Quelques traits de caractère du Prophète Muhammad

par convertistoislam - l'islam pour tous  -  20 Septembre 2012, 05:54  -  #LE PROPHETE MOUHAMMAD

 

Ce livre relate le caractère du Prophète Muhammad (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui), ce qui nous amènera à parler de la perfection humaine dans sa plus belle conception. En effet, les plus beaux caractères connus chez l’homme se sont exclusivement réunis chez le Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui). Il fut dépourvu de tout mauvais caractère connu chez l’homme ordinaire. Un livre pour les musulmans et les non-musulmans. N'hésitez pas à l'offrir !

 


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Au nom d’Allah, l’infiniment Miséricordieux, le Très Miséricordieux

 

Avant-propos

 

Louange à Dieu seul, et que son salut et sa bénédiction soient sur le dernier des Prophètes… Nous parlerons du caractère du Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui), ce qui nous amènera donc à parler de la perfection humaine dans sa plus belle conception. En effet, les plus beaux caractères connus chez l’homme se sont exclusivement réunis chez le Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui). Il fut dépourvu de tout mauvais caractère connu chez l’homme ordinaire.

 

L’aspect extérieur du Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui)

 

L’aspect extérieur de l’homme influe sur son aspect intérieur, comme l’ont démontré les psychologues et les sociologues. Le Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui) était un homme dont la description physique était des plus belles.


Ainsi nous l’ont décrit ceux qui ont pu le voir parmi lesquels ses compagnons. Il était de couleur blanche, un visage aux formes pleines, qui resplendissait, son front était d’une forme unique et lorsqu’il était content, son visage s’illuminait telle la lune. Sa bouche était de toute beauté, ses dents blanches et ses incisives espacées, ses paupières étaient d’un noir profond sans pour autant y avoir mis du khôl, son nez était légèrement long, et lorsqu’il parlait, on apercevait telle une lumière émanant d’entre ses dents. Il possédait de larges épaules et était de taille moyenne, ni trop grand ni trop petit.


Le Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui) était agréable à regarder, éminent, une prestance émanait de sa personne. La personne qui l’apercevait pour la première fois savait pertinemment que ce visage n’était point celui d’un menteur. ‘Amr Ibn Al-‘Âss (qu’Allah l’agrée) raconte : « Je n’aimais point une personne autant que le Messager d’Allah et je ne respectais aucune personne autant que le Messager d’Allah. Malgré cela, je ne pouvais lever mes yeux vers lui par grande révérence, si bien que si on me demandait de le décrire, j’aurais été incapable de le faire, n’ayant pu le contempler avec précision. »[1]

 

La noblesse du Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui) et son éloquence

 

Le Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui) ne faisait pas partie de la classe populaire, mais il appartenait à la noblesse et son lignage était élevé. Il fut engendré alors que ses parents étaient mariés de façon réglementaire et non par le biais de la fornication. La pureté de sa généalogie et la qualité de son lignage sont des signes de sa distinction et de son caractère complet.

 

Rajoutons à cela son éloquence, sa parfaite prononciation et sa forte rhétorique. Allah lui donna la capacité d’exprimer beaucoup d’idées en peu de mots et il possédait l’art du discours. Il détenait une étonnante force de persuasion et savait créer l’harmonie entre les cœurs, de sorte qu’il pouvait faire parvenir son message en termes concis. C’est pour cette raison que son épouse Aïcha, qu’Allah l’agrée, dit : « Le messager d’Allah ne débitait pas les paroles comme vous le faites, mais ses paroles étaient entrecoupées, de telle façon que celui qui souhaitait en faire l’inventaire pouvait facilement les dénombrer. »[2]

 

Si au bel aspect, à l’ascendance noble, à l’éloquence et à la forte rhétorique, on y rajoute également la véracité dans les paroles, la douceur de caractère et l’honneur de la prophétie, dès lors, nous pouvons saisir en Muhammad r le caractère parfait, car il ne reste plus aucune place à la défaillance et à l’ébranlement.

