Les fêtes en Islam : des moments de gaieté, de bien et de piété

par convertistoislam - l'islam pour tous  -  30 Août 2011, 04:24  -  #LES 5 PILIERS DE L'ISLAM

Les fêtes en Islam :

des moments de gaieté, de bien et de piété

 

aid_22.jpg

 

Certes la Louange est Allâh, Le Seigneur de l’Univers, L’Un, L’Unique, Le Seul, Le Suprême Refuge qui n’a jamais engendré et qui n’a pas été engendré, non plus !


Et que la Prière et le Salut d’Allâh soient sur le dernier des Prophètes et des Messagers, Mohammed  qui a dit aux Ansârs1 lorsqu’il arriva à Médine alors qu’ils avaient deux jours qu’ils fêtaient : « Allâh -qu’Il soit Très Haut- vous les a substitués par deux autres jours qui sont meilleurs : le jour du Fitr  et le jour d’el adhâ »2. 


Notre communauté musulmane, après les jours bénis de ce mois sacré de Ramadan, va fêter un évènement très cher au cœur de chaque croyant tellement les valeurs sublimes et les actes et paroles de bienfaisance qu’il véhicule.

 

En Islam, à travers toute l’année et pendant des moments qui diffèrent en longueur et en récurrence, notre Seigneur -à Lui la Pureté- a légiféré des oeuvres cultuelles dont chacune se distingue de l’autre par le nombre des tâches à effectuer, la nature, la cause, la récompense, le statut légal (el houkm ac-charcî), etc. Ainsi, l’on trouve, au sein de cet ensemble parfait de pratiques religieuses le retour cyclique annuel de deux fêtes que les Musulmans se sont accordés à nommer : cÎd el Adhâ et cÎd el Fitr (l’Aïd ou la fête du sacrifice du mouton et la fête de la rupture du jeûne de Ramadhan).


Cela dit, nous tenterons de retracer dans cet article quelques actes relatifs à cette occasion bienheureuse qui résumeront à nos chers lecteurs et lectrices les choses qu’il serait soit souhaitable (moustahebb), obligatoire ou illicite de faire. Notons que la visée de traiter de ce sujet réside, en plus de la connaissance des pratiques réservées à l’Aïd, dans le vouloir de faire montre du mérite de l’Islam, de ses vertus éminentes contenues dans ses pratiques dévotionnelles sages et infiniment profitables à quiconque s’y attache.


L’Aïd, une occasion de joie et d’adoration 

L’intérêt de ce jour de fête n’est pas seulement, comme on peut l’observer chez les autres communautés quant à leurs fêtes, dans le fait de manger et boire à outrance, de passer de longs moment dans les divertissements, les choses burlesques ou encore en assistant à des concerts de musique qui assassinent les mœurs à petit feu3.


En effet, ce joyeux jour d’El Fitr est la continuité du bonheur du croyant qui, après avoir amené à terme son jeûne de Ramadhan, se réjouit d’avoir obéit à son Seigneur et passé des moments pieux durant un mois, de nuit comme de jour, tel que cela a été rapporté du Prophète . Ainsi, de nature, à chaque fois qu’il complète un acte de dévotion le croyant éprouve un sentiment d’euphorie et de quiétude ; il s’agit d’un effet lié à l’obéissance à Allâh -Exalté soit-Il- qu’Allâh place dans le cœur des Musulmans conformément à Sa Parole ﴾Dis : « [Ceci provient] de la Grâce d’Allâh et de Sa Miséricorde ; voilà de quoi ils devraient se réjouir. C’est bien mieux que tout ce qu’ils amassent﴿ Yoûnous (Jonas), V. 58. Dans son commentaire de ce Noble Verset, l’érudit Ibn As-Sacdî -qu’Allâh lui fasse Miséricorde- dit : « … Car le bienfait de la religion qui est subordonné aux deux demeures [l’ici bas et l’au-delà] ne pourrait être comparé à tout ce que le bas monde contient, ce qui est périssable et disparaîtra bientôt. Mais, Allâh -qu’Il soit Très Haut- a ordonné de se réjouir de Sa Grâce et Sa Miséricorde parce que cela fait partie des choses qui procurent à l’âme relaxation et tonus ; de même qu’elles l’incitent à Le remercier et à avoir la force et la grande envie dans l’acquisition de la Science et de la Foi qui, elles, l’inviteront à en tirer davantage profit ; et ceci est une réjouissance louable, contrairement à la réjouissance par les voluptés et désirs du bas monde ainsi que par les choses qui tiennent du faux… »4.


L’Aïd, un jour de retrouvaille, de visite et de renforcement des liens fraternels

De même, à ce jour évènementiel les Musulmans témoignent particulièrement ces actes chèrement recommandés par la religion, quoique cela ne soit pas en réalité une spécification de cette occasion, mais c’en est une pratique qui s’affirme à ces  moments forts. Ainsi à partir du regroupement pour célébrer la salat de l’Aïd, qui représente la première rencontre des croyants ce jour-là, puis après l’avoir accomplie et écouté au prône de l’imam qui exhorte les fidèles et leur recommande de faire le bien et d’éviter le mal, et leur rappelle également les règles de bienséance et les principes d’éthique relatives à cette fête islamique, ils repartent chez eux pleins de sentiments nobles, joyeux et contents d’appartenir à cette vénérable religion, l’ISLAM. Tout un chacun de ces prieurs portera en lui le sentiment d’amour en Allâh pour tous ceux qui ont assisté à cette salat, ainsi qu’à ceux qu’il rencontrera durant ces circonstances de miséricorde. Voire l’amour du Musulman ne se limite pas qu’à ces gens qu’il voit devant ses yeux mais à tous ses frères dans la Fois partout où ils se trouvent.


L’Aïd, un jour de parure et d’ornement

Le Prophète  avait pour habitude le jour de l’Aïd de mettre ses plus beaux vêtements5 pour aller accomplir la salat au mosallâ. De ce fait, il est des particularités de cette occasion que les gens, par des vêtements propres et de préférence blancs,  expriment leur célébration de cette heureuse journée, et par là,  leur appartenance à la communauté musulmane en partageant avec leurs frères des moments de béatitude. Cependant, le Musulman est fortement exhorté à éviter les interdits d’Allâh -à Lui la Pureté-, ainsi choisir des vêtements décents n’enfreignant point les ordres de la religion quant à la façon de s’habiller, aussi bien pour l’homme que la femme, s’avère une chose dont l’obéissance est un devoir ; par là chaque responsable de famille doit craindre son Seigneur -Exalté soit-Il- dans le choix des vêtements de ses enfants et sa femme, de s’interdire de mettre des tenues qui ne remplissent pas les conditions de l’habit islamique6, sinon, dans le cas inverse, qu’Allâh nous en préserve, cela transformera ce jour destiné à la joie dans le carde religieux et au rappel et remerciement d’Allâh -Le Tout Puissant- à des moments d’exhibitionnisme, de dévergondage par l’habit et par tout ce qui s’en suit… Ô Musulmans ! aidez les jeunes de cette communauté à éviter les turpitudes et les vices moraux ! la pudeur et la distance sont deux hautes qualités morales dont le fait de se livrer aux habits indécents les détruit sans merci. Puisse Allâh aider les Musulmans à se conformer à Sa charia et se cramponner à Son Livre, âmin.


Des choses contraires aux règles de l’Aïd qu’il faut éviter

1. Il est illicite de jeûner le jour de l’Aïd conformément au hadith de Aboû Sacîd  qui rapporta que le Prophète  : « a interdit de jeûner deux jours : le jour de la rupture du jeûne et le jour du sacrifice »8.


2. La célébration de la nuit de l’Aïd (celle de l’après coucher de soleil du dernier jour de Ramadhan) en priant (Tarâwîh), car lorsque la lune du mois de Chawwêl naît la prière de Tarâwîh s’achève.


3. Le fait de ne pas célébrer la salat de l’Aïd alors que beaucoup de savants disent qu’elle est obligatoire, voire le Prophète  ordonnait aux femmes et aux filles de l’assister ; bien plus, même les femmes indisposées (qui ont leurs menstrues) y assistèrent afin d’écouter le prêche et de se faire profiter par les recommandations religieuses mais en s’isolant et n’approchant pas la salat.


4. Il est aussi des erreurs religieuses la promiscuité (entre femmes et hommes) dans les lieux de prière et autres, de même que la sortie des femmes, ce jour-là, dévoilées et dans leurs pleins atours.


5. Parmi les erreurs récurrentes aussi durant cette occasion destinée à la piété et à la joie dans les limites de l’Islam, le fait de la vivre dans les péchés et les actes répréhensibles (mounkarât ) tels que la musique, la danse et la perte de temps sous prétexte que c’en est un jour de joie et de distraction, alors que le Messager  dit :« Certes il y aura dans cette communauté des tremblements de terre, des jets de foudres et de pierres et des métamorphoses (physiques et morales), et ce, lorsque les gens boiront les vins, s’adonneront aux chanteuses et utiliseront les instruments de musique »9.


6. Il fait également partie des mauvaises habitudes, ce jour-là, la visite des cimetières, et cela s’aggrave lorsque cette visite se suit d’autres mauvais actes comme la mixité, le fait de pleurer à haute voix (alors que c’est un jour de joie) et pis encore la supplication des morts enterrés.


