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Un article qui n’énonce pas l’objection qu’il prétend traiter met le lecteur en défiance. Commençons donc par la formuler telle qu’elle est faite, dans sa version la plus forte :
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Quatre questions doivent être posées, dans cet ordre, avant de conclure quoi que ce soit :
1. Que dit exactement le texte arabe — et non la traduction que le contradicteur a lue ?
2. Comment les savants musulmans l’ont-ils compris, des siècles avant la génétique ?
3. Que la science établit-elle réellement, et sur quels points précisément ?
4. Quelle est la portée d’une parole prophétique : décrit-elle un mécanisme, ou affirme-t-elle un fait ?
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Oum Suleym bint Milhân رضي الله عنها, mère d’Anas ibn Mâlik et épouse d’Abû Talha, vient interroger le Prophète ﷺ sur une question intime, en présence d’Oum Salama رضي الله عنها.
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Le cadre initial est juridique : le bain rituel est-il obligatoire pour la femme ? La mention de la ressemblance n’intervient qu’en argument incident, pour établir que la femme a bien une émission. Ce point commande toute la suite : le hadîth n’est pas un exposé d’embryologie, c’est une réponse de fiqh appuyée sur un fait. Exiger de lui une description cellulaire, c’est lui imposer un genre littéraire qui n’est pas le sien.
Cinq textes composent ce dossier. La plupart des articles n’en citent que deux, ce qui explique une bonne part des confusions : les termes employés ne sont pas les mêmes d’un texte à l’autre, et c’est précisément là que se noue la difficulté.
1. Anas ibn Mâlik — la version où les deux termes se rencontrent
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C’est la version la plus complète : les deux verbes — عَلَا (‘alâ, prévaloir) et سَبَقَ (sabaqa, devancer) — y figurent côte à côte, reliés par ou . Toute la discussion des commentateurs part de là.
2. ‘Abdullah ibn Salâm — la ressemblance, et les oncles maternels
‘Abdullah ibn Salâm رضي الله عنه, le plus savant des juifs de Médine, vient poser trois questions « que seul un prophète connaît ». Sa troisième question est plus précise qu’on ne le rapporte d’ordinaire :
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3. ‘Aïcha — la ressemblance aux oncles paternels ou maternels
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Ce texte est capital et presque toujours omis : ici, c’est ‘alâ (prévaloir) — et non sabaqa — qui est rattaché à la ressemblance. C’est de la confrontation de ce hadîth avec le suivant que naîtra la difficulté relevée par Ibn Hajar.
4. Thawbân — le sexe de l’enfant
Un rabbin vient éprouver le Prophète ﷺ. Après plusieurs questions sur l’au-delà, il annonce : « Je viens t’interroger sur une chose que nul sur terre ne connaît, hormis un prophète, ou un homme, ou deux. » Puis : « Je viens t’interroger au sujet de l’enfant. »
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5. Ibn ‘Abbâs — la version qui réunit sexe et ressemblance
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6. Le fondement coranique
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La Sunna décrit un signe ; le Coran désigne la Cause. Et le hadîth de Thawbân se verrouille lui-même par la formule بِإِذْنِ اللَّهِ — bi idhnillâh, par la permission d’Allah — répétée deux fois. Aucune lecture déterministe du texte n’est possible : le Prophète ﷺ a lui-même subordonné le résultat à la volonté divine.
C’est un point à connaître avant tout débat, et il désarme d’un coup une bonne part de l’argumentaire adverse. La traduction anglaise diffusée par sunnah.com — la plus consultée au monde — ajoute au texte des termes qui n’existent pas en arabe.
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Ni ovum, ni chromosome, ni gène ne figurent dans la parole prophétique. Ces mots ont été insérés au XXe siècle par des traducteurs soucieux de moderniser le texte.
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C’est ici que la littérature apologétique francophone se trompe le plus souvent — et que se trouve, une fois les textes rétablis, l’argument le plus solide du dossier.
En-Nawawî : deux lectures possibles, dont la quantité
En-Nawawî رحمه الله (m. 676 H), dans son commentaire de Sahîh Mouslim, rapporte :
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El-Qurtubî : le sens apparent ne peut être maintenu
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Le verbe employé — يَتَعَيَّنُ, il est *nécessaire* — est fort. El-Qurtubî ne propose pas une lecture parmi d’autres : il juge que le sens apparent du texte ne peut pas être maintenu et qu’une interprétation s’impose.
Ibn Hajar : « et l’observation est contraire à cela »
Ibn Hajar el-‘Asqalânî رحمه الله (m. 852 H) confronte les textes entre eux, et c’est ici que se trouve la pièce maîtresse de tout le dossier :
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Ibn Hajar propose ensuite une répartition entre les deux signes (sabq et ‘ulûw) pour lever la difficulté. Attention : cette répartition est donnée en sens inverse selon les rédactions du Fath el-Bârî qui circulent aujourd’hui, et il termine en rattachant la prévalence à l’abondance — بِحَسَبِ الْكَثْرَةِ، بِحَيْثُ يَصِيرُ الْآخَرُ مَغْمُورًا فِيهِ ( selon l’abondance, de sorte que l’autre s’y trouve submergé ). Ne reproduisez donc pas la répartition « sabq → ressemblance / ‘ulûw → sexe » comme étant la position d’Ibn Hajar sans avoir vérifié une édition imprimée du Fath el-Bârî, tome 7, page 320. Ce qui est certain et suffisant, c’est ce qui figure dans l’encadré ci-dessus.
Ce qu’aucun d’eux n’a prétendu
Aucun de ces savants n’a affirmé que le hadîth livrait une théorie de la génération. Ils commentaient un signe (عَلَامَة, ‘alâma) donné en réponse à une question précise. Et plusieurs ont explicitement reconnu ne pas connaître le détail du mécanisme désigné. Cette réserve n’est pas une faiblesse à dissimuler : c’est le fondement même de la réponse contemporaine.
La plupart des articles échouent ici en traitant le hadîth comme un bloc face à la science . Or les deux affirmations n’ont pas du tout le même statut. Les séparer donne un terrain ferme sur la moitié du sujet, au lieu d’une position défensive partout.
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A. La ressemblance : l’objection est infondée
Le contradicteur affirme : la science a réfuté l’idée que la ressemblance dépende du devancement des liquides. C’est faux — non parce que la science le confirmerait, mais parce que la science ne s’est jamais prononcée.
Aucune étude n’a jamais mesuré la chronologie relative des émissions lors d’une conception pour la corréler à la ressemblance de l’enfant. Le protocole n’existe pas ; la question n’a jamais été posée à un laboratoire. Prétendre qu’un fait est « réfuté » alors qu’il n’a jamais été examiné est un abus de langage, et il faut le relever fermement.
Ce que la science établit, c’est par quoi la ressemblance est portée : combinaison allélique, dominance et récessivité, empreinte génomique (découverte en 1984 : certains gènes ne s’expriment qu’en fonction de leur origine paternelle ou maternelle), facteurs épigénétiques. Elle décrit le support de la ressemblance. Elle ne dit rien sur ce qui, en amont, oriente le tirage.
Notons de surcroît que l’idée d’un apport parental qui prend le dessus sur l’autre pour l’expression d’un caractère n’est pas étrangère à la biologie : c’est littéralement le vocabulaire de la dominance allélique et de l’empreinte génomique. Le rapprochement ne prouve rien — et il ne faut pas le présenter comme une preuve — mais il interdit de traiter le vocabulaire du hadîth d’absurde.
B. Le sexe : la difficulté réelle
Il faut nommer la chose sans détour. Le sexe chromosomique est déterminé par le gamète paternel : un spermatozoïde porteur d’un Y donne XY, un spermatozoïde porteur d’un X donne XX. Ce n’est pas une théorie interprétative révisable, mais une observation directe au caryotype, établie depuis les travaux de Nettie Stevens et E. B. Wilson en 1905 et confirmée depuis par des centaines de millions d’examens. Il serait déraisonnable d’espérer une rétractation.
