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« On ne connaît pas la vérité par les hommes, mais connais donc la vérité, et après tu connaîtras ceux qui la suivent. »


Pourquoi l'enfant ressemble à l'un ou l'autre de ses parents ?

Publié par convertistoislam - l'islam pour tous sur 27 Juillet 2026, 15:35pm

Pourquoi l'enfant ressemble à l'un ou l'autre de ses parents ?

 

CONVERTISTOISLAM.FR  ·  DOSSIER D’APOLOGÉTIQUE

Pourquoi l’enfant ressemble-t-il

à l’un ou l’autre de ses parents ?

Les hadîths, les commentaires classiques, et l’objection scientifique

Comment répondre sans mentir ni reculer

 

AVANT TOUTE CHOSE — UN AVERTISSEMENT DE MÉTHODE

Ce dossier a été établi en revenant aux textes arabes des recueils et aux commentaires dans leur formulation originale. Cette vérification a imposé de corriger deux affirmations très répandues dans la littérature apologétique francophone — et présentes dans les versions antérieures de cet article.

La première : on lit partout que  les savants classiques avaient déjà écarté la lecture quantitative du hadîth . C’est faux. En-Nawawî mentionne expressément la quantité comme l’une des deux lectures possibles, et Ibn Hajar l’adopte pour expliquer la ressemblance. Bâtir une défense sur cette affirmation, c’est offrir à l’adversaire une réfutation en une seule citation.

La seconde : la répartition  _sabq_ → ressemblance / _‘ulûw_ → sexe , donnée partout comme la position d’Ibn Hajar, est présentée en sens inverse dans le texte du Fath el-Bârî tel qu’il circule aujourd’hui. Le point demande vérification sur une édition imprimée avant d’être affirmé.

La bonne nouvelle : l’argument réellement disponible dans les sources classiques est plus fort que celui qu’on répète. Il est exposé en section V.

 

I.  L’OBJECTION, POSÉE D’EMBLÉE

 

Un article qui n’énonce pas l’objection qu’il prétend traiter met le lecteur en défiance. Commençons donc par la formuler telle qu’elle est faite, dans sa version la plus forte :

L’OBJECTION ADVERSE

 Le hadîth affirme que lorsque le liquide de la femme l’emporte, l’enfant est une fille. Or la génétique établit que le sexe est déterminé par le chromosome — X ou Y — porté par le spermatozoïde fécondant. Le hadîth énonce donc une erreur biologique, et le Prophète ne faisait que répéter la médecine de son temps. 

 

Quatre questions doivent être posées, dans cet ordre, avant de conclure quoi que ce soit :

1.   Que dit exactement le texte arabe — et non la traduction que le contradicteur a lue ?

2.   Comment les savants musulmans l’ont-ils compris, des siècles avant la génétique ?

3.   Que la science établit-elle réellement, et sur quels points précisément ?

4.   Quelle est la portée d’une parole prophétique : décrit-elle un mécanisme, ou affirme-t-elle un fait ?

 

LE RÉSULTAT, ANNONCÉ D’AVANCE

La réponse n’est pas uniforme, et c’est ce qui fait sa solidité. Sur la ressemblance, l’objection est infondée : la science ne s’est jamais prononcée sur ce que le hadîth affirme. Sur le sexe, une difficulté réelle demeure — difficulté que les savants classiques avaient eux-mêmes identifiée et nommée, six siècles avant la découverte des chromosomes. Savoir la nommer vaut mieux que la maquiller.

II.  LE CONTEXTE : UNE QUESTION DE FIQH, NON D’EMBRYOLOGIE

 

Oum Suleym bint Milhân رضي الله عنها, mère d’Anas ibn Mâlik et épouse d’Abû Talha, vient interroger le Prophète ﷺ sur une question intime, en présence d’Oum Salama رضي الله عنها.

Ô Messager d’Allah, certes Allah n’a pas honte de la vérité. La femme doit-elle accomplir le ghusl si elle a un songe érotique ? » — « Oui, si elle constate l’écoulement du liquide. » Oum Salama se couvrit alors le visage et dit : « Ô Messager d’Allah, la femme a-t-elle donc un tel écoulement ? » — « Oui — que ta main se couvre de poussière ! Sinon, par quoi son enfant lui ressemblerait-il ?

El-Boukhârî n° 282 (Kitâb el-Ghousl) ; Mouslim n° 313 (Kitâb el-Hayd, ch. 7). Repris par el-Boukhârî dans le Kitâb el-‘Ilm, sous le chapitre « la pudeur dans la science ».

 

Le cadre initial est juridique : le bain rituel est-il obligatoire pour la femme ? La mention de la ressemblance n’intervient qu’en argument incident, pour établir que la femme a bien une émission. Ce point commande toute la suite : le hadîth n’est pas un exposé d’embryologie, c’est une réponse de fiqh appuyée sur un fait. Exiger de lui une description cellulaire, c’est lui imposer un genre littéraire qui n’est pas le sien.

III.  LE DOSSIER COMPLET DES TEXTES

 

Cinq textes composent ce dossier. La plupart des articles n’en citent que deux, ce qui explique une bonne part des confusions : les termes employés ne sont pas les mêmes d’un texte à l’autre, et c’est précisément là que se noue la difficulté.

