✦ JOUR 2 SUR 365 ✦
Les Étapes de la Création de l’Homme
Quand le Coran décrit ce que le microscope ne révélera que 14 siècles plus tard
﴿
وَلَقَدْ خَلَقْنَا الْإِنسَانَ مِن سُلَالَةٍ مِن طِينٍ
ثُمَّ جَعَلْنَاهُ نُطْفَةً في قَرَارٍ مَكِينٍ
ثُمَّ خَلَقْنَا النُّطْفَةَ عَلَقَةً فَخَلَقْنَا الْعَلَقَةَ مُضْغَةً فَخَلَقْنَا الْمُضْغَةَ عِظَامًا فَكَسَوْنَا الْعِظَامَ لَحْمًا
ثُمَّ أَنشَأْنَاهُ خَلْقًا آخَرَ ۟ فَتَبَارَكَ اللَّهُ أَحْسَنُ الْخَالِقِينَ
« Nous avons certes créé l’homme d’un extrait d’argile, puis Nous en fîmes une goutte de sperme dans un reposoir solide, puis Nous avons fait du sperme une adhérence, et de l’adhérence Nous avons créé un embryon, puis de cet embryon Nous avons créé des os et Nous avons revêtu les os de chair. Ensuite, Nous l’avons transformé en une tout autre création. Gloire à Allah, le Meilleur des créateurs ! »
Sourate Al-Mu’minûn (23:12-14)
﴾
رسول الله ﷺ Parole du Prophète ﷺ
« Certes, la création de chacun de vous est rassemblée dans le ventre de sa mère pendant quarante jours sous forme de goutte (nutfa), puis il est une adhérence (‘alaqa) pendant une durée égale, puis un embryon (mudgha) pendant une durée égale. Puis l’ange lui est envoyé et insuffle en lui l’âme, et il reçoit l’ordre d’écrire quatre choses : sa subsistance, la durée de sa vie, ses œuvres, et s’il sera bienheureux ou malheureux. »
Rapporté par Al-Bukhârî (3208) et Muslim (2643), d’après ‘Abd Allâh ibn Mas‘ûd (raḍiya Allâhu ‘anhu).
Ce hadith est l’un des plus célèbres de la tradition prophétique. Il décrit les étapes de la formation de l’être humain dans l’utérus en utilisant une terminologie arabe d’une précision remarquable. Au VIIe siècle, dans le désert d’Arabie, sans microscope, sans échographie, sans la moindre technologie médicale, ces mots ont été prononcés. Et quatorze siècles plus tard, la science confirme chaque étape dans l’ordre exact.
Ce que la science a découvert
1. Nutfa (نُطْفَة) — La goutte
Le mot arabe « nutfa » désigne une toute petite quantité de liquide, une goutte. En embryologie moderne, la fécondation commence effectivement par la rencontre d’un seul spermatozoïde (parmi 200 à 300 millions éjaculés) avec un ovocyte. Le résultat : un zygote d’un dixième de millimètre. Une « goutte » microscopique qui contient déjà tout le code génétique d’un être humain complet — ses yeux, son cœur, son cerveau, ses empreintes digitales uniques.
Le Coran précise « dans un reposoir solide » (qarârin makînin). L’utérus est effectivement un organe remarquablement protégé : enveloppé dans les muscles abdominaux, cushé dans le bassin osseux, baigné dans le liquide amniotique. Un triple système de protection pour cette goutte infinitésimale. Le terme « makîn » (solide, sécurisé) ne pouvait pas être plus juste.
2. ‘Alaqa (عَلَقَة) — L’adhérence
Le mot « ‘alaqa » possède trois significations simultanées en arabe classique : quelque chose qui s’accroche (une sangsue), du sang coagulé, et une chose suspendue. Les trois sens correspondent exactement à ce que montre l’embryologie moderne entre le 15e et le 28e jour après la conception.
Le professeur Keith L. Moore, l’un des plus grands embryologistes du XXe siècle (auteur du manuel de référence mondiale « The Developing Human »), a été le premier à comparer l’embryon à ce stade avec une sangsue. La ressemblance est saisissante : l’embryon est accroché à la paroi utérine exactement comme une sangsue s’accroche à la peau, et il se nourrit du sang de sa mère de la même manière. Moore a déclaré que ces descriptions coraniques ne pouvaient pas provenir d’un savoir humain du VIIe siècle.
3. Mudgha (مُضْغَة) — Le morceau mâché
Le terme « mudgha » signifie littéralement « une bouchée mâchée ». Entre la 4e et la 6e semaine de grossesse, l’embryon mesure environ 1 cm et présente des somites — des renflements alignés le long de son dos qui formeront les vertèbres. Ces somites donnent à l’embryon une apparence striée, exactement comme les marques de dents sur un morceau de chewing-gum mâché.
Keith Moore a réalisé une expérience célèbre : il a pris un morceau d’argile, l’a mâché, puis l’a comparé à un embryon au stade mudgha photographié au microscope. La ressemblance était frappante. Ce mot arabe du VIIe siècle décrit avec une précision photographique ce que seul un microscope électronique pourrait révéler.
4. Les os PUIS la chair — un ordre que la science confirme
Le Coran affirme que les os se forment d’abord, puis qu’ils sont « revêtus de chair ». Pendant des siècles, cette séquence n’a pas pu être vérifiée. Aujourd’hui, l’embryologie confirme que le squelette cartilagineux se forme effectivement en premier (dès la 6e semaine), et que les muscles s’y attachent et les enveloppent ensuite (7e-8e semaine). Le verbe arabe utilisé — « kasawā » — signifie précisément « revêtir », « habiller », comme un vêtement qui recouvