Les fondements de l’apostasie

par convertistoislam - l'islam pour tous  -  30 Janvier 2012, 04:00  -  #SCIENCES ISLAMIQUES

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Les fondements de l’apostasie :

Si le Cheykh Al Fawzan a mentionné les 5 points que l’Islam est venu pour protéger, c’est parce que la première de ces choses à protéger est la religion. Autrement dit, il faut se protéger de sortir de la religion = l’apostasie.

L’apostasie : Cela signifie revenir.
L’apostat : C’est celui qui revient sur sa religion, soit par une parole, soit par une croyance, soit par une action et soit par un doute. Ces 4 sortes d’apostasie constituent donc ses fondements.


1 - L’apostasie par la parole :

Cette forme d’apostasie est que la personne prononce une parole de koufr ou de shirk, sans être contrainte, que ce soit dit en étant sérieux ou en plaisantant. Allah a dit : « Alors qu’en vérité ils ont dit la parole de la mécréance et ils ont rejeté la foi après avoir été musulmans. » (Sourate At-Tawba, verset 74)

Au temps du Prophète (صلى الله عليه و سلم), au retour de la bataille de Tabouk, certains ont dit : « Nous n’avons pas vu quelqu’un de plus menteur, de plus gourmand, et de plus peureux lors de la bataille que le Prophète (صلى الله عليه و سلم) et ses sahabas (رضي الله عنهم). » Puis Allah (تعالى) révéla le verset : « Et si tu les interrogeais, ils diraient très certainement : «Vraiment, nous ne faisions que bavarder et jouer.» Dis : « Est-ce d’Allah, de Ses versets (le Coran) et de Son messager que vous vous moquiez ?» * Ne vous excusez pas, vous avez bel et bien rejeté la foi après avoir cru. » (Sourate At-tawba, verset 65 et 66)

« vous avez bel et bien rejeté la foi après avoir cru » : ceci à cause du fait qu’ils se sont moqués du Prophète (صلى الله عليه و سلم) et ses sahabas (رضي الله عنهم).

Ces versets prouvent que de prononcer des paroles de koufr sans avoir été contraint, cela amène la personne au koufr, même si elle pensait juste plaisanter ou s’amuser. C’est une réfutation aux Mourji’a qui disent que la personne ne peut pas apostasier avec une parole, mais qu’elle doit obligatoirement croire avec son cœur ce qu’elle dit avec sa langue.

Celui qui a prononcé une parole de mécréance sans être contraint, a mécru. Allah a dit : « Quiconque a renié Allah après avoir cru - sauf celui qui y a été contraint alors que son cœur demeure plein de la sérénité de la foi - mais ceux qui ouvrent délibérément leur cœur à la mécréance, ceux-là ont sur eux une colère d’Allah et ils ont un châtiment terrible. » (Sourate An-Nahl, verset 106)
La personne qui est contrainte de prononcer une parole de koufr, que ce soit pour sauver sa vie ou pour éviter la torture, nul grief contre elle. Allah a permis cela dans ce cas, mais il faut que cette parole soit prononcée par la langue uniquement, tout en gardant la foi dans le cœur. Et le verset de la sourate An-Nahl a été révélé à propos de ‘Ammar Ibn Yassar (رضي الله عنه) qui était torturé par les moushrikin et contraint d’insulter le Prophète (صلى الله عليه و سلم). Après cela, il avait honte de retourner voir le Prophète (صلى الله عليه و سلم) à cause de ce qu’il avait dit. Puis une fois qu’il en eut informé le Prophète (صلى الله عليه و سلم), celui-ci lui demanda : « Comment trouves-tu ton cœur ? » Il répondit : « Je trouve mon cœur en paix avec la foi. » Puis le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit : « Dans ce cas, s’ils reviennent encore, fais-le encore. »


2 – L’apostasie par la croyance :

C’est celui qui croit dans son cœur à ce qui est en opposition avec l’islam, comme par exemple celui qui croit que la prière n’est pas obligatoire.
Allah (سبحانه وتعالى) a dit : « Quand les hypocrites viennent à toi, ils disent : « Nous attestons que tu es certes le Messager d’Allah. » Allah sait que tu es vraiment Son messager ; et Allah atteste que les hypocrites sont assurément des menteurs. * Ils prennent leurs serments pour bouclier et obstruent le chemin d’Allah. Quelles mauvaises choses que ce qu’ils faisaient ! » (Sourate Al Mounafiqoun, verset 1 et 2)