Une lecture qui ferait dire au hadîth que le liquide féminin, en plus grande quantité, produit une fille entre donc en conflit avec un fait établi. Et il faut reconnaître qu’en-Nawawî et Ibn Hajar admettaient l’un et l’autre la lecture quantitative comme possible. On ne peut donc pas se retrancher derrière les Anciens l’avaient déjà écartée .
Deux positions restent disponibles, et il faut être honnête sur leur statut respectif :
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Prétendre avoir résolu élégamment cette difficulté serait malhonnête. La reconnaître ouvertement est plus fort : cela retire au contradicteur l’argument qu’il attend, celui de la mauvaise foi apologétique.
C. Le liquide féminin — et une correction historique nécessaire
La physiologie moderne reconnaît l’existence de sécrétions féminines liées à l’orgasme, distinctes de l’urine (glandes de Skene, dites « prostate féminine », dont le liquide contient du PSA). Et, au sens de la génération, la contribution maternelle directe à l’embryon par l’ovocyte est établie.
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Et ne pas surinterpréter : le hadîth parle d’un liquide observable (مَاء, mâ’ ; مَنِيّ, maniyy), jaune et fluide. Il ne décrit pas l’ovocyte, cellule invisible à l’œil nu. Écrire le Prophète ﷺ a décrit l’ovule est une surinterprétation qui se retourne immédiatement contre celui qui l’avance.
D. « C’est du Hippocrate » — objection anticipée par le texte lui-même
Le contradicteur avancé dira : ce discours sur deux semences dont l’une l’emporte existait déjà dans la médecine grecque ; il n’y a là aucune révélation.
La réponse est dans le hadîth de Thawbân lui-même. Le rabbin annonce, avant même de poser sa question : une chose que nul sur terre ne connaît, *hormis un prophète, ou un homme, ou deux* . Le texte affirme donc explicitement que cette connaissance existait chez un très petit nombre de savants — ce qui recoupe exactement l’existence d’une tradition médicale savante détenue par quelques-uns.
L’argument probant, dans le récit, n’est pas la nouveauté de l’information : c’est qu’un homme illettré de La Mecque, qui n’avait fréquenté aucune école de médecine, réponde exactement ce que le rabbin savait déjà et venait vérifier. D’où sa conclusion immédiate : Tu as dit vrai, et tu es certes un prophète. Le hadîth ne se présente jamais comme une révélation scientifique inédite. Il se présente comme un signe de prophétie.
Le principe d’Ibn Taymiyya
Cheykh el-Islâm Ibn Taymiyya رحمه الله, dans Dar’ Ta‘ârud el-‘Aql wa n-Naql, pose qu’il ne peut exister de contradiction réelle entre un texte révélé authentique et une réalité établie avec certitude. Quand une contradiction apparaît, l’une de trois choses est vraie :
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La mise en garde classique sur le tafsîr ‘ilmî
Cette prudence n’est pas une invention moderne. Ech-Châtibî رحمه الله (m. 790 H) consacre dans el-Muwâfaqât un développement à réfuter ceux qui prétendent trouver dans le Coran toutes les sciences des Anciens et des Modernes : les Compagnons, qui le comprenaient mieux que quiconque, n’ont jamais tenu ce discours. (Reformulation du propos ; voir el-Muwâfaqât, Kitâb el-Maqâsid, discussion sur les sciences attribuées au Coran — à sourcer précisément avant publication.)
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Cette position est celle des comités de fatwa contemporains de la voie sunnite. Le site el-Islâm Su’âl wa Jawâb (fatwa n° 426678), traitant précisément de ce hadîth, formule la règle ainsi : les indications de cet ordre présentes dans le langage de la Loi sont, dans la plupart des cas, l’expression de phénomènes dans le vocabulaire de leur époque ; la Révélation n’est ni un livre de médecine, ni d’astronomie, ni de physique, mais un livre de guidance . Et de conclure qu’un hadîth authentique et une expérimentation établie ne s’opposent pas comme deux contradictoires.
D’autres savants contemporains sont couramment cités sur ce point (Ibn ‘Uthaymîn, el-Albânî, Bakr Abû Zayd, Sâlih Âl ech-Cheykh, ‘Abd el-Muhsin el-‘Abbâd). N’en citer aucun sans disposer d’une source écrite ou audio précise : une citation approximative attribuée à un savant est un défaut plus grave que l’absence de citation.