1.  Anas ibn Mâlik — la version où les deux termes se rencontrent

… Certes le liquide de l’homme est épais et blanc, et le liquide de la femme est fluide et jaune. De celui des deux qui prévaut (‘alâ) ou devance (sabaqa), de celui-là vient la ressemblance.

إِنَّ مَاءَ الرَّجُلِ غَلِيظٌ أَبْيَضُ وَمَاءَ الْمَرْأَةِ رَقِيقٌ أَصْفَرُ فَمِنْ أَيِّهِمَا عَلَا أَوْ سَبَقَ يَكُونُ مِنْهُ الشَّبَهُ

Mouslim n° 311, Kitâb el-Hayd, ch. 7.

 

C’est la version la plus complète : les deux verbes — عَلَا (‘alâ, prévaloir) et سَبَقَ (sabaqa, devancer) — y figurent côte à côte, reliés par  ou . Toute la discussion des commentateurs part de là.

2.  ‘Abdullah ibn Salâm — la ressemblance, et les oncles maternels

‘Abdullah ibn Salâm رضي الله عنه, le plus savant des juifs de Médine, vient poser trois questions « que seul un prophète connaît ». Sa troisième question est plus précise qu’on ne le rapporte d’ordinaire :

D’où vient que l’enfant tire vers son père, et d’où vient qu’il tire vers ses oncles maternels ? » — Le Prophète ﷺ répondit : « … Quant à la ressemblance de l’enfant : lorsque l’homme s’unit à la femme et que son liquide à lui devance le sien, la ressemblance lui revient ; et si c’est le liquide de la femme qui devance, la ressemblance lui revient à elle.

وَمِنْ أَيِّ شَيْءٍ يَنْزِعُ الْوَلَدُ إِلَى أَبِيهِ وَمِنْ أَيِّ شَيْءٍ يَنْزِعُ إِلَى أَخْوَالِهِ

El-Boukhârî n° 3329, Kitâb Ahâdîth el-Anbiyâ’, ch. 1. Le Prophète ﷺ précise d’emblée : « Jibrîl vient de m’en informer à l’instant. »

 

DÉTAIL À NE PAS MANQUER

La question porte sur la ressemblance aux oncles maternels (أَخْوَالِهِ, akhwâl), et non seulement à la mère. Le hadîth reconnaît donc que l’enfant peut tenir de la lignée maternelle au-delà de sa mère elle-même — ce qui correspond exactement à la transmission d’allèles issus des grands-parents maternels, et à la réapparition de traits sautant une génération. Ce détail est absent de la quasi-totalité des articles sur le sujet ; il mérite d’être relevé.

3.  ‘Aïcha — la ressemblance aux oncles paternels ou maternels

Lorsque le liquide de l’homme prévaut sur le liquide de la femme, l’enfant ressemble à ses oncles paternels ; et lorsque le liquide de la femme prévaut sur celui de l’homme, il ressemble à ses oncles maternels.

إِذَا عَلَا مَاءُ الرَّجُلِ مَاءَ الْمَرْأَةِ أَشْبَهَ أَعْمَامَهُ وَإِذَا عَلَا مَاءُ الْمَرْأَةِ مَاءَ الرَّجُلِ أَشْبَهَ أَخْوَالَهُ

Mouslim, cité par Ibn Hajar dans le Fath el-Bârî (7/320). Ibn Hajar mentionne un texte semblable chez el-Bazzâr d’après Ibn Mas‘oûd.

 

Ce texte est capital et presque toujours omis : ici, c’est ‘alâ (prévaloir) — et non sabaqa — qui est rattaché à la ressemblance. C’est de la confrontation de ce hadîth avec le suivant que naîtra la difficulté relevée par Ibn Hajar.

4.  Thawbân — le sexe de l’enfant

Un rabbin vient éprouver le Prophète ﷺ. Après plusieurs questions sur l’au-delà, il annonce : « Je viens t’interroger sur une chose que nul sur terre ne connaît, hormis un prophète, ou un homme, ou deux. » Puis : « Je viens t’interroger au sujet de l’enfant. »

Le liquide de l’homme est blanc et le liquide de la femme est jaune. Lorsque les deux se réunissent et que le maniyy de l’homme prévaut sur le maniyy de la femme, ils engendrent un mâle, par la permission d’Allah. Et lorsque le maniyy de la femme prévaut sur celui de l’homme, ils engendrent une femelle, par la permission d’Allah.

فَإِذَا اجْتَمَعَا فَعَلَا مَنِيُّ الرَّجُلِ مَنِيَّ الْمَرْأَةِ أَذْكَرَا بِإِذْنِ اللَّهِ وَإِذَا عَلَا مَنِيُّ الْمَرْأَةِ مَنِيَّ الرَّجُلِ آنَثَا بِإِذْنِ اللَّهِ

Mouslim n° 315a, Kitâb el-Hayd, ch. 8 : « description du maniyy de l’homme et de la femme, et que l’enfant est créé de leurs deux liquides ». Le rabbin conclut : « Tu as dit vrai, et tu es certes un prophète. »

 

POINT DE LANGUE ARABE — SOUVENT DÉCISIF EN DÉBAT

Les deux verbes employés, أَذْكَرَا (adhkarâ) et آنَثَا (ânathâ), sont au duel. Littéralement :  *les deux* ont engendré un mâle / une femelle . Le texte n’attribue donc pas le sexe à un seul des deux apports : il l’attribue conjointement aux deux, la prévalence n’étant que la modalité de leur rencontre. Et l’intitulé même du chapitre chez Mouslim l’énonce : l’enfant est créé de leurs deux liquides.

5.  Ibn ‘Abbâs — la version qui réunit sexe et ressemblance

Ne savez-vous pas que le liquide de l’homme est blanc et épais, et que le liquide de la femme est jaune et fluide ? Celui des deux qui prévaut, l’enfant et la ressemblance en découlent, par la permission d’Allah. Si le liquide de l’homme prévaut sur celui de la femme, c’est un garçon, par la permission d’Allah ; et si le liquide de la femme prévaut sur celui de l’homme, c’est une fille, par la permission d’Allah.

Musnad Ahmad n° 2471. Cité et retenu par les commentateurs ; on préférera néanmoins s’appuyer sur Mouslim n° 315a, dont la chaîne est hors de discussion.

6.  Le fondement coranique

Certes, Nous avons créé l’homme d’une goutte de sperme mélangée (nutfatin amchâj), afin de l’éprouver.

Sourate el-Insân, 76:2.

 

À Allah appartient la royauté des cieux et de la terre. Il crée ce qu’Il veut. Il fait don de filles à qui Il veut, et Il fait don de garçons à qui Il veut.

Sourate ech-Choûrâ, 42:49.

 

La Sunna décrit un signe ; le Coran désigne la Cause. Et le hadîth de Thawbân se verrouille lui-même par la formule بِإِذْنِ اللَّهِbi idhnillâh,  par la permission d’Allah  — répétée deux fois. Aucune lecture déterministe du texte n’est possible : le Prophète ﷺ a lui-même subordonné le résultat à la volonté divine.

 

IV.  LE PIÈGE DES TRADUCTIONS

 

C’est un point à connaître avant tout débat, et il désarme d’un coup une bonne part de l’argumentaire adverse. La traduction anglaise diffusée par sunnah.com — la plus consultée au monde — ajoute au texte des termes qui n’existent pas en arabe.

 

Texte arabe réel

Traduction diffusée en ligne

مَاءُ الْمَرْأَةِ أَصْفَرُ — le liquide de la femme est jaune

that of woman (i.e. ovum central portion) yellow

عَلَا مَنِيُّ الرَّجُلِ مَنِيَّ الْمَرْأَةِ — le maniyy de l’homme prévaut sur celui de la femme

the male’s substance (chromosomes and genes) prevails

فَمِنْ أَيِّهِمَا عَلَا أَوْ سَبَقَ — de celui des deux qui prévaut ou devance

the one whose genes prevail or dominate

 

Ni ovum, ni chromosome, ni gène ne figurent dans la parole prophétique. Ces mots ont été insérés au XXe siècle par des traducteurs soucieux de  moderniser  le texte.

 

CONSÉQUENCE PRATIQUE

Un contradicteur qui cite cette traduction pour dénoncer une erreur scientifique ne cite pas le hadîth : il cite l’apologétique du XXᵉ siècle. Le lui montrer renverse la charge de la discussion.

Mais cela impose au musulman exactement la même rigueur : on ne défend pas une traduction, on défend l’arabe. Une apologétique qui s’appuie sur ces interpolations pour prouver un  miracle scientifique  est aussi irrecevable que la critique qui s’en sert pour prouver une erreur.

 

V.  CE QUE LES SAVANTS CLASSIQUES ONT RÉELLEMENT DIT

 

C’est ici que la littérature apologétique francophone se trompe le plus souvent — et que se trouve, une fois les textes rétablis, l’argument le plus solide du dossier.

En-Nawawî : deux lectures possibles, dont la quantité

En-Nawawî رحمه الله (m. 676 H), dans son commentaire de Sahîh Mouslim, rapporte :

Les savants ont dit : il est possible que ce qui est visé par la prévalence (el-‘ulûw) soit ici le devancement, et il est possible que ce qui soit visé soit l’abondance et la force, selon l’intensité du désir.

قَالَ الْعُلَمَاءُ: يَجُوزُ أَنْ يَكُونَ الْمُرَادُ بِالْعُلُوِّ هُنَا السَّبْقَ، وَيَجُوزُ أَنْ يَكُونَ الْمُرَادُ الْكَثْرَةَ وَالْقُوَّةَ بِحَسَبِ كَثْرَةِ الشَّهْوَةِ

En-Nawawî, el-Minhâj charh Sahîh Mouslim, commentaire du Kitâb el-Hayd.

 

CORRECTION NÉCESSAIRE

On lit partout qu’en-Nawawî  aurait écarté la lecture quantitative . Le texte dit le contraire : الْكَثْرَةَ (el-kathra, l’abondance) est expressément l’une des deux lectures qu’il retient comme possibles. Affirmer l’inverse expose à une réfutation immédiate par quiconque ouvre le Minhâj. La formulation exacte à retenir est : en-Nawawî laisse le sens ouvert, sans trancher — ce qui suffit amplement au propos.

El-Qurtubî : le sens apparent ne peut être maintenu

Il est nécessaire d’interpréter le hadîth de Thawbân en ce sens que ce qui est visé par la prévalence est le devancement.

قَالَ الْقُرْطُبِيُّ: يَتَعَيَّنُ تَأْوِيلُ حَدِيثِ ثَوْبَانَ بِأَنَّ الْمُرَادَ بِالْعُلُوِّ السَّبْقُ

El-Qurtubî, el-Mufhim, rapporté par Ibn Hajar dans le Fath el-Bârî (7/320).

 

Le verbe employé — يَتَعَيَّنُ,  il est *nécessaire*  — est fort. El-Qurtubî ne propose pas une lecture parmi d’autres : il juge que le sens apparent du texte ne peut pas être maintenu et qu’une interprétation s’impose.

Ibn Hajar : « et l’observation est contraire à cela »

Ibn Hajar el-‘Asqalânî رحمه الله (m. 852 H) confronte les textes entre eux, et c’est ici que se trouve la pièce maîtresse de tout le dossier :

Quant à ce qui figure chez Mouslim d’après Thawbân […] cela est problématique, en ce qu’il en découlerait que la ressemblance aux oncles paternels s’accompagne nécessairement du sexe masculin lorsque le liquide de l’homme prévaut, et inversement — or l’observation est contraire à cela, car l’enfant peut être un garçon et ressembler à ses oncles maternels et non à ses oncles paternels, et inversement.

فَهُوَ مُشْكِلٌ … وَالْمُشَاهَدُ خِلَافُ ذَلِكَ

Ibn Hajar, Fath el-Bârî, 7/320.

 

C’EST ICI QU’EST L’ARGUMENT — ET IL EST CLASSIQUE, NON MODERNE

Retenons ce qu’Ibn Hajar fait ici, six siècles avant la découverte des chromosomes :

Il qualifie le hadîth de Thawbân de مُشْكِلٌ — problématique. Un hadîth de Sahîh Mouslim. Sans que cela porte la moindre atteinte à son authenticité.

Il invoque l’observation du réelالْمُشَاهَدُ, el-mouchâhad, ce qui est constaté — comme argument contraignant pour écarter une lecture du texte.

Il en conclut qu’il faut réviser la compréhension, non le texte.

Autrement dit : ajuster sa lecture d’un hadîth authentique en fonction de ce que l’on constate n’est pas une concession moderne à la science. C’est un geste que le plus grand commentateur d’el-Boukhârî a posé lui-même, dans son commentaire, et que la tradition a reçu sans difficulté. Voilà l’argument à opposer à qui accuse le musulman de  réinterpréter après coup .

Une réserve à signaler honnêtement

Ibn Hajar propose ensuite une répartition entre les deux signes (sabq et ‘ulûw) pour lever la difficulté. Attention : cette répartition est donnée en sens inverse selon les rédactions du Fath el-Bârî qui circulent aujourd’hui, et il termine en rattachant la prévalence à l’abondance — بِحَسَبِ الْكَثْرَةِ، بِحَيْثُ يَصِيرُ الْآخَرُ مَغْمُورًا فِيهِ ( selon l’abondance, de sorte que l’autre s’y trouve submergé ). Ne reproduisez donc pas la répartition « sabq → ressemblance / ‘ulûw → sexe » comme étant la position d’Ibn Hajar sans avoir vérifié une édition imprimée du Fath el-Bârî, tome 7, page 320. Ce qui est certain et suffisant, c’est ce qui figure dans l’encadré ci-dessus.

Ce qu’aucun d’eux n’a prétendu

Aucun de ces savants n’a affirmé que le hadîth livrait une théorie de la génération. Ils commentaient un signe (عَلَامَة, ‘alâma) donné en réponse à une question précise. Et plusieurs ont explicitement reconnu ne pas connaître le détail du mécanisme désigné. Cette réserve n’est pas une faiblesse à dissimuler : c’est le fondement même de la réponse contemporaine.

 

 

 

VI.  CE QUE DIT LA SCIENCE — EN DISTINGUANT LES DEUX QUESTIONS

 

La plupart des articles échouent ici en traitant  le hadîth  comme un bloc face à  la science . Or les deux affirmations n’ont pas du tout le même statut. Les séparer donne un terrain ferme sur la moitié du sujet, au lieu d’une position défensive partout.

 

Affirmation du hadîth

Statut face à la science

Position à tenir

La ressemblance suit le devancement (sabaqa)

Jamais testée. Aucune étude n’existe.

Rien à concéder

Le sexe suit la prévalence (‘alâ)

En tension avec la détermination chromosomique

Difficulté réelle, à nommer

La femme a un apport réel

Confirmée

Point fort

L’enfant procède des deux apports

Confirmée

Point fort

 

A.  La ressemblance : l’objection est infondée

Le contradicteur affirme :  la science a réfuté l’idée que la ressemblance dépende du devancement des liquides.  C’est faux — non parce que la science le confirmerait, mais parce que la science ne s’est jamais prononcée.

Aucune étude n’a jamais mesuré la chronologie relative des émissions lors d’une conception pour la corréler à la ressemblance de l’enfant. Le protocole n’existe pas ; la question n’a jamais été posée à un laboratoire. Prétendre qu’un fait est « réfuté » alors qu’il n’a jamais été examiné est un abus de langage, et il faut le relever fermement.