 

La loyauté du Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui) et son honnêteté

 

Le Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui) était connu au sein de son peuple pour son honnêteté, sa loyauté, sa vertu, son esprit équilibré et sa participation dans les affaires sociales. Allah informa dans le Coran que les mécréants reconnaissaient son honnêteté, mais ils traitèrent son message de mensonge par pur orgueil et par arrogance.

« Nous savons pertinemment que leurs propos te chagrinent, ô Muhammad. Or, assurément, ils ne te croient pas menteur, mais ce sont plutôt les versets de Dieu, que les injustes renient. »[3]


Les mécréants savaient pertinemment que Muhammad était honnête, mais ils traitèrent de mensonges ses paroles et ne crurent pas en lui par peur de perdre leur pouvoir et leur rang social. En effet, l’Islam place l’ensemble des gens au même niveau, l’arabe n’a pas plus de mérite que le non-arabe, comme le blanc par rapport au noir, le maître par rapport à l’esclave, sauf s’il se distingue par la piété et les bonnes œuvres.

 

Aboû Jahl, l’homme qui avait le plus d’aversion pour le Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui) rencontra Akhnass Ibn Charîk qui lui dit : « Ô Aboû Al-Hakam ! Informe-moi au sujet de Muhammad, est-il véridique ou menteur ? Sache qu’à cet endroit nul n’écoute nos paroles parmi les habitants de La Mecque, si ce n’est nous deux. » Il répondit : « Malheur à toi ! Je jure par Allah que Muhammad est véridique et il n’a jamais menti !! Seulement, si la tribu des Banou Qousay s’attribue l’étendard, la distribution d’eau, la protection de la Kaaba (la garde de ses clefs, son entretien etc.…) et la prophétie, alors que reste-t-il au reste de Qouraich ?! »[4] Il dit également : « Je jure par Allah que Muhammad est réellement un Prophète, mais depuis quand devrait-on suivre la tribu des Banou Abd Manâf ?... »[5]

 

Ainsi, il traita de mensonge le Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui) par peur de perdre son autorité sur les gens et son rang social. Ceci est tout aussi vrai pour les rabbins parmi les juifs et pour les prêtres parmi les chrétiens, qui connaissaient le Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui) aussi bien qu’ils connaissaient leurs enfants.[6] Ils lisaient en effet dans leurs livres sa description (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui) et savaient qu’il était le dernier des Prophètes. Malgré tout, ils reniaient son message et rejetaient sa prophétie par peur de perdre leurs privilèges et leurs rangs sociaux. Mais surtout, ils trouvaient indigne que le dernier des Prophètes (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui) fasse partie du peuple arabe et non de leur peuple.

 

Les Arabes connaissaient le Prophète pour sa loyauté jusqu’à l’avoir surnommé « le loyal ». Lorsque Khadîja bint Khouwaylid, riche femme parmi les Mecquois, eut connaissance de sa loyauté et de son noble caractère, elle lui proposa d’aller en grande Syrie (Chêm) avec une partie de sa marchandise pour la vendre arrivé là-bas. Le Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui) accepta sa proposition. Elle envoya avec lui Maysara, son servant, pour l’aider durant son voyage. Lorsqu’ils revinrent tous les deux à La Mecque, avec des bénéfices considérables, Maysara informa Khadîja de la loyauté et du bon comportement de Muhammad. Dès lors, elle voulut se marier avec lui, alors qu’elle avait déjà été maintes fois convoitée par des hommes de haut rang et par ceux qui détenaient l’autorité, pour sa noblesse, sa richesse et son esprit équilibré. Pourtant, elle refusa, car elle cherchait un autre genre d’homme, comme si son destin préparait pour elle en secret son futur bonheur, celui de la vie d’ici-bas et de l’au-delà. Le Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui) l’épousa et n’épousa aucune autre femme jusqu’à ce qu’elle meurt.