« Ils prennent leurs serments pour bouclier » : c’est-à-dire qu’ils cherchent à se protéger qu’on leur fasse un mal quelconque ou bien pour profiter de quelques intérêts dans la douniya.
Ils disent avec leur langue ce qui n’est pas dans leur cœur. Ainsi, si une personne croit à la mécréance dans son cœur, il devient kâfir même s’il n’a pas appliqué ce koufr dans ses actions ou dans ses paroles. Et même si cette personne applique l’Islam en apparence, en accomplissant la salat, en donnant la sadaqa, en disant de bonne parole comme la shahada, etc. mais qu’elle n’y croit pas dans son cœur, elle est mécréante et pratique la religion des mounafiqin (les hypocrites). Et Allah a dit à leur sujet qu’ils seront au plus bas niveau de l’Enfer : « Les hypocrites seront, certes, au plus bas fond du Feu, et tu ne leur trouveras jamais de secoureur. » (Sourate An-Nissa, verset 45)


3 – L’apostasie par les actes :

Il y a également un koufr qui est dû à l’action, comme par exemple le fait de sacrifier pour autre qu’Allah. En effet, le sacrifice fait partie des actes d’adoration et il ne doit être voué qu’à Allah seul. Et tout sacrifice pour autre qu’Allah revient à adorer cette chose-là (une idole, une statue, une tombe, etc.)


4 – L’apostasie par le doute :

Comme celui qui doute dans son cœur, comme le fait de se demander si ce qu’a apporté le Prophète (صلى الله عليه و سلم) est vrai, si la résurrection arrivera, si le paradis existe, etc. Tant que la personne n’a pas cru avec certitude en tout ce qui a été révélé, elle n’est pas considérée comme croyante. Cependant, il nous est impossible de savoir si elle a un doute ou non, sauf si elle l’exprime par la parole, alors nous devons nous contenter de juger selon l’apparence.



Concernant ces différentes formes d’apostasie, il y a 3 catégories de personnes d’avis différents :

Parmi ces 3 avis, il y a 2 avis extrêmes et un du juste milieu.


1 – Les Khawarij

Ce sont ceux qui ont exagéré dans le Takfir. C’est-à-dire que ce groupe de personnes jugent les gens mécréants de façon exagérée. Les khawarij sont sortis à l’époque du Prophète (صلى الله عليه و سلم) et celle des 4 successeurs du Prophète (صلى الله عليه و سلم), puis par la suite. Ils exagéraient dans le takfir en rendant mécréant toute personne s’opposant à eux.

Leur croyance est basée sur 3 fondements :
1- Déclarer mécréant les gens à cause des grands péchés qu’ils commettent (dont le niveau est inférieur au shirk).
2- Sortir contre les gouverneurs et rejeter leur autorité et leur obéissance.
3- Rendre Halal le sang des musulmans.

Comment les khawarij sont-ils tombés dans l’erreur ?
Ces égarements sont dus au fait qu’ils ont pris certains textes dans leur sens apparent, sans les comparer aux autres textes (versets ou hadith) qui évoquent le même sujet afin de clarifier leur signification. Ils ont donc pris ces textes individuellement sans comprendre leur sens global.

 

Pour expliquer l’égarement des khawarij, il faut distinguer les différentes formes de shirk (association) et de koufr (mécréance), en majeur et mineur. Seuls le shirk majeur et le koufr majeur peuvent faire sortir la personne de l’Islam. Quant au shirk mineur et au koufr mineur, ils ne font pas sortir de la religion, mais diminuent la foi. Cette distinction est très importante, car ceux qui n’ont pas compris cela sont tombés dans l’égarement. Et c’est le cas des Khawarij pour qui le shirk mineur et le koufr mineur n’existent pas.
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2 – Les Mourji’as :

Ce sont ceux qui prétendent que la foi se situe uniquement dans le cœur, peu importe les actes de piété commis ou non. Pour eux, celui qui ne prie pas, ne jeûne pas, et pratique le Haram, peut être meilleur croyant que celui qui prie, qui jeûne, etc. Ces gens ont donc exclu les actions de la définition de la foi. De même pour la parole, ils pensent qu’il n’est pas nécessaire de prononcer la shahada, car la foi est dans le cœur.
Ils pensent que la personne musulmane ne peut pas sortir de la religion et que celle-ci est acquise quels que soient ses actes. Ils pensent également que la foi n’augmente pas et ne diminue pas, mais qu’elle garde toujours la même intensité.

Pour justifier leur égarement, ils utilisent les textes qui évoquent la promesse d’Allah, Sa Miséricorde et Son Pardon. Ainsi, ils n’essaient pas de réunir les textes de la menace et du châtiment avec les textes de la miséricorde et du pardon.


Ils sont donc à l’opposé des Khawarijs qui, eux, ne prennent que les textes de la menace. On a donc les 2 extrêmes.