Ce que la science établit, c’est par quoi la ressemblance est portée : combinaison allélique, dominance et récessivité, empreinte génomique (découverte en 1984 : certains gènes ne s’expriment qu’en fonction de leur origine paternelle ou maternelle), facteurs épigénétiques. Elle décrit le support de la ressemblance. Elle ne dit rien sur ce qui, en amont, oriente le tirage.

Notons de surcroît que l’idée d’un apport parental qui  prend le dessus  sur l’autre pour l’expression d’un caractère n’est pas étrangère à la biologie : c’est littéralement le vocabulaire de la dominance allélique et de l’empreinte génomique. Le rapprochement ne prouve rien — et il ne faut pas le présenter comme une preuve — mais il interdit de traiter le vocabulaire du hadîth d’absurde.

B.  Le sexe : la difficulté réelle

Il faut nommer la chose sans détour. Le sexe chromosomique est déterminé par le gamète paternel : un spermatozoïde porteur d’un Y donne XY, un spermatozoïde porteur d’un X donne XX. Ce n’est pas une théorie interprétative révisable, mais une observation directe au caryotype, établie depuis les travaux de Nettie Stevens et E. B. Wilson en 1905 et confirmée depuis par des centaines de millions d’examens. Il serait déraisonnable d’espérer une rétractation.

Une lecture qui ferait dire au hadîth que  le liquide féminin, en plus grande quantité, produit une fille  entre donc en conflit avec un fait établi. Et il faut reconnaître qu’en-Nawawî et Ibn Hajar admettaient l’un et l’autre la lecture quantitative comme possible. On ne peut donc pas se retrancher derrière  les Anciens l’avaient déjà écartée .

 

Deux positions restent disponibles, et il faut être honnête sur leur statut respectif :

POSITION 1 — RECEVABLE, MAIS NON DÉMONTRÉE

عَلَا désigne une relation dont le mécanisme n’est pas précisé, et la détermination chromosomique en est une réalisation possible : c’est bien un facteur qui  l’emporte  et fixe le sexe. Cette lecture est plausible et non contredite. Mais elle n’est pas démontrée, et il ne faut pas la présenter comme telle. Le contradicteur objectera, non sans raison :  le texte parle du liquide, pas du chromosome. 

 

POSITION 2 — LA PLUS SOLIDE

Reconnaître que nous ne savons pas à quoi عَلَا renvoie exactement, et que l’ignorance du mécanisme n’est pas la fausseté de l’affirmation.

Nous tenons le rapport pour véridique parce qu’il est authentiquement transmis dans les deux Sahîh ; nous n’en prétendons pas connaître le détail. C’est la position constante des gens de la Sunna devant toute information révélée : la transmission fonde la certitude, la compréhension exhaustive n’est pas exigée.

Et c’est exactement le geste d’Ibn Hajar : constater la difficulté, refuser de forcer le texte, ne pas toucher à son authenticité.

 

Prétendre avoir résolu élégamment cette difficulté serait malhonnête. La reconnaître ouvertement est plus fort : cela retire au contradicteur l’argument qu’il attend, celui de la mauvaise foi apologétique.

C.  Le liquide féminin — et une correction historique nécessaire

La physiologie moderne reconnaît l’existence de sécrétions féminines liées à l’orgasme, distinctes de l’urine (glandes de Skene, dites « prostate féminine », dont le liquide contient du PSA). Et, au sens de la génération, la contribution maternelle directe à l’embryon par l’ovocyte est établie.

CORRECTION : NE PLUS ÉCRIRE « LA MÉDECINE GRECQUE IGNORAIT LA SEMENCE FÉMININE »

Cette formulation, très répandue, est historiquement fausse et sera retournée en quelques secondes par un contradicteur cultivé. Elle est vraie d’Aristote, qui attribuait au mâle la forme et à la femelle la seule matière. Mais Hippocrate et Galien admettaient une semence féminine ; Hippocrate liait même le sexe de l’enfant à la  force  relative des deux semences.

Formulation correcte à retenir :  Une part importante de la médecine antique, notamment le courant aristotélicien qui a dominé la pensée savante pendant des siècles, minorait l’apport féminin à la génération. Le hadîth affirme au contraire un apport féminin réel et déterminant. 

 

Et ne pas surinterpréter : le hadîth parle d’un liquide observable (مَاء, mâ’ ; مَنِيّ, maniyy), jaune et fluide. Il ne décrit pas l’ovocyte, cellule invisible à l’œil nu. Écrire  le Prophète ﷺ a décrit l’ovule  est une surinterprétation qui se retourne immédiatement contre celui qui l’avance.

D.  « C’est du Hippocrate » — objection anticipée par le texte lui-même

Le contradicteur avancé dira : ce discours sur deux semences dont l’une l’emporte existait déjà dans la médecine grecque ; il n’y a là aucune révélation.

La réponse est dans le hadîth de Thawbân lui-même. Le rabbin annonce, avant même de poser sa question :  une chose que nul sur terre ne connaît, *hormis un prophète, ou un homme, ou deux* . Le texte affirme donc explicitement que cette connaissance existait chez un très petit nombre de savants — ce qui recoupe exactement l’existence d’une tradition médicale savante détenue par quelques-uns.

