Obligation ou pas de répondre à une invitation ?

par convertistoislam - l'islam pour tous  -  9 Janvier 2011, 10:44  -  #SCIENCE DU HADITH

 lsw3zljxIl est rapporté par al-Bukhârî et Muslim - d’après Abî Hurayrah que le Prophète (sallallahu ‘alayhi wa sallam) a dit : « Le pire des repas est celui offert dans le cadre des réceptions ; on en prive ceux qui en ont besoin et on y invite ceux qui n’en ont pas besoin. Pourtant celui qui ne répond pas à l’invitation désobéit à Allâh et à Son Messager ».

 


Selon les savants, la réponse à donner à une invitation doit être régie par certaines conditions. Si celles-ci ne sont pas réunies, il n’est ni obligatoire ni même recommandé de répondre à une invitation. Mieux, il peut même être interdit de le faire.


Le fait de répondre ainsi à une invitation offerte dans le cadre d’un mariage, est une Sounnah selon le dogme hanafite. Et selon l’avis majoritaire des savants, il est obligatoire de répondre à l’invitation offerte dans le cadre des réceptions, obligation individuelle selon les Malékites, Chafiites et les hanbalites d’après leur dogme. Et le froid, la chaleur ou le fait d’être occupé n’est pas une excuse selon eux. Cette obligation s’applique même jusqu’aux jeûneurs, ceci dit, ils ne sont pas dans l’obligation de manger. SHeikh Ibn ‘Uthaymîn (rahimahullâh) a souligné dans son commentaire du hadîth, que le jeûneur n’a pas d’obligation quant au fait de rompre son jeûne, mais il a le droit de le faire pour l’occasion. Selon le SHeikh, il n’y a pas de doute sur le fait qu’il est obligatoire pour le musulman de répondre à l’invitation, et que cela constitue un moyen permettant de se rapprocher d’Allâh – ‘Azza wa Djal. Selon les Dhâhirites - [Le Dhâhirisme est une école littéraliste apparue au IXe siècle à Ispahan. Son fondateur fut Dâwoud Ibn `Alî al-Isfahânî (815-884). Cette école était une école théologique mais aussi une école juridique (madhhab) de droit musulman notamment en Andalousie musulmane sous la conduite de Ibn Hazm. L’école juridique a disparu laissant les quatre écoles canoniques subsister après la chute de l’Andalousie. Cette école ne laissait aucune latitude au juge qui ne pouvait se référer qu’au Qor’ân et à la Sounnah.] - le fait de répondre à l’invitation est une obligation qui englobe l’invitation offerte dans le cadre des réceptions comme toute autre invitation [Charh Sahîh al-Bukhârî du SHeikh Ibn ‘Uthaymîn, 4/541-542].


De son côté, l’Imâm an-Nawawî (rahimahullâh) a expliqué qu’il y a divergence entre les gens de science, à savoir : est-il obligatoire ou recommandé de répondre à l’invitation ? Selon son avis, qui est aussi l’avis de son dogme de pensées, cela est une obligation individuelle qui s’impose à toute personne invitée. Et selon lui encore, cette obligation s’annule si la personne a une excuse. Un deuxième avis dit que cela est une Sounnah et un troisième dit que cela est recommandé [Charh an-Nawawî ’ala Sahîh Muslim, 5/237-238].


D’après Ibn Hajar (rahimahullâh), la parole du Prophète (sallallahu ‘alayhi wa sallam) dans le hadîth qui dit : « désobéit à Allâh et à Son Messager » est une preuve qu’il est obligatoire de répondre à l’invitation. Et que certes, la désobéissance ne peut être considérée comme telle, que quand une obligatoire est délaissée [Fath ul-Bârî bi-Charh Sahîh al-Bukhârî de Ibn Hajar al-’Asqalânî, 11/544].


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