Une objection à ne pas esquiver : « mais Jibrîl le lui a dit »
Un contradicteur informé remarquera que les deux hadîths attribuent explicitement l’information à la Révélation : Jibrîl vient de m’en informer (Boukhârî 3329), je n’en avais aucune connaissance jusqu’à ce qu’Allah me l’apporte (Mouslim 315a). Il en conclura qu’on ne peut pas invoquer un langage adapté à l’époque , puisque le texte revendique une origine divine.
La remarque est juste, et la réponse ne consiste pas à reculer. Une information d’origine divine est vraie ; elle n’est pas pour autant exhaustive. La Révélation énonce constamment des vérités à un niveau de description qui n’épuise pas le réel : le Coran dit que la pluie descend du ciel sans décrire le cycle de l’eau, et nul n’y voit une erreur. De même ici : sabaqa et ‘alâ énoncent une réalité vraie sans en livrer le mécanisme. Notre ignorance du « comment » ne dit rien contre le « que ».
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عَلَا signifie prévaloir, l’emporter . Et surtout, les verbes qui suivent sont au duel : *les deux* ont engendré un mâle . Le hadîth n’attribue pas le sexe à un seul apport, il l’attribue aux deux conjointement, la prévalence n’étant que la modalité de leur rencontre. C’est d’ailleurs l’intitulé du chapitre chez Mouslim.
Ces mots ne sont pas dans l’arabe. Vous ne critiquez pas le hadîth : vous critiquez une traduction apologétique du XXᵉ siècle — que nous rejetons aussi.
Il répond à une question posée dans un cadre juridique, puis à une question de vérification posée par un rabbin. Il affirme un fait, non une biologie. Le Prophète ﷺ y subordonne d’ailleurs le résultat à la permission d’Allah, deux fois dans la même phrase.
Ibn Hajar, au IXᵉ siècle de l’Hégire, a qualifié ce hadîth de مُشْكِلٌ et écarté une de ses lectures au motif que الْمُشَاهَدُ خِلَافُ ذَلِكَ — l’observation est contraire à cela. Six cents ans avant la découverte des chromosomes, la tradition sunnite tenait déjà que le réel constaté contraint notre lecture d’un texte, sans porter atteinte à son authenticité. Ce que vous appelez une réinterprétation opportuniste est une méthode attestée dans le Fath el-Bârî.
Nous ne savons pas à quoi عَلَا renvoie exactement. Nous ne le prétendons pas. Nous tenons le rapport pour véridique parce qu’il est authentiquement transmis, et nous laissons ouvert ce que nous ignorons. Une contradiction entre un texte et une lecture du texte n’est pas une contradiction entre un texte et le réel.
« La science montre que la ressemblance ne dépend pas de l’ordre d’arrivée des liquides. »
Elle ne montre rien de tel : aucune étude n’a jamais testé cette corrélation. La science décrit le support génétique de la ressemblance, pas ce qui oriente le tirage en amont. Affirmer qu’une chose est réfutée alors qu’elle n’a jamais été examinée est un abus de langage.
« Le liquide “jaune et fluide” n’est pas l’ovule. »
Exact, et nous ne prétendons pas le contraire. Le hadîth décrit un liquide observable. Ce qu’il établit, c’est l’existence d’un apport féminin réel dans la génération. Que cet apport passe biologiquement par l’ovocyte est une donnée que la science a ajoutée, non une donnée que le hadîth affirmait.
« Vous réinterprétez après coup pour coller à la science. »
C’est l’objection la plus sérieuse, et elle a une réponse datée : el-Qurtubî (m. 671 H) jugeait déjà qu’une interprétation du hadîth de Thawbân s’impose , et Ibn Hajar (m. 852 H) écartait une lecture au nom de l’observation — plusieurs siècles avant la découverte des chromosomes. Ce n’est pas une relecture opportuniste : c’est une démarche attestée dans les sources classiques. À l’inverse, ce sont les traductions modernes ajoutant chromosomes and genes entre parenthèses qui constituent, elles, une véritable relecture après coup — et nous les rejetons.