L’argument probant, dans le récit, n’est pas la nouveauté de l’information : c’est qu’un homme illettré de La Mecque, qui n’avait fréquenté aucune école de médecine, réponde exactement ce que le rabbin savait déjà et venait vérifier. D’où sa conclusion immédiate :  Tu as dit vrai, et tu es certes un prophète.  Le hadîth ne se présente jamais comme une révélation scientifique inédite. Il se présente comme un signe de prophétie.

 

VII.  LA MÉTHODE : DISTINGUER LE TEXTE DE LA LECTURE QU’ON LUI IMPOSE

 

Le principe d’Ibn Taymiyya

Cheykh el-Islâm Ibn Taymiyya رحمه الله, dans Dar’ Ta‘ârud el-‘Aql wa n-Naql, pose qu’il ne peut exister de contradiction réelle entre un texte révélé authentique et une réalité établie avec certitude. Quand une contradiction apparaît, l’une de trois choses est vraie :

 

Hypothèse

Application au présent dossier

1.  Le texte n’est pas authentique

Exclu — el-Boukhârî et Mouslim

2.  La  certitude  scientifique n’en est pas une

Exclu pour le caryotype. Valable en revanche pour la ressemblance, sur laquelle la science ne s’est jamais prononcée

3.  Notre compréhension du texte est déficiente

C’est la voie — et Ibn Hajar y était déjà, avant toute génétique

 

La mise en garde classique sur le tafsîr ‘ilmî

Cette prudence n’est pas une invention moderne. Ech-Châtibî رحمه الله (m. 790 H) consacre dans el-Muwâfaqât un développement à réfuter ceux qui prétendent trouver dans le Coran toutes les sciences des Anciens et des Modernes : les Compagnons, qui le comprenaient mieux que quiconque, n’ont jamais tenu ce discours. (Reformulation du propos ; voir el-Muwâfaqât, Kitâb el-Maqâsid, discussion sur les sciences attribuées au Coran — à sourcer précisément avant publication.)

 

LA RAISON DE FOND

Rattacher la Révélation à une théorie, c’est lui faire épouser le sort de cette théorie. Ce que l’on prouve par la science du jour se réfute par la science du lendemain. La Révélation est absolue ; les grilles de lecture scientifiques sont, par construction, révisables.

 

 


 

Cette position est celle des comités de fatwa contemporains de la voie sunnite. Le site el-Islâm Su’âl wa Jawâb (fatwa n° 426678), traitant précisément de ce hadîth, formule la règle ainsi : les indications de cet ordre présentes dans le langage de la Loi sont, dans la plupart des cas, l’expression de phénomènes dans le vocabulaire de leur époque ; la Révélation n’est  ni un livre de médecine, ni d’astronomie, ni de physique, mais un livre de guidance . Et de conclure qu’un hadîth authentique et une expérimentation établie ne s’opposent pas comme deux contradictoires.

 

D’autres savants contemporains sont couramment cités sur ce point (Ibn ‘Uthaymîn, el-Albânî, Bakr Abû Zayd, Sâlih Âl ech-Cheykh, ‘Abd el-Muhsin el-‘Abbâd). N’en citer aucun sans disposer d’une source écrite ou audio précise : une citation approximative attribuée à un savant est un défaut plus grave que l’absence de citation.

Une objection à ne pas esquiver : « mais Jibrîl le lui a dit »

Un contradicteur informé remarquera que les deux hadîths attribuent explicitement l’information à la Révélation :  Jibrîl vient de m’en informer  (Boukhârî 3329),  je n’en avais aucune connaissance jusqu’à ce qu’Allah me l’apporte  (Mouslim 315a). Il en conclura qu’on ne peut pas invoquer un  langage adapté à l’époque , puisque le texte revendique une origine divine.

La remarque est juste, et la réponse ne consiste pas à reculer. Une information d’origine divine est vraie ; elle n’est pas pour autant exhaustive. La Révélation énonce constamment des vérités à un niveau de description qui n’épuise pas le réel : le Coran dit que la pluie descend du ciel sans décrire le cycle de l’eau, et nul n’y voit une erreur. De même ici : sabaqa et ‘alâ énoncent une réalité vraie sans en livrer le mécanisme. Notre ignorance du « comment » ne dit rien contre le « que ».

 

VIII.  RÉPONSE DIRECTE À L’OBJECTION PRINCIPALE

 

OBJECTION

 Le père détermine toujours le sexe par le chromosome Y. Le hadîth dit que la femme peut le déterminer. Donc le hadîth est faux. 

 

1.  Le texte ne dit pas ce que vous lui faites dire

عَلَا signifie  prévaloir, l’emporter . Et surtout, les verbes qui suivent sont au duel :  *les deux* ont engendré un mâle . Le hadîth n’attribue pas le sexe à un seul apport, il l’attribue aux deux conjointement, la prévalence n’étant que la modalité de leur rencontre. C’est d’ailleurs l’intitulé du chapitre chez Mouslim.

2.  Et si vous citez une traduction contenant « chromosomes » ou « ovule »

Ces mots ne sont pas dans l’arabe. Vous ne critiquez pas le hadîth : vous critiquez une traduction apologétique du XXᵉ siècle — que nous rejetons aussi.