 

L’intelligence du Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui)

 

L’histoire qui suit prouve sa rigoureuse déduction, même avant la révélation : Qouraych divergea sur l'identité de la personne qui allait devoir poser la pierre noire à sa place, après qu’ils aient reconstruit la Kaaba. Chaque tribu dit alors : « C’est à nous que revient de déposer la pierre noire » ; chacune d’elles espérant obtenir le privilège et l’honneur de la poser. La divergence persista jusqu’à ce qu'ils faillissent même débuter les hostilités. Ils dirent ensuite : « Prenons quelqu’un pour arbitrer notre litige. Ce sera la première personne qui se présentera à nous. » Et la première personne qui se présenta à eux ne fut autre que le Prophète Muhammad (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui). Ils furent ravis et virent une bonne nouvelle en cela. Ils dirent : « Le loyal s’est présenté à nous, nous acceptons qu’il soit notre arbitre. » Ils l’informèrent donc du désaccord. Désormais informé, il demanda qu’on lui apporte une étoffe, au centre de laquelle il déposa la pierre noire. Il demanda ensuite aux représentants de chaque tribu de saisir un bout de l’étoffe, puis de la soulever, et lorsqu’ils atteignirent l’emplacement de la pierre, il l’attrapa avec sa main et la déposa à son endroit approprié. Ainsi, le litige fut résolu, alors qu’il avait failli déclencher une guerre entre les tribus. Ceci prouve sa grande intelligence.

 

La chasteté du Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui)

 

Avant la révélation, le Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui) était chaste ; il n’était point tenté par les plaisirs de cette vie et il n’entretenait avec les femmes aucune relation hors mariage, alors que ce type de relations était très répandu à l’époque antéislamique. Pourtant, il n’était pas non plus un moine refusant toute relation avec les femmes, et se maria donc avec Khadîja, qu’Allah l’agrée, alors qu’il avait vingt-cinq ans et elle quinze ans de plus que lui. D’elle, il eut tous ses enfants, filles ou garçons, excepté son fils Ibrâhîm.

 

Le Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui) et la société

 

Le Prophète n’avait pas un esprit solitaire et participait aux affaires de son peuple en trouvant des solutions à ses problèmes et en s’informant de ses préoccupations. Il fut présent lors des accords de « foudoûl » qui renfermaient les clauses suivantes : soutenir l’opprimé et demander des comptes à l’oppresseur. Il participa avec son peuple à la construction de la Kaaba. Il portait même les pierres de ses propres mains. D'ailleurs, Aboû Toufayl raconte : « Lors de la construction du temple, les gens transportaient les pierres, et le Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui) faisait de même. Pour porter la pierre, il prit son pan (partie d’étoffe cachant les parties sous le nombril) qu’il posa sur son épaule. Soudain une voix retentit : « Ne montre pas tes parties intimes. » Il jeta la pierre puis se revêtit et on ne l’aperçut plus jamais dénudé après cela. »[7]


Par contre, il ne participait pas aux adorations déviantes ni aux divertissements frivoles de son peuple. Il n’adora jamais de statues, ni ne se prosterna devant elles. Jamais il ne mangea d’une viande sacrifiée en l’honneur des statues, jamais il ne but d’alcool, comme jamais il ne joua aux jeux de hasard. Il n’assista jamais aux soirées musicales et dansantes, qui étaient pourtant très répandues à l’époque antéislamique. Allah lui a rendu cela détestable et lui fit aimer le silence, le recueillement, la réflexion et la méditation sur la vie, l’univers, les créatures et sur la vision humaine du monde. En quelque sorte, il fut préparé par son Seigneur à la prophétie, pour être apte à recevoir la révélation et transmettre le message céleste.

