Plaisirs et désappointements

par convertistoislam - l'islam pour tous  -  14 Janvier 2011, 22:58  -  #MEDITATIONS

 

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J’ai constaté que l’âme regardait les plaisirs mondains des riches, mais qu’elle oubliait comment ils ont été obte­nus et quels maux ils impliquaient. Et il en est ainsi : Si tu vois un gouverneur et médites sur son bienfait, tu constateras qu’il est mêlé à l’injustice, et même si lui ne le désire pas, elle surviendra de ceux qui sont à son service. De plus, il vit dans la crainte, il est troublé dans tout ce qu’il fait, craignant qu’un ennemi ne l’empoisonne, inquiet qu’un de ses supérieurs ne le destitue ou que ses semblables rusent contre lui. La majeure partie de son temps est consacrée au service des gouverneurs qu’il craint, au calcul de leurs richesses, à l’exécution de leurs ordres, lesquels ne sont pas exempts de choses réprouvables. Et s’il est destitué, cela dépasse largement l’ensemble des plaisirs assouvis et qui sont submergés par la crainte éprouvée pour eux, par eux et à cause d’eux.


   

Si tu observes le commerçant, tu le vois parcourir les pays, et il ne parvient à ce qu’il possède comme richesses qu’après avoir atteint un âge avancé, alors que le temps des plaisirs est passé. On rapporte qu’un dignitaire était pauvre dans sa jeunesse, mais qu’en prenant de l’âge il s’est enrichi et possédait une grande fortune. Il achetait ses esclaves hommes chez les Turcs et ses esclaves femmes chez les Byzantins, et il composa ces vers pour expliquer sa situation :

 

Je n’espérais pas à vingt ans

Posséder ce que j’eus, passé soixante-dix ans

Des turcs tournent autour de moi comme des gazelles et m’exténuent,

Comme les branches passant sur les dunes

Et des vierges Byzantines superbes

Aussi belles que les houris du Paradis

Me font signes de leurs doigts délicats

Si souples qu’on pourrait en nouer l’extrémité

Elles veulent ranimer un moribond inerte

Mais comment ressusciter un cadavre déjà inhumé

Ils m’ont dit : Tes gémissements nous tiennent éveillés

De quoi te plains-tu donc ? — De mes quatre-vingts ans


C’est ce qui se passe généralement, l’homme ne peut réunir tout ce qu’il aime si ce n’est lorsqu’approche la fin de sa vie. Et s’il possède tout cela dans sa jeunesse, celle-ci l’empêche de bien le gérer ou d’en jouir parfaitement. L’homme, dans sa jeunesse, ne sait ce qu’il est que lorsqu’il atteint l’âge adulte, et à ce moment tout ce qui l’importe est de se marier, de toutes les manières. Lorsqu’il se marie, les enfants arrivent et lui interdisent tout plaisir et, le cœur brisé, il doit gagner de quoi les élever. Ensuite, lorsqu’il s’y est habitué, pendant cette courte période proche de la trentaine ses cheveux commencent à grisonner, il se détache de son âme car il sait que les femmes s’éloignent de lui, comme l’a dit Ibn Al-Muctazz Billah :

 

J’ai tourmenté mon âme sur mes vieux jours

Les filles aux reins souples et aux seins ronds m’aimeront-elles un jour ?


 

Il en est ainsi. Celui qui désire jouir de jolies femmes, s’il les trouve, c’est l’argent néces­saire à la satisfaction de son désir qu’il ne trouve pas ! Et s’il cherche à amasser de l’argent, il perd le temps de la jouissance. Et lorsqu’il atteint son but, la vieillesse est le souci le plus infâme et la chose la plus haïssable. Le riche craint également pour son argent, contrôle ses employés et, qu’il le dépense avec prodi­galité ou parcimonie, il sera toujours blâmé ! Son fils guette sa mort, sa servante peut ne pas supporter sa personne, et lui s’affaire à préserver son train de vie. Son temps a passé dans des épreuves entre lesquelles les plaisirs sont allés et venus tellement fugaces qu’il n’y a trouvé aucun plaisir !


 

Puis, au Jour de la Résurrection, le prince et le com­merçant seront rassemblés humiliés, sauf ceux que Allah a protégés. Prends donc bien  garde de ne voir que l’apparence de leurs plaisirs, car tu les trouverais agréables en raison de ton éloignement, mais si tu y parvenais tu le détesterais. Cela comporte également des épreuves indescriptibles dans cette vie et l’au-delà, tu dois donc être satisfait, autant que possible, de ce que tu possèdes, car cela comporte le salut de cette vie et de la religion. On demanda à un ascète qui n’avait qu’un morceau de pain sec : « Comment peux-tu avoir envie de cela ? » Il répondit : « J’attends d’avoir faim. »

 


Source : Les Pensées Précieuses

Traduit et publié par les salafis de l’Est