous créés sur un pied d'égalité, une même base. Une base d'être humain qui adhère aux mœurs saines, considère bonnes les bonnes choses dans leur diversité, telles que la justice, l'équité et la bonté ; et mauvaises les mauvaises choses dans leur diversité telles que l'injustice, l’iniquité et la méchanceté. Cette base-là ne fait aucune distinction entre les apparences, les couleurs, les races, les origines, les provenances, les langues, les dialectes, les cultures ou les ethnies. Elle ne classifie pas les êtres humains sur la seule base de leur origine, pas même qu'elle ne donne droit de mépriser, d'opprimer ou de violenter une communauté sous prétexte que la notre est meilleur ou que notre ethnie, « race » ou origine est supérieure à la sienne.  

Dans ce sens, Allâh dit : « Ô vous qui avez cru! Qu'un groupe ne se moque pas d'un autre groupe: ceux-ci sont peut-être meilleurs qu'eux. Et que des femmes ne se raillent pas d'autres femmes: celles-ci sont peut-être meilleures qu'elles. Ne vous dénigrez pas et ne vous lancez pas mutuellement des sobriquets (injurieux). Quel vilain mot que «perversion» lorsqu'on a déjà la foi. Et quiconque ne se repent pas... Ceux-là sont les injustes » (sourate 49 Al-Houjourate (les Appartements) verset 11).

Il est tout de même important de replacer le contexte de cet appel. Nous sommes dans la péninsule arabique, des siècles et des siècles avant les périodes du moyen-âge ou de la renaissance européenne (où l'on se demandait encore si la femme avait une âme et si les noirs étaient des animaux ou des êtres humains), dans un contexte social très particulier, où le nationalisme et le tribalisme étaient des principes fondamentaux de la culture arabe anté-islamiques.

Ainsi, les arabes étant un peuple très fier et très tribal, il était fréquent à la période dite « d'ignorance » (jâhiliyya ; qui est dans le jargon islamique le mot désignant la période avant l'Islâm) d'entendre telle tribu mépriser une telle autre, l'insulter car leurs pères sont moins nobles que les leurs ; ou mépriser tel homme parce qu'il est de tel pays ou telle couleur et le traiter comme un esclave etc. C'est pourquoi ces principe ont été particulièrement blâmés par l'Islâm (surtout le nationalisme et le tribalisme comme nous allons le voir plus bas) ; qui a montré à plusieurs reprises que l'humain est égal – dans sa création – à l'humain, peu importe sa couleur ou sa « race ».

 

D'ailleurs, Allâh précise qu'Il ne regarde même pas la condition physique de la personne, son image, sa couleur, sa forme, sa race ou son ethnie, et ne s'en soucie même pas ; mais Il regarde seulement le cœur de la personne et ses actes. Ainsi, le Prophète صلى الله عليه وسلم dit : « Allâh ne regarde pas vos images ni vos corps, mais Il regarde plutôt vos cœurs et vos actes » rapporté par l'imâm Mouslim.

Au contraire, à l'heure où le racisme les voit comme une tare, Allâh nous dit qu'Il a créé la diversité des genres, des ethnies, des couleurs et des origines comme une richesse qui doit profiter à tous les êtres humains. C'est ainsi qu'Allâh dit, en parlant de la diversité des couleurs des êtres humains et de leurs langues : « Et parmi Ses signes la création des cieux et de la terre et la variété de vos langues et de vos couleurs. Il y a en cela des preuves pour les savants » (sourate 30 Ar-Roûm (les Byzantins) verset 30).

Allâh a donc désigné la diversité des couleurs et des langues comme une richesse et un signe de la beauté de sa création, au même titre que les cieux et la terre ; et en a fait des signes pour les gens de savoir, les gens doués de raison et d'intelligence.

Quelle belle déclaration, à l'heure où jusqu'à aujourd'hui certains osent mépriser leurs congénères pour nul autre motif que la couleur de leur épiderme, Allâh nous dit que c'est un signe de la beauté de sa création ! En d'autres termes, celui qui tombe dans les méandres du racisme et se met à exécrer certaines couleurs de peau ou certaines ethnies, à s'en moquer et à les dénigrer ; eh bien il exècre, méprise et dénigre en vérité un signe des signes d'Allâh et une preuve de la beauté de sa création.