 

La modération du Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui) et son juste-milieu

 

Après la révélation, le caractère du Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui) se perfectionna plus encore et devint encore plus sublime. Ceci, grâce aux orientations de la révélation céleste et aux principes du Coran. Pour cette raison, lorsqu’on demanda à son épouse Aïcha, qu’Allah l’agrée, comment était le comportement du Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui), elle répondit : « Son comportement était le Coran. »[8]

 

La première caractéristique par laquelle se distinguait le Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui) était la modération, le juste-milieu et savait concilier les aspirations spirituels et matérielles de l’homme. Ceci selon la parole d’Allah :

« Et vise à travers ce que Dieu t’a donné, la demeure dernière, sans oublier ta part dans cette vie. »[9]

 

Trois hommes vinrent questionner les épouses du Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui) au sujet de la description de son adoration. Lorsqu’ils obtinrent la réponse, ils trouvèrent son adoration insuffisante et dirent : « Comment pourrions-nous atteindre le degré du Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui) alors que ses péchés antérieurs et futurs lui ont été pardonnés. » L’un d’entre eux dit : « Moi, je jeûnerai tous les jours sans interruption. » Le second dit : « Moi, je veillerai en prière toutes les nuits sans dormir. » Le troisième dit : « Moi, je ne me marierai jamais. » Lorsque le Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui) en fut informé, il se mit en colère et dit :

« Quant à moi, je jeûne et je mange, je prie la nuit et je m’endors, et je m’unis avec les femmes par le mariage : celui qui s’écarte de ma tradition (la sounna), ne fait point partie des miens. »[10]

 

Le Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui) et ses épouses

 

Quant au caractère du Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui) en tant qu’époux, il se distinguait par sa bienveillance, sa tendresse et sa douceur envers la femme. Il comprenait profondément la nature et les sentiments féminins. Le Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui) entretenait de bonnes relations avec ses femmes : il était toujours resplendissant, plaisantait avec elles et était remarquablement tendre. Il faisait preuve envers elle de largesse financière lorsqu’il le pouvait. Il riait avec elles, et, avant de dormir, discutait un moment avec elles pour les réconforter. Il alla même jusqu’à faire la course avec Aïcha, qu’Allah l’agrée, renforçant ainsi son amour. Elle dit : « Je fis la course avec le messager d’Allah (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui) et je le battis. Cela se produisit avant ma prise de poids. Lorsque je pris du poids, nous refîmes une course ensemble et il me battit puis me dit : « Cette fois, j’ai pris ma revanche (de la première course perdue) ! »[11]

 

Contemplez cette situation où l’on ressent l’effusion de tendresse, de douceur et de délicatesse. Aïcha, que Dieu l’agrée, rapporte que le Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui) lui dit : « Je sais lorsque tu es en colère (contre moi) et lorsque tu es satisfaite (de moi). » Elle dit : « Et comment sais-tu cela, ô Messager de Dieu ? » Il répondit : « Lorsque tu es satisfaite, tu dis : "Bien sûr, je jure par le Seigneur de Muhammad" et lorsque tu es en colère, tu dis : "Non, je jure par le Seigneur d’Abraham" » Elle acquiesça et dit : je jure par Allah, ô Messager d’Allah, il n’y a que ton nom que je puisse esquiver (en état de colère). »[12] Cela signifie que son amour pour lui (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui) est ancré à jamais dans son cœur et ne se transformera jamais.

 

Le Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui) et ses enfants

 

Quant au comportement du Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui) en tant que père, il se distinguait par sa clémence et sa compassion. Il priait en portant Oumâmah, sa petite-fille. Il la portait lorsqu’il se tenait debout et la posait lorsqu’il se prosternait.[13] Aussi, lorsqu’il se prosternait, Hassan et Houssein, ses deux petits-fils, montaient sur son dos et il ne cessait d’être en prosternation jusqu’à qu’ils aient pris leur part de distraction et pour ne pas les déranger dans leur amusement.[14]


