Mohammed Amine, 9 mois, est décédé aujourd’hui.

par convertistoislam - l'islam pour tous  -  7 Février 2011, 18:47  -  #ACTUALITES

 Salam alaykoum wa rahmatouLlah wa barakâtouh,


Je vous écris pour vous annoncer une triste nouvelle …


Mohammed Amine, 9 mois, est décédé aujourd’hui.


 plages_035.jpg

 

J’avais rédigé une très longue lettre concernant sa situation qui laissait présager cette issue tragique. Mais, je me suis ravisé au moment de l’envoyer. Dans la vie, il y a des moments où une fois tout a été entrepris, il faut savoir prendre du recul, se réfugier en Allah et placer sa confiance en Lui.


En effet, lorsque le destin est en marche rien ne peut arrêter sa course … excepté l’invocation. Et pour que l’invocation soit exaucée, il faut parfois se couper des créatures afin que la relation avec le Créateur soit sincère, pure et désintéressée.


En tout cas une chose est sure et claire dans mon esprit, c’est que l’émigration ne va pas sans sacrifice. Pourquoi je parle de cela ici ? Tout simplement car c’est la triste réalité.


Dans la lettre dont je vous ai parlé, j’écrivais les lignes suivantes :


« J’en ai connu des situations inextricables au cours de mes voyages. J’ai aussi vu des situations ubuesques. Je pourrais vous raconter des histoires qui défient l’imagination : administrativement, professionnellement et bien évidemment médicalement.


Mais celle-ci est dramatique.


Lorsque des personnes se rejoignent dans l’incompétence, l’ignorance, la négligence, et j’en passe voilà le résultat.


Un petit enfant est en train de mourir à petit feu. Il s’affaiblit de jour en jours, ses forces diminuent de plus en plus, parfois quand il vient à la maison je l’entends gémir et cela m’est insupportable de le voir ainsi …


Il a à peu près le même âge que Zakariya …


Vous devinez bien Oum Ilyès et moi-même avons déployé tout ce qu’il est possible de faire mais parfois vous êtes en face de situation insoluble.


Invoquez Allah pour ce petit bout.  ».



Avec le recul, je crois que quand on a connu la France et son système de santé, c’est la chose qui nous fait le plus défaut lorsqu’on émigre … pour la bonne et simple raison que cela à trait à la vie, … à notre vie.


Evidemment, je ne parle de cas de nécessité … mais voilà lorsque trop d’erreurs ont été commises … parfois il est déjà trop tard vous ne pouvez plus rectifier le tir comme on dit. Le processus est en marche.


Oum Ilyès connaît personnellement des exemples qui font frémir dans le dos où des personnes qui même en étant rentrées en France en urgence sont mortes car c’était trop tard, la situation ne pouvait plus être rattrapée …  


Voilà … il en est ainsi et Chaykh Al Albânî est je crois celui qui a le mieux résumé la situation lorsqu’il a dit :


« Nous trouvons dans les pays non musulmans la vie des corps [grâce à leur système] mais non la vie des cœurs. Et à l’inverse, nous trouvons dans les pays musulmans la vie des cœurs et non celle des corps. »


Nous devons faire des choix, c’est ainsi … et ensuite nous devons les assumer.


Allah dit : {Les gens pensent-ils que Nous allons les laisser dire : « Nous croyons ! » sans ensuite les éprouver. Et certes, Nous avons éprouvés avant eux ceux qui les ont précédés. }


Allah dit : {Et quiconque émigre dans le sentier d’Allah trouvera sur terre maints refuges et abondance. Et quiconque sort de Sa maison, émigrant vers Allah et son Messager, et que la mort l’atteint, alors sa récompense incombe à Allah. Et Allah est Pardonneur et Miséricordieux.}


Chaykh Sa’dî, qu’Allah lui fasse miséricorde, dit en explication de ce verset dans son exégèse : 


« Ce verset explique l’incitation à émigrer, il y exhorte et il explique aussi les intérêts qu’il y a dans l’émigration. Allah, le Véridique dans Sa promesse, a promis à celui qui émigre dans Sa voie, à la recherche de Sa satisfaction, qu’il trouverait sur terre maints refuges et abondance. Le terme : « maints refuges » englobe aussi bien les intérêts spirituels que l’abondance dans les intérêts matériels. En effet, de nombreuses personnes se méprennent sur l’émigration en pensant que l’émigration est synonyme de désarroi après la familiarité ; de pauvreté après la richesse ; d’humiliation après la fierté ; et d’adversité après l’aisance. Toutefois, l’affaire n’est pas comme telle. En effet, aussi longtemps que le croyant vit parmi les polythéistes, sa religion est profondément diminuée tant dans ses adorations simples qui lui incombe comme la prière et ce qui y ressemble, mais aussi les autres adorations diverses comme la lutte, en parole et en acte, et ses corollaires du fait qu’il n’est pas en position dominante. En fait, il est sur le point d’être éprouvé dans sa religion, plus particulièrement s’il se trouve en état de faiblesse.