7. Le fait de regarder sans scrupule les femmes, de ne pas baisser le regard à leur passage et de tenter de les séduire dans les rues. Notre Seigneur -Pureté à Lui- dit ﴾Dis aux croyants de baisser leurs regards, de garder leur chasteté (…) Et dis aux croyantes de baisser leurs regards, de garder leur chasteté, et de montrer de leurs atours que ce qui en paraît et qu’elles rabattent leurs voiles sur leurs poitrines﴿ An-Noûr (La Lumière), V. 30-31. Il est rapporté que Soufyên Ath-Thewrî –qu’Allâh lui fasse Miséricorde sortit de chez lui au jour de l’Aïd et dit : « La première chose par laquelle nous devons commencer ce jour-ci est de baisser le regard ».


8. Le voyage aux pays de mécréance où les atmosphères de dissolution morale de toute sorte et de libertinage.


La conduite du Prophète  au jour de l’Aïd

1. Le Messager  avait l’habitude d’accomplir la salat de l’Aïd dans le mosallâ, endroit vaste et découvert réservé à cette salat, il n’a jamais accomplit la salat de l’Aïd dans sa mosquée qu’une seule fois à cause de la pluie10.


2. Et il se lavait le corps pour cette occasion, et recommandait à ses compagnons de le faire et de se parfumer.


3. Il s’habillait  pour sortir à cette salat de ses plus beaux vêtements. Il avait une belle aube qu’il mettait aux deux Aïds et le jour du vendredi.


4. Et avant de sortir de sa maison pour se diriger à son mosallâ, il mangeait quelques dates au nombre impair.


5. Et il allait à pied jusqu’au lieu de la salat, et on portait devant lui la lance qu’il fixait au sol pour lui servir de soutra11 avant de commencer la salat.


6. Sa méthode  était de retarder la salat de l’Aïd de la rupture du jeûne et d’avancer celle de l’Aïd du sacrifice.


7. Lorsqu’il arrivait au mosallâ il commençait directement la salat sans adhên ni iqêma.


8. Ni lui  ni ses compagnons ne priaient quand ils arrivaient au mosallâ, ni avant ni après.(Mais, dans notre pays étant donné que la salat de l’Aïd s’effectue dans les mosquées, le Musulman est donc tenu de prier deux unités que l’on appelle tahiyyat el masdjid avant de s’assoire car c’est une obligation).


9. Et il commençait  d’abord par la salat puis le prône. Il priait deux unités. A la première il disait sept fois Allâh-o Akbar dont celle du début, il mettait un bref laps de temps entre chaque takbîra. cAbd Allâh Ibn cOmar  qui fut un fervent suiveur du Messager  levait ses mains à chacun de ces sept takbîr (fait de dire Allâh akbar).


10. Puis une fois qu’il les achève il commence la récitation d’abord par la sourate el Fêtiha, puis la sourate Qêf , et dans la deuxième il récitait en plus de la Fêtiha la sourate el Qamar ; et parfois il y lisait les deux sourates el Aclâ et el Ghêchiya.


11. Puis une fois qu’il aurait fini la première unité (Rakca) il se relève pour la deuxième qu’il commença cette fois-ci par cinq takbirêt (fait de dire Allâh akbar).


12. Ensuite il se met en face des gens dès qu’il finit sa salat. Il se tenait debout sur le sol, sans chaire ni autre meuble, les gens assis dans leurs rangs restaient attentifs et silencieux afin d’écouter son prêche . Il les exhortait, leur rappelait Allâh -Le Tout Puissant-, leur recommandait de faire le bien et d’éviter le mal.


13. Le prophète  entamait tout le temps ses sermons par des louanges qu’il proclamait pour Allâh -Très Haut soit-Il-. Aucun hadith ne mentionne qu’il débutait le prône de l’Aïd par le Takbîr.


14. Enfin, en rentrant chez lui après avoir accomplit la salat, le Prophète  empruntait un chemin différent de celui de sa sortie pour la salat. Selon les savants, l’intérêt de cet acte réside dans beaucoup de bonnes choses entre autres le fait de saluer les musulmans, d’accomplir les besoins de ceux qui en avaient, de manifester les pratiques et les rites de l’Islam...


Notons à la fin, que dans cette journée il est recommandé aux croyants de proclamer la grandeur d’Allâh et de Le louer par ces invocations : «Allâh-o Akbar Allâh-o Akbar lê ilêha Illa Allâh/ wa Allâh-o Akbar Allâh-o Akbar wa lilLêhi el hemd ». De même il est une pratique de bienséance de nos pieux prédécesseurs (As-Salaf As-Sâlih) de féliciter les Musulmans en s’adressant à eux par ces prières : «Taqabbala Allâh-o minna wa minkoum/ Ghafara Allâh-o lana wa lakoum (qu’Allâh accepte nos bonnes œuvres ainsi que les vôtres, et qu’Il pardonne à nous ainsi qu’à vous»12.

Et qu’Allâh prie sur notre Prophète Mohammed , sur sa Famille et ses compagnons et les salue abondamment. Et notre dernière invocation est : « louange à Allâh le Seigneur de l’Univers ».

...........................................................................................................

1Cela veut dire les compagnons originaires de Médine. Cette dénomination revient au fait qu’ils aient accordé secours au Prophète . Le singulier de ce nom est ansâri ; certains traducteurs le traduisent par le mot « Auxiliaires », mais en vérité étant un nom propre le mieux serait donc de le laisser tel qu’il est, de se contenter de le translittérer et de le faire suivre d’une définition laconique.


2Rapporté par Ahmed, Ani-Nisê’î et El Hêkim et authentifié par le Lion de la sounna à notre époque, l’Imam el Abênî dans Sahîh el Djêmic. Voir également pour d’ample compréhension de ce hadith le livre de l’érudit Ibn Outheymîn –qu’Allâh lui fasse Miséricorde- el Djêmic li’ehkêm fiqh As-Sounna, compilation, recension et entretien de Salâh Ad-Dîn Mahmoûd As-Sacîd, éd. Dâr el Ghed el Djadîd, 2007, le Caire, Egypte.


3Il importe de signaler au passage une opinion éperdument controversée par laquelle se laisse emporter beaucoup de gens, malheureusement. Il s’agit du fait de croire que la musique pourrait avoir de bons effets sur les personnes, qu’elle est un moyen d’enrichissement culturel, un signe de civilisation…En somme toute sorte de considérations dont aucun renvoi à une source de Révélation (Versets et Hadith) ne peut être signalé. Bien plus, la religion musulmane telle qu’elle est pratiquée et transmise par le Prophète  et les compagnons condamne les instruments de musique ; de même la raison pure et la saine nature, non souillées par les effets dévastateurs des péchés, ne se permettraient jamais une telle réflexion au profit de la musique. En vérité, la musique et les chansons sont un vrai outil de destruction des valeurs morales et des mœurs, il suffit à l’homme raisonnable de voir les paroles obscènes que l’on profère pour voir en face ce danger qui menace le caractère des gens, les jeunes notamment. La musique et la chanson instrumentalisée n’a jamais été, et ne le sera pas non plus, un moyen d’instruire nos enfants ou de les amener à acquérir un bon comportement, et moins encore des bonnes mœurs. Bien au contraire, la réalité et l’histoire  qui témoigne de « l’évolution » frénétique des styles musicaux, démontent catégoriquement cette déraison que certaines gens adoptent. Mais Allâh guide qui Il veut à la Vérité. 


4Consulter Taysîr El Karîm Ar-Rahmên, commentaire de Ch. As-Sacdî, au Verset 58 de la Sourate yoûnous (Jonas).


5voir Zêd el Macêd, d’Ibn El Qayyim, p. 240, Dâr el Imâm Mâlik, Alger, éd. 2007.


6Lire à ce sujet notre traduction Qui t’interdit de mettre le hidjeb ? écrite par la docteur Hawida Ismail, introduite par notre vertueux cheikh Abd El Ghani Aoussat, éd. Dâr el Imâm Mâlik, Alger, 2008.


7Se référer pour le détail de ces erreurs au dépliant min ahkêm el cîd wa-l odhiya, préparée par le département scientifique de Dâr  el Watan, n° 133, Riyad, Arabie Saoudite.


8Unanimement reconnu authentique.


9Rceuilli dans Assilsila As-Sahîha de l’imam el Albêni –qu’Allâh lui accorde une large Miséricorde-.


10Le hadith relatant ce fait est rapporté par Aboû Dêwoûd et Ibn Mêdja, mais a été jugé faible par l’érudit el Albênî –qu’Allâh lui accorde une large Miséricorde- dans Dhacîf ibn Mêdja.


11La soutra est un mot arabe qui désigne tout objet en longueur d’une coudée ou plus que le musulman doit avoir devant soi au moment de sa salat. Son statut religieux est l’obligation d’après la plus correcte des paroles des savants. Son intérêt est d’empêcher au passant de frôler la limite du lieu de prière de l’orant, par crainte de diminuer le degré de récompense de la salat, ou de l’annuler carrément. Beaucoup de textes de la sounna attestent de tout cela. Lire pour plus de précision Sifat salât annabiyy … (la description de la salat du prophète… ) du cheikh el Albêni.


12Consulter Minhêdj el Mouslim, du cheikh Aboû Bakr djêbir el Djazê’irî -qu’Allâh le préserve- p. 313, éd. Maktabat el cOuloûm wa el hikem, 2006, Médine, Arabie Saoudite