3.  Le hadîth ne prétend pas exposer un mécanisme

Il répond à une question posée dans un cadre juridique, puis à une question de vérification posée par un rabbin. Il affirme un fait, non une biologie. Le Prophète ﷺ y subordonne d’ailleurs le résultat à la permission d’Allah, deux fois dans la même phrase.

4.  La difficulté que vous soulevez, nos savants l’avaient nommée avant vous

Ibn Hajar, au IXᵉ siècle de l’Hégire, a qualifié ce hadîth de مُشْكِلٌ et écarté une de ses lectures au motif que الْمُشَاهَدُ خِلَافُ ذَلِكَl’observation est contraire à cela. Six cents ans avant la découverte des chromosomes, la tradition sunnite tenait déjà que le réel constaté contraint notre lecture d’un texte, sans porter atteinte à son authenticité. Ce que vous appelez une réinterprétation opportuniste est une méthode attestée dans le Fath el-Bârî.

5.  Et sur ce qui reste

Nous ne savons pas à quoi عَلَا renvoie exactement. Nous ne le prétendons pas. Nous tenons le rapport pour véridique parce qu’il est authentiquement transmis, et nous laissons ouvert ce que nous ignorons. Une contradiction entre un texte et une lecture du texte n’est pas une contradiction entre un texte et le réel.

IX.  AUTRES OBJECTIONS FRÉQUENTES

 

« La science montre que la ressemblance ne dépend pas de l’ordre d’arrivée des liquides. »

Elle ne montre rien de tel : aucune étude n’a jamais testé cette corrélation. La science décrit le support génétique de la ressemblance, pas ce qui oriente le tirage en amont. Affirmer qu’une chose est réfutée alors qu’elle n’a jamais été examinée est un abus de langage.

« Le liquide “jaune et fluide” n’est pas l’ovule. »

Exact, et nous ne prétendons pas le contraire. Le hadîth décrit un liquide observable. Ce qu’il établit, c’est l’existence d’un apport féminin réel dans la génération. Que cet apport passe biologiquement par l’ovocyte est une donnée que la science a ajoutée, non une donnée que le hadîth affirmait.

« Vous réinterprétez après coup pour coller à la science. »

C’est l’objection la plus sérieuse, et elle a une réponse datée : el-Qurtubî (m. 671 H) jugeait déjà qu’une interprétation du hadîth de Thawbân  s’impose , et Ibn Hajar (m. 852 H) écartait une lecture au nom de l’observation — plusieurs siècles avant la découverte des chromosomes. Ce n’est pas une relecture opportuniste : c’est une démarche attestée dans les sources classiques. À l’inverse, ce sont les traductions modernes ajoutant  chromosomes and genes  entre parenthèses qui constituent, elles, une véritable relecture après coup — et nous les rejetons.

« Si cela vient d’Allah, cela devrait être exact dans tous les détails. »

Cela l’est, dans ce qui est affirmé. Mais la Révélation ne prétend nulle part épuiser la description du réel. Elle énonce des vérités au niveau qui sert son objet — ici, une règle de purification, puis un signe de prophétie. Exiger d’un hadîth de fiqh l’exhaustivité d’un traité de génétique, c’est se tromper de texte.

« Le hadîth de Thawbân est le seul à mentionner le sexe : n’est-ce pas suspect ? »

Le hadîth est dans Sahîh Mouslim et son authenticité n’est pas contestée. On notera cependant que certains contemporains ont posé la question de la mémorisation de ce membre de phrase précis (voir la fatwa Islamweb n° 202375), le reste des versions concordantes ne mentionnant que la ressemblance. Mieux vaut ne pas s’engager sur ce terrain : la position solide consiste à défendre le hadîth tel qu’il est transmis, sans chercher d’échappatoire dans une critique de son texte.

 

 

 

X.  CE QU’IL NE FAUT JAMAIS DÉFENDRE

 

L’honnêteté intellectuelle est plus utile à la da‘wa que l’esquive. Chacun des points suivants se réfute en deux minutes devant un contradicteur informé, et discrédite tout le reste de l’argumentation.

 

✗   Que le volume de liquide déciderait du sexe.  C’est contredit par le caryotype, et le hadîth n’emploie pas de vocabulaire de quantité.

✗   Que « la science moderne a confirmé ce hadîth ».  Elle a confirmé l’apport féminin et l’origine double de l’enfant. Elle n’a confirmé ni «عَلَا» ni «سَبَقَ».

✗   Que « les savants classiques avaient écarté la lecture quantitative ».  En-Nawawî la retient expressément comme possible, et Ibn Hajar l’adopte. Vérifiable en une minute.

✗   Que « la génétique changera peut-être d’avis ».  Le caryotype est un constat, pas une opinion. Cet argument sonne comme une échappatoire.

✗   Des traductions interpolées.  Ni « gènes », ni « chromosomes », ni « ovule » ne sont dans l’arabe. Irrecevable dans un sens comme dans l’autre.

✗   Que le hadîth « décrivait l’ovocyte ».  Surinterprétation. Le texte décrit un liquide observable.

✗   Que la médecine grecque ignorait la semence féminine.  Aristote la minorait ; Hippocrate et Galien l’admettaient.