Lorsque le croyant émigre dans la voie d’Allah, il a la capacité d’accomplir la religion d’Allah, de combattre les ennemis d’Allah et de trouver des endroits où l’on peut se réfugier. Le terme ; « refuge » (en arabe : mourâghama) est un nom général qui englobe tout ce qui peut irriter les ennemis d’Allah en parole et en acte. De même, cela englobe aussi l’abondance dans la subsistance. Et tout cela s’est produit comme Allah nous en a informés.


Les compagnons  ont bien compris cela et en ont tiré leçons. En effet, lorsqu’ils émigrèrent dans la voie d’Allah, ils délaissèrent leurs demeures, leurs familles et leurs biens pour Allah. En cela, ils parachevèrent leur foi et atteignirent une foi complète. Ils accomplirent une immense lutte et ils secoururent la religion d’Allah. Ainsi, ils devinrent des imams pour ceux qui allaient venir à leur suite. Ils obtinrent aussi tout ce qui allait découler de cela comme les futures conquêtes et les prises de guerre, et grâce auxquelles ils allèrent devenir les hommes les plus riches. Et il en est [et en sera] ainsi pout tout ceux qui accompliront ce qu’ils ont accompli. Ils obtiendront ce qu’eux-mêmes ont obtenu en leur temps et cela durera jusqu’au Jour de la Résurrection.


Ensuite, Il a dit : {Et quiconque sort de Sa maison, émigrant vers Allah et son Messager … }, c’est-à-dire : dans l’intention de son Seigneur, à la recherche de Sa satisfaction, par amour de Son Messager et pour secourir la religion d’Allah. Non pas pour un quelconque autre objectif. {Et que la mort l’atteint … } en étant tué ou autre {alors sa récompense incombe à Allah.} Cela signifie : Il a vraiment obtenu la récompense de celui qui a émigré, celui qui a atteint son objectif en ayant la garantie d’Allah  . En effet, cette personne a eu l’intention ferme, ensuite elle a été résolue dans son acte et donc elle a obtenu ce qu’elle avait entrepris dans l’action accomplie initialement. Par conséquent, à titre de miséricorde d’Allah envers cette personne, et celles qui lui ressemblent, Allah les a gratifiées d’une pleine récompense quand bien même elles n’auraient pas achevé leur œuvre et Il leur a pardonné leurs manques dans leur émigration et le reste.


Voilà pourquoi Allah a conclu ce verset avec ces deux nobles noms, lorsqu’Il a dit : {Et Allah est Pardonneur et Miséricordieux.} Il pardonne aux croyants les erreurs qu’ils ont pu accomplir, plus particulièrement ceux qui se sont repentis et sont revenus à leur Seigneur.


{Miséricordieux.} Envers toute la création. Par miséricorde, Il les a créés, Il les a préservés et Il a subvenu à leurs besoins en leur attribuant des biens, des enfants, des provisions, etc.     


Miséricordieux.} Envers les croyants. Il les a guidés vers la foi, Il leur a enseigné un savoir grâce auquel ils ont atteint la certitude et Il leur a facilité les causes du bonheur et de la réussite grâce auxquelles ils ont obtenu le vrai gain. Et de même, parmi Sa miséricorde et Sa grâce envers eux, ils verront ce que nul œil n’a jamais vu, ils entendront ce qu’aucune oreille n’a entendu et ils auront ce que  nul cœur n’a imaginé.


Nous implorons Allah de ne pas nous priver du bien qu’Il possède à cause du mal qui émane de nous. »


(Fin de citation).   


De même, qu’Allah récompense à sa juste valeur des savants comme Dhahabî, Abou Nou’aym, Ibn Al Jawzî, etc. pour nous avoir légué des livres comme Siyar A’lâm An-Noubalâ’, Usud Al Ghaba, Sifat as-Safwa, etc. pour les fabuleux trésors qu’ils contiennent.       


Vraiment dans la lecture de la vie de nos Pieux Prédécesseurs, il y a un tel nombre d’enseignements qu’on ne peut les recenser. Ils furent des exemples vivants et à leur tête notre modèle à tous, Mohammed ibn ‘Abdillah (r).


Lire la vie de ces gens c’est vivre et être avec eux quand bien même les corps seraient séparés, le lien spirituel est là.


Certes, le temps, le lieu et les personnes ont changé mais la vie du croyant reste celle définie par Allah dans les traditions qu’Il a légiférées à savoir que l’Histoire se répète dans la bataille entre le Vrai et le Faux ; entre la Foi et la Mécréance ; entre l’Unicité et le Polythéisme ; entre les Véridiques et les Hypocrites, etc.


Excusez-moi d’avoir été long, ne m’en veuillez pas.


Passez tous une bonne journée.


Ayez une pensée pour ce petit bout de chou qui nous a quitté et ne l’oubliez pas dans vos invocations (ainsi que ses parents).


Qu’Allah vous en récompense à l’avance.


‘Issa (Abû Ilyès).