« Si cela vient d’Allah, cela devrait être exact dans tous les détails. »
Cela l’est, dans ce qui est affirmé. Mais la Révélation ne prétend nulle part épuiser la description du réel. Elle énonce des vérités au niveau qui sert son objet — ici, une règle de purification, puis un signe de prophétie. Exiger d’un hadîth de fiqh l’exhaustivité d’un traité de génétique, c’est se tromper de texte.
« Le hadîth de Thawbân est le seul à mentionner le sexe : n’est-ce pas suspect ? »
Le hadîth est dans Sahîh Mouslim et son authenticité n’est pas contestée. On notera cependant que certains contemporains ont posé la question de la mémorisation de ce membre de phrase précis (voir la fatwa Islamweb n° 202375), le reste des versions concordantes ne mentionnant que la ressemblance. Mieux vaut ne pas s’engager sur ce terrain : la position solide consiste à défendre le hadîth tel qu’il est transmis, sans chercher d’échappatoire dans une critique de son texte.
L’honnêteté intellectuelle est plus utile à la da‘wa que l’esquive. Chacun des points suivants se réfute en deux minutes devant un contradicteur informé, et discrédite tout le reste de l’argumentation.
✗ Que le volume de liquide déciderait du sexe. C’est contredit par le caryotype, et le hadîth n’emploie pas de vocabulaire de quantité.
✗ Que « la science moderne a confirmé ce hadîth ». Elle a confirmé l’apport féminin et l’origine double de l’enfant. Elle n’a confirmé ni «عَلَا» ni «سَبَقَ».
✗ Que « les savants classiques avaient écarté la lecture quantitative ». En-Nawawî la retient expressément comme possible, et Ibn Hajar l’adopte. Vérifiable en une minute.
✗ Que « la génétique changera peut-être d’avis ». Le caryotype est un constat, pas une opinion. Cet argument sonne comme une échappatoire.
✗ Des traductions interpolées. Ni « gènes », ni « chromosomes », ni « ovule » ne sont dans l’arabe. Irrecevable dans un sens comme dans l’autre.
✗ Que le hadîth « décrivait l’ovocyte ». Surinterprétation. Le texte décrit un liquide observable.
✗ Que la médecine grecque ignorait la semence féminine. Aristote la minorait ; Hippocrate et Galien l’admettaient.
✗ Une répartition sabq / ‘ulûw attribuée à Ibn Hajar sans vérification. Le texte du Fath el-Bârî tel qu’il circule la donne en sens inverse de ce qu’on lit partout.
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1. La pudeur n’interdit pas la science.
El-Boukhârî a classé ce hadîth sous la pudeur dans la science . Oum Suleym رضي الله عنها ouvre par : Allah n’a pas honte de la vérité. L’islam n’a jamais fait de l’ignorance une vertu, ni du corps un tabou.
2. La femme contribue réellement à la génération.
Affirmé contre le courant savant dominant de l’époque, et confirmé depuis. Le chapitre de Mouslim l’énonce : l’enfant est créé de leurs deux liquides.
3. Les causes secondes n’annulent pas la Volonté divine.
بِإِذْنِ اللَّهِ, répété deux fois, et ech-Choûrâ 42:49. Que la science décrive le comment n’atteint pas le par Qui.
4. Un fils ou une fille est un don, non un mérite.
Il fait don de filles à qui Il veut. Le texte coupe à la racine le reproche fait à l’épouse sur le sexe de ses enfants — reproche encore vivant, et que ce dossier réfute doublement : religieusement, puisque c’est un don d’Allah ; et textuellement, puisque le hadîth attribue le résultat aux deux conjoints ensemble.
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Les numéros de Mouslim suivent la numérotation de Fu’âd ‘Abd el-Bâqî. Les numéros figurant dans la version d’origine de cet article (« Mouslim 469 », « Mouslim -710 ») ne correspondent à aucune numérotation courante et doivent être supprimés.
Commentaires classiques
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وَاللَّهُ أَعْلَمُ
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