Lorsque son fils Ibrâhîm mourut, il pleura et on lui dit : « Tu pleurs, ô Messager d’Allah ! Il dit : « Oui, c’est une miséricorde. » Ensuite, il dit : « Les yeux versent leurs larmes, le cœur est meurtri de tristesse, mais malgré cela, nous ne prononçons que ce qui plaît à notre Seigneur. Certainement, nous sommes tristes de devoir te quitter, ô Ibrâhîm ! »[15]

 

L’enseignement du Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui)

 

Quant au comportement du Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui) en tant qu’enseignant et éducateur, il était inégalé. Comment ne pourrait-il pas l’être, alors que lui-même a dit : « J’ai été envoyé en tant qu’enseignant. »[16] Et il dit également : « Allah ne m’a point envoyé aux gens pour leur rendre la vie difficile ou pour souhaiter leur perte ; Allah m’a plutôt envoyé en tant qu’enseignant et pour rendre aux gens la vie facile. »[17]

 

Parmi les exemples de sa douceur lors de son enseignement, ce que rapporte Anas Ibn Mâlik (qu’Allah l’agrée) où il dit : « Nous étions en compagnie du Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui), lorsque pénétra un bédouin qui se mit à uriner dans la mosquée. Les compagnons se dirigèrent vers lui en disant : « Arrête ! Arrête ! » Le Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui) dit : « Laissez-le et ne l’empêchez pas. » [C'est-à-dire laissez-le finir ses besoins et ne l'interrompez pas en plein dans son action, cela pourrait lui nuire.]

 

Ensuite, le Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui) le fit venir et lui dit : « Il n’est pas convenable de faire, dans les mosquées, ce genre d’actions comme uriner ou répandre toute autre impureté. Les mosquées ont au contraire été érigées pour évoquer Allah, pour prier et pour lire le Coran. » Le Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui) demanda ensuite à un compagnon de ramener un seau d’eau et le versa sur l’urine.[18]

 

Souvent, le Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui) prescrivait ses orientations de manière indirecte, de sorte qu’il ne désignait pas le fautif directement, mais disait : « Qu’ont les gens à commettre ceci et cela ? »[19] De cette façon, il respectait le fautif et ne compromettait pas sa réputation face aux gens en dévoilant ses péchés. Car dans ces conditions, la personne est plus à même d’accepter un conseil et de rectifier sa faute sans la réitérer.

 

La justice du Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui)

 

Quant au comportement du Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui) en tant que gouvernant et juge, il se distinguait à la perfection par son équité. Le Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui) jeta les bases de l’équité, qui garantissent à chaque membre de la société d’être jugé selon des lois solides, justes et inébranlables. Nos désirs ou notre colère n’ont aucune emprise sur elles. Elles ne peuvent être changées selon le lien de parenté ou le lignage, la richesse ou la pauvreté, la puissance ou la faiblesse. Ces lois suivent leur chemin et emploient le même poids et la même mesure pour tout le monde.

 

 Le Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui) dit :

« Ceux d’antan ont péri, car ils renonçaient à punir le noble lorsqu’il volait, tandis qu’ils s’empressaient de sanctionner le misérable s’il volait. Je jure par celui qui détient l’âme de Muhammad entre ses mains, si Fatima, fille de Muhammad, s’avérait être une voleuse, je lui couperais moi-même sa main ! »[20]

C’est donc avec beaucoup de puissance et de rigueur que le Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui) statua sur la question de l’application des lois. En Islam, il n’y a pas ni favoritisme, ni corruption, ni complaisance. La justice doit être appliquée à l’ensemble de la communauté et doit être acceptée par tous en tant que telle.