✗   Une répartition sabq / ‘ulûw attribuée à Ibn Hajar sans vérification.  Le texte du Fath el-Bârî tel qu’il circule la donne en sens inverse de ce qu’on lit partout.

XI.  RÉPONSE EN SOIXANTE SECONDES

 

À MÉMORISER POUR LE DÉBAT ORAL

Le hadîth n’est pas un cours de génétique : c’est une réponse de droit sur l’obligation du bain rituel, puis un signe de prophétie devant un rabbin venu vérifier ce qu’il savait déjà.

Il affirme trois choses : la femme a un apport réel dans la génération ; il existe entre les deux apports une relation de devancement et de prévalence ; et le résultat relève de la permission d’Allah — le texte le dit deux fois.

Les verbes du hadîth sont au duel :  *les deux* ont engendré un mâle . Le sexe n’est pas attribué à un seul apport.

Sur la ressemblance, aucune étude n’a jamais testé ce que le hadîth affirme : parler de réfutation est un abus. Sur le sexe, la détermination chromosomique est établie, et nous ne prétendons pas savoir à quoi la prévalence renvoie exactement — mais un texte n’est pas faux parce que nous n’en connaissons pas le mécanisme.

Et cette prudence n’est pas moderne : Ibn Hajar a qualifié ce hadîth de « problématique » et écarté une de ses lectures parce que « l’observation est contraire à cela » — six siècles avant les chromosomes.

Enfin, si vous citez une traduction où figurent les mots  chromosomes  ou  ovule , sachez qu’ils ne sont pas dans l’arabe. Nous rejetons cette traduction aussi.

XII.  LES ENSEIGNEMENTS À RETENIR

 

1.   La pudeur n’interdit pas la science.

El-Boukhârî a classé ce hadîth sous  la pudeur dans la science . Oum Suleym رضي الله عنها ouvre par :  Allah n’a pas honte de la vérité.  L’islam n’a jamais fait de l’ignorance une vertu, ni du corps un tabou.

2.   La femme contribue réellement à la génération.

Affirmé contre le courant savant dominant de l’époque, et confirmé depuis. Le chapitre de Mouslim l’énonce : l’enfant est créé de leurs deux liquides.

3.   Les causes secondes n’annulent pas la Volonté divine.

بِإِذْنِ اللَّهِ, répété deux fois, et ech-Choûrâ 42:49. Que la science décrive le comment n’atteint pas le par Qui.

4.   Un fils ou une fille est un don, non un mérite.

 Il fait don de filles à qui Il veut.  Le texte coupe à la racine le reproche fait à l’épouse sur le sexe de ses enfants — reproche encore vivant, et que ce dossier réfute doublement : religieusement, puisque c’est un don d’Allah ; et textuellement, puisque le hadîth attribue le résultat aux deux conjoints ensemble.

 

 

A.  ANNEXE A — RÉFÉRENCES VÉRIFIÉES

 

Hadîth

Rapporteur

Référence

Terme clé

Ghusl de la femme

Oum Salama

Boukhârî 282 ; Mouslim 313

contexte juridique

Version combinée

Anas / Oum Suleym

Mouslim 311 — el-Hayd, ch. 7

‘alâ et sabaqa

Ressemblance (oncles maternels)

‘Abdullah ibn Salâm

Boukhârî 3329 — Anbiyâ’, ch. 1

sabaqa

Ressemblance (oncles ⁄ deux lignées)

‘Aïcha

Mouslim, cité in Fath 7/320

‘alâ

Sexe de l’enfant

Thawbân

Mouslim 315a — el-Hayd, ch. 8

‘alâ, verbes au duel

Version réunissant les deux

Ibn ‘Abbâs

Musnad Ahmad 2471

‘alâ

Pudeur dans la science

Oum Salama

Boukhârî, Kitâb el-‘Ilm

intitulé du chapitre

 

Les numéros de Mouslim suivent la numérotation de Fu’âd ‘Abd el-Bâqî. Les numéros figurant dans la version d’origine de cet article (« Mouslim 469 », « Mouslim -710 ») ne correspondent à aucune numérotation courante et doivent être supprimés.

 

Commentaires classiques

Savant

Ouvrage

Apport

En-Nawawî (m. 676 H)

El-Minhâj charh Sahîh Mouslim

Deux lectures possibles de la prévalence : le devancement, ou l’abondance et la force selon l’intensité du désir

El-Qurtubî (m. 671 H)

El-Mufhim

Une interprétation du hadîth de Thawbân  s’impose  : la prévalence doit s’entendre comme devancement

Ibn Hajar (m. 852 H)

Fath el-Bârî, 7/320

Qualifie le hadîth de Thawbân de  problématique  et écarte une lecture parce que  l’observation est contraire à cela 

Ibn el-Qayyim (m. 751 H)

Touhfat el-Mawdoûd

Les causes secondes demeurent soumises au décret divin

Ech-Châtibî (m. 790 H)

El-Muwâfaqât

Réfutation de ceux qui prétendent trouver toutes les sciences dans la Révélation

Ibn Taymiyya (m. 728 H)

Dar’ Ta‘ârud el-‘Aql wa n-Naql

Pas de contradiction réelle entre texte authentique et réalité établie

 

 

وَاللَّهُ أَعْلَمُ

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