 

D'ailleurs, le Prophète صلى الله عليه وسلم mentionne dans une parole prophétique que Adam a été créé de plusieurs poignées de la terre, chaque poignée venant d'une terre de couleur différente. Dans le hadîth que rapportent les imâm At-Tirmidhi, Abou Daoud et Ibn Hibbân ainsi que l'imâm Ahmad selon Abou Moussa-l-Ach'ari, le Prophète صلى الله عليه وسلمa dit : « Allâh a créé Adam d'une poignée prise de toutes les terres. Les enfants d'Adam sont donc sortis tous en fonction d'une terre, certains sont blancs, d'autres rouges, d'autres noirs ; certains sont mauvais, d'autres bons, certains ont un caractère facile, d'autres triste, et ainsi de suite ». Critiquer la mixité et la variété des couleurs, c'est donc attaquer notre père et notre premier prophète Adam – que la paix soit sur lui – !

Allâh nous dit également dans le Coran en s'adressant à l'humanité entière, toutes religions confondues : « Ô vous les hommes! Nous vous avons créé d'un homme (Adam) et d'une femme (Ève), et nous avons fait de vous des peuples et des tribus pour que vous vous entre-connaissiez. Le plus noble auprès d'Allâh est le plus pieux. Allâh est le Parfait savant, le Parfait connaisseur » (sourate 49 Al-Houjourate (les Appartements) verset 13). Ainsi, ce verset nous explique que les communautés n'ont été créées que pour qu'elles s’entre-connaissent et ainsi s'enrichissent les unes les autres, en partageant, en communiquant, en s'échangeant les avancées culturelles, technologiques, sociales etc que les unes ou les autres auront acquises.

Ce verset est très bien illustré par un passage de l'histoire de la vie du Prophète Muhammad صلى الله عليه وسلم que nous citerons ici à titre d'exemple et d'illustration, car les passages de la sorte sont très nombreux. Lors de la bataille dite des coalisés qui opposait les croyants ayant immigré à Médine aux groupes coalisés des polythéistes venus assiéger et attaquer les croyants dans leur ville, le Prophète صلى الله عليه وسلم cherchait une stratégie défensive pour se protéger de leur attaque. Alors qu'il était en pleine réflexion, le compagnon Salmân le Perse (Al-Fârisi) vient lui proposer une stratégie, alors inconnue des arabes, qui était pratiquée chez lui en Perse. Il dit : « Ô Messager d'Allâh ! Dans notre terre en Perse, nous avions l'habitude, quand des ennemis venaient nous assiéger, de creuser un fossé autour de notre ville pour nous protéger ». Le Prophète صلى الله عليه وسلم accepta alors cette ingénieuse idée et ordonna à ses troupes de creuser un fossé au nord de la ville, les directions sud, ouest et est étant naturellement protégées respectivement par des forêts et par des terres rocailleuses désertiques (harrâh). Et c'est par cette ingénieuse tactique, puis par une intervention divine ayant causé des tempêtes froides renversant le siège des ennemis, que les croyants parvinrent à gagner la guerre et leurs ennemis rebroussèrent chemin et battirent en retraite. Cet exemple parmi tant d'autres nous montre à quel point la communauté musulmane était multiculturelle et profitait de cette mixité ethnique pour en faire sa force.

 