 

Le commandement du Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui)

 

Quant au comportement du Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui) en tant que chef de l'armée, il se distinguait par sa minutie dans la préparation de l’unité militaire. Il élaborait sa stratégie militaire, prenait conseil de ses com­pa­­­­gnons et de ses généraux, et tirait avantage de leur expérience. Pourtant, il n’avait recours à la guerre qu’en cas de force majeure, comme le dit si bien le proverbe : « aux grands maux, les grands remèdes. »


Malgré tout, les guerres et les batailles du Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui) suivaient une ligne de conduite précise. Cette ligne de conduite est à l’opposé des guerres barbares, qui ne renferment aucun but si ce n’est montrer sa force et détruire les infrastructures humaines. Quant au Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui), il interdisait de détruire toute construction, de brûler les palmeraies et les forêts, de massacrer le bétail, etc. Anas Ibn Mâlik (qu’Allah l’agrée) rapporte que le Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui) a dit :

 « Partez au nom d’Allah, en vue d’Allah et en suivant la religion du Messager d’Allah. Ne tuez point le faible vieillard, ni les petits enfants, ni les femmes, et ne vous appropriez pas le butin en le dissimulant, mais rassemblez-le. Soyez conciliants et bienfaisants, car Allah aime les bienfaisants. »[21]


Le Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui), en passant, vit une femme qui fut tuée pendant une bataille. Il se tint debout près d’elle et dit : « Cette femme n’avait pas à être tuée. » Puis, il regarda dans les yeux de ses compagnons et dit à l’un d’eux :

 « Rejoins Khâlid Ibn Al-Walîd (le commandant de l’armée) et ordonne-lui avec insistance qu’on ne doit pas tuer d’enfants, ni de travailleurs, ni de femmes. »[22]

 

L’adoration du Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui)

 

Quant au comportement du Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui) en tant qu’adorateur d’Allah, il se distinguait par une adoration parfaite, par une évocation de Dieu incessante, et par une reconnaissance et des éloges envers Dieu inégalées. Il veillait la nuit en prière jusqu’à ce que ses pieds se fendillent. Ses compagnons, le voyant dans cet état, lui dirent : « Ô Messager d’Allah ! Tu veilles en prière alors qu’Allah t’a pardonné tes péchés passés et futurs. » Le Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui) répondit : « Ne dois-je pas être un serviteur reconnaissant ! »[23]


Lorsqu’une chose le préoccupait, il se réfugiait dans la prière et disait : « Bilâl ! Appelle à la prière et apaise-nous [par elle]. »[24] Bilâl était celui qui appelait à la prière au temps du Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui).

 

Les fruits de ce comportement exemplaire

 

Quant au comportement du Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui) en tant que prêcheur, il se distingue [au début du 21ème siècle] par une communauté de plus d’un milliard trois cents millions d’adeptes qui sont fiers d’être liés à cette religion et à son Prophète. Cela montre que le comportement prophétique concernant le prêche était remarquable. Ceci d’autant plus que l’on sait comment le Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui) a fait preuve de patience face aux tribus arabes, malgré avoir subi, de leur part, humiliation, douleurs, exil, rejet et menaces de mort. Il n’invoqua pas contre eux et ne se vengea pas lorsqu’il vainquit et eut l’occasion de tous les tuer, mais il fit preuve d’une grande clémence par espoir qu’ils acceptent les principes de l’Islam. Toufeyl Ibn Amr Ad-Dawsy vint voir le Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui) et lui dit : « Ô Messager d’Allah ! La tribu de Daws a désobéi et ne veut nullement accepter l’Islam. Invoque donc contre elle. » Le Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui) se tint face à la qibla (direction de la Kaaba) et prépara son invocation en levant les mains. Dès lors, les gens autour s’exclamèrent : « La tribu de Daws est perdue ! La tribu de Daws est perdue ! À cet instant, le Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui) dit : « Ô Seigneur ! Guide la tribu de Daws et fais-les parvenir jusqu’ici. Guide la tribu de Daws et fais-les parvenir jusqu’ici. »[25] Le Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui) invoqua en leur faveur, et non contre eux comme le souhaitait Toufeyl, car il est une miséricorde et ne fut à aucun moment un supplice pour les gens. Allah  dit :

« Et nous ne t’avons envoyé que comme miséricorde pour l’univers »[26]

 

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Écrit par : Khâlid Abou Sâlih

 

Traduction et recherche des sources des hadiths: Abu Hamza Al-Germâny

 

Éditions : Madar Al-Watan

 

Publié par Le bureau de prêche de Rabwah (riyadh)

 

Nous tenons à remercier notre frère Mahmoud et notre frère Gilles Kervenn pour leur généreuse participation…

 

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[1] Rapporté par Mouslim.

[2] Rapporté par Boukhâry et Mouslim.

[3] (Les bestiaux, v.33)

[4] Rapporté par As-Souddî dans tafsîr At-Tabarî (volume 11, p. 333). Gilles Kervenn.

[5]Il y avait en effet une rivalité vivace entre la tribu de Muhammad (Banou Qousay, Qousay étant le fils de Abd Manâf) et celle de Abou Jahl dans l'attribution des fonctions de prestige à La Mecque. Et ceci, alors même qu'elles appartenaient toutes les deux à une même tribu plus grande, celle qui remontait à leur grand-père commun : Qouraïch ! C'est cette rivalité même qui a empêché Abou Jahl de suivre le Prophète (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui), car la tribu de Abou Jahl ne pouvait se targuer d'avoir enfanté un Prophète. Il a donc préféré renier la prophétie de Muhammad, car cela revenait, dans son esprit, à reconnaître que la tribu de Muhammad était plus prestigieuse que la sienne… Gilles Kervenn.

[6] Certains parmi eux ont toutefois fait preuve de courage et de foi en se convertissant à l'Islam, après avoir été suffisamment honnêtes et avoir reconnu publiquement ou secrètement la prophétie de Muhammad (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui), que ce soit du vivant même du Prophète, comme ce fut le cas de Abdullah Ibn Salam, qui était le plus savant des rabbins de Médine, ou bien après sa mort (que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur lui). Parmi les exemples les plus célèbres, on peut citer Ali Ibn Rabân At-Tabari (9ème siècle après J-C.), qui après avoir quitté le christianisme a écrit son livre « Ar-radd 'alaa asnâf an-nassârâ » (Réplique aux différents groupes chrétiens), ou encore le savant juif Samuel Ben Yahoudha Ben Abouan (12ème siècle après J-C.) qui a écrit après s'être converti à l'Islam « Badhlu-l-majhoud fii ifhâm al-yahoud » (L'effort déployé dans la réfutation des juifs), et plus récemment le révérend catholique David Benjamin Keldani qui, après s'être converti en 1904, a écrit son livre « Muhammad in the Bible », sans oublier l'abbé Jean-Marie Duchemin (1908-1988), le prêtre américain Yusuf Estes, et beaucoup d'autres encore. Gilles Kervenn.

[7] Rapporté par Ahmad et authentifié par Albâny.

[8] Rapporté par Mouslim.

[9] (Le récit, v.77)

[10] Rapporté par Boukhâry.

[11] Rapporté par Ahmad et Aboû Dawoûd et authentifié par Albâny.

[12] Rapporté par Boukhâry.

[13] Rapporté par Boukhâry.

[14] Rapporté par Nassâï et Al-Hâkim et authentifié par Dhahaby et Albâny.

[15] Rapporté par Boukhâry et Mouslim.

[16] Rapporté par Ibn Mâjah et Dârimy et authentifié par Albâny.

[17] Rapporté par Mouslim.

[18]Rapporté par Boukhâry et Mouslim.

[19]Rapporté par Boukhâry.

[20] Rapporté par Boukhâry et Mouslim.

[21] Rapporté par Aboû Dawoûd.

[22]Rapporté par Aboû Dawoûd et authentifié par Albâny.

[23] Rapporté par Boukhâry et Mouslim.

[24]Rapporté par Aboû Dawoûd et authentifié par Albâny.

[25] Rapporté par Boukhâry et Mouslim et cette version se trouve dans Adab al-moufrad où le hadith est authentifié par Albâny.

[26] (Les Prophètes, v.107)