3 – Ahloul Sounnah wal Jama’a :

C’est le groupe du juste milieu, entre les Khawarijs et les Mourji’as. Ce sont ceux qui ont réuni tous les textes ensemble, et qui disent que le koufr se divisent en 2 catégories : le koufr mineur et le koufr majeur. De même que pour le shirk.
Seuls les péchés qui entrent dans le koufr majeur et le shirk majeur font sortir de l’Islam. Et concernant les autres péchés, qui sont moindres, c’est là qu’on voit bien la place du juste milieu :
- Pour les khawarijs, la personne sort de l’Islam, donc sa foi disparaît.
- Pour les Mourji’as, la foi de la personne reste intacte.
- Pour Ahloul Sounnah wal Jama’a, la personne ne sort pas de l’Islam mais sa foi en est diminuée.

Ainsi, concernant l’adoration d’Allah, quiconque a adoré Allah par la crainte seulement, est un khariji. Celui qui a adoré Allah par l’espoir seulement, est un mourji. Celui qui a adoré Allah par l’amour seulement, est un Soufi. Quant à celui qui a adoré Allah par espoir, amour et crainte, c’est celui qui est sounni.

Allah (سبحانه وتعالى) a dit : « C’est Lui qui a fait descendre sur toi le Livre : il s’y trouve des versets sans équivoque, qui sont la base du Livre, et d’autres versets qui peuvent prêter à diverses interprétations . Les gens, donc, qui ont au cœur une inclination vers l’égarement, mettent l’accent sur les versets à équivoque, cherchant la dissension en essayant de leur trouver une interprétation, alors que nul n’en connaît l’interprétation, à part Allah. Mais ceux qui sont bien enracinés dans la science disent : « Nous y croyons : tout est de la part de notre Seigneur ! » Mais, seuls les doués d’intelligence s’en rappellent. » (Sourate Ali ‘Imran, verset 7)

« Les gens, donc, qui ont au cœur une inclination vers l’égarement » : Ce sont les gens de bida’a en général, mais en particulier les Khawarijs et le Mourji’as.

« ceux qui sont bien enracinés dans la science » : Ce sont ceux qui savent comment comprendre le Coran. En effet, lorsqu’ils tombent sur un verset n’est pas clair (à équivoque), ils le ramènent soit à un verset clair, soit à un hadith du Prophète (صلى الله عليه و سلم) clair. Et il s’agit des savants de Ahloul Sounnah wal Jama’a.


(A propos de ces 2 extrêmes, les gens doivent craindre pour leur religion selon 2 points de vue :
1- L’ignorance des annulations de l’Islam et en plus le fait de ne pas les apprendre, car on ne peut distinguer le vrai du faux, et on peut facilement tomber dans l’égarement des khawarij ou des mourji’as.)
2- Parler des annulations de l’Islam sans connaissance, car c’est également un point qui amène à l’égarement des gens.


Il est donc obligatoire pour le musulman de suivre la voie des gens de la vérité. Or, ceci n’est possible qu’après avoir étudié et cherché la compréhension de la religion. Il ne suffit pas de mémoriser les textes sans compréhension de ceux-ci, car cela constitue un grand danger. En effet, la mémorisation des textes sans compréhension, amène les gens à les interpréter selon leur propre compréhension ou celle des groupes de bida’a. Il arrive que des gens ordinaires, qui n’ont pas connaissance de l’Islam, aient la même croyance que les Mourji’as en disant que la foi se situe dans le cœur, mais ils disent cela par ignorance. Cependant, il existe des gens considérés comme des ‘oulamas de l’Islam qui appellent à cette voie et cette croyance. D’où l’importance d’étudier auprès des savants de l’Islam, afin qu’ils apportent la bonne compréhension.

Les gens de bida’a parmi les khawarijs mémorisent les textes, récitent le Coran jour et nuit, prient toute la nuit, et jeûnent tous les jours parfois. Déjà à l’époque des sahabas, ils étaient des gens extrémistes dans l’adoration. Cependant ce qu’ils récitent ne dépasse même pas leur gorge car ils n’ont aucune compréhension de ce qu’ils récitent. « El Fiqh » (fi ddin), c’est le fait de comprendre les textes.


Le cheykh fait une analogie avec la médecine. Par exemple, lorsque le médecin veut donner un remède au malade, il doit tout d’abord savoir de quoi est composé ce remède. Ensuite il doit connaître la cause de la maladie pour pouvoir choisir le remède qui convient. Ainsi, si le remède correspond il sera bénéfique au malade par la permission d’Allah. Cependant, si ce remède ne convient pas, au lieu d’être bénéfique, il nuira au malade.


Le savant est comme le médecin avec les malades

 

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