Nous pouvons d'ailleurs citer que parmi les compagnons, certains étaient perses comme Salmân, mais d'autres étaient byzantins comme Suhayb Ar-Roumi, d'autres encore étaient érythréens comme Bilâl Al Habachi qui est le premier muezzin de l'Islâm et que la couleur de peau noire n'a pas empêché d'accéder à ce poste très important d'une symbolique très forte en Islâm. Et malgré leur diversité, il n'a jamais été cité qu'aucun n'a été méprisé pour son origine ou sa race. Et comment cela serait possible, alors que le Prophète صلى الله عليه وسلم a lui-même dit durant son fameux sermon d'adieu, dans le récit authentique que rapportent les imâm At-Tabarâni et Al Bayhaqi : « Ô Vous les gens ! Votre Seigneur est unique et votre père (Adam) est unique ! Un arabe n'a aucune supériorité sur un non-arabe, pas même qu'un non arabe n'a de supériorité sur un arabe. Et un « rouge » n'a aucune supériorité sur un noir, pas même qu'un noir n'a de supériorité sur un « rouge ». La seule chose qui différencie les gens, c'est leur piété : « Le plus noble d'entre vous auprès d'Allâh est le plus pieux » ». Et comment cela serait possible alors que le Prophète صلى الله عليه وسلم a longuement blâmé le racisme, le nationalisme et le tribalisme, et les a qualifiés de « prétention orgueilleuse de la période de l'ignorance » et de « pourriture » ! Dans le hadîth que rapporte l'imâm At-Tirmidhi, le Prophète صلى الله عليه وسلم dit : « Allâh a fait disparaître de vous cette prétention orgueilleuse de la période d'ignorance et cette vanité. Les pères des gens sont soit un croyant pieux ou un pervers malheureux, rien d'autre. Vous êtes les enfants d'Adam est Adam a été fait de terre ». Et le tribalisme et le nationalisme ont également été amplement blâmés et prohibés – comme mentionné précédemment. Une histoire de la vie prophétique illustre ainsi très bien cela, qui est l'histoire relatée par l'illustre imâm Al Boukhâri qu'Allâh lui fasse miséricorde qui dit : « Le compagnon Jâbir ibn AbdiLlâh raconte : « Alors que nous étions en voyage au cours d'une expédition, un homme parmi les Mouhâjirîn 1 frappa à l'arrière-train un autre homme parmi les Ansâr 2 . L'homme des Ansâr dit : « Ô secours les Ansâr ! » et celui des Mouhâjirîn : « Ô secours les Mouhâjrîn ! ». Le Messager صلى الله عليه وسلم qui entendit cela dit alors : « Qu'est- ce que c'est que cet appel de l'époque d'ignorance ? ». Ils dirent : « Ô Messager d'Allâh ! Un homme parmi les Mouhâjirîn frappa à l'arrièretrain un autre homme parmi les Ansâr ». Il dit : « Délaissez-le [cet appel au tribalisme], car c'est une pourriture ». Ainsi le Prophète صلى الله عليه وسلم a blâmé les différents et les disputes qui prennent leur base sur une différence de tribu, d'ethnie ou de race, et a nommé cela « pourriture ».

1. Les Mouhâjirîn sont ceux qui ont émigré de la Mecque vers Médine avec le Prophète صلى الله عليه وسلم. 2 Les Ansâr sont les autochtones de Médine qui ont accueilli le Prophète صلى الله عليه وسلم et ses compagnons lorsqu'ils ont immigré vers eux.

 

C'est dans cette lignée que la pensée islamique s'est imposée à ce sujet, faisant oublier à ces arabes aguerris au tribalisme et aux classes sociales injustes et injustifiées leur méprise d'autrui, et a rassemblé entre les hommes en cassant les barrières fallacieuses de la supériorité des races et des ethnies, ce qui ne va pas sans nous rappeler la parole d'Allâh : « Et s'ils veulent te tromper, alors Allah te suffira : c'est Lui qui t'a soutenu par Son secours, ainsi que par (l'assistance) des croyants. Il a uni leurs cœurs (par la foi). Aurais-tu dépensé tout ce qui est sur terre, tu n'aurais pu unir leurs cœurs; mais c'est Allah qui les a unis, car Il est Puissant et Sage » (sourate 8 Al-Anfal (les Butins) versets 62-63). Car en effet, ce travail colossal de rectification des mœurs a changé les arabes du tout au tout : des querelles intestines qui les rongeaient et les décimaient et de leur racisme récalcitrant à une fraternité sans limite pour laquelle ils pouvaient se sacrifier financièrement comme physiquement pour aider leurs frères de foi. Et lorsque subsistaient quelques mauvaises habitudes chez certains, le blâme du Prophète صلى الله عليه وسلم tombait aussitôt sans se faire attendre. Ainsi, le compagnon Abou Dhar raconte qu'un jour il se disputa avec un autre compagnon dont la mère était étrangère (non-arabe). Abou Dhar l'injuria alors par sa mère [et le fait qu'elle n'était pas arabe]. Le compagnon alla se plaindre auprès du Messager صلى الله عليه وسلم qui convoqua immédiatement Abou Dhar en lui disant : « Tu as offensé untel ?! ». Il dit : « Oui ». « En insultant sa mère ?! » dit le Prophète صلى الله عليه وسلم » . Oui », répondit Abou Dhar. Le Prophète صلى الله عليه وسلم lui dit alors : « Tu es un homme qui a une part de la période de l'ignorance en lui ! », ce qui est un blâme de la part du Messager صلى الله عليه وسلم ,car il lui indique que son comportement est encore en partie conforme à la période sombre et obscure qui est la période anté-islamique [récit rapporté par Al Boukhâri et Mouslim]. C'est donc d'une manière radicale que l'Islâm lutta des ses premiers instants contre le racisme, et le Prophète صلى الله عليه وسلم – de par le Message qu'il transmit de son Seigneur – abolit dès les premiers instants de l'Islâm les barrières entre les riches et les pauvres, les nobles et les gueux, les « pur-sangs » et les étrangers, les maîtres et les esclaves... Et indiqua que tout le monde avait le même niveau, et que la seule différence était la piété ! On retrouve cela jusque dans l'histoire et la civilisation islamique elle-même.

En effet, lorsque l'on observe l'origine des plus illustres savants musulmans, on se rend compte que la plupart d'entre eux n'étaient même pas arabes et n'avaient pas de lignée ou de sang noble ; mais étaient des étrangers ayant appris l'arabe puis les sciences islamiques avant de les avoir maîtriser. On constate que l'imâm Mouhammad ibn Ismâ'il Al Boukhâri, sans conteste le plus savant et le plus grand spécialiste des paroles et récits prophétiques, était Ouzbèke de la ville de Boukhara (ou Buxoro) en actuel Ouzbékistan. L'imâm Mouslim quand à lui, qui se place juste après son maître et professeur Al Boukhâri dans l'ordre des plus grands, était de Nishapur, de la région du Khorassan, en ancienne Perse, actuel Iran.  L'imâm Abou Daoud, également dans le classement, était du Sistân, en Perse également, actuellement entre l'Iran et l'Afghanistan. At-Tirmidhi était de Termez en Ouzbékistan, Ibn Mâjah était de Qazvin en ancienne Perse, actuel Iran, An-Nassai était de Nisa au Turkménistan. C'est ainsi que 6 des plus grands imâm de l'Islâm en matière de rapport de hadîth étaient tous non-arabes... ! Et pourtant ça n'a pas empêché la communauté musulmane de les accepter à bras ouverts et de reconnaître leur haut degré et leur grand mérite, et c'est leurs 6 livres respectifs qui sont aujourd'hui la base fondamentale pour connaître les paroles du dernier des Messagers. C'est un signe très fort montrant avec clarté à qui veut bien voir que l'Islâm n'a que faire des origines, des couleurs ou des langues.

A défaut d'être un sujet de conflit, c'est au contraire – pour les véritables musulmans du moins – une source de richesse énorme et un trésor inestimable qui constitue la force de cette communauté. Quelle symbolique extrêmement forte lorsque deux personnes de races et d'origines complètement différentes prient côte à côte, au même niveau talon contre talon, épaule contre épaule, dans un même rang, vers une même direction, derrière un même imâm, sans aucune distinction ! Quelle image touchante, pleine de bonté et de miséricorde, lorsque toutes les personnes de toutes origines et ethnies confondues se retrouvent dans un même endroit, la Mecque, vêtus des mêmes vêtements, deux modestes draps blancs, pour accomplir les mêmes rites lors du Pèlerinage et prier dans la même direction aux mêmes moments, pour finalement se prendre chacun dans les bras de l'autre le jour de la grande fête de l'Aïd, se souhaiter les félicitations et partager mutuellement sa nourriture ! Cette image forte qui est inculquée par l'Islâm dans la plus grande des sincérités et des simplicités, et qui est malheureusement oubliée aujourd'hui surtout par les musulmans qui arrivent à s'entre-tuer pour une différence de dialecte ou pour des frontières virtuelles qu'on leur a dicté qui n'ont jamais existé dans le Livre d'Allâh... Ô Allâh ! Redonne à cette communauté sa gloire d'antan, et remet-la sur le chemin des pieux et des savants, et purifie – ô Allâh – nos cœurs des saletés, des passions aveuglantes, des croyances corrompues et des mauvais sentiments ; Tu es notre Espoir et point d'Espoir pour nous si ce n'est Toi ! Et Allâh est plus savant, et que les éloges et le salut couvrent notre Prophète ainsi que sa famille et ses compagnons.

 

Mouhammad Nadhir Al Khannoussi, 12 Joumâda At-Thania 1436, 21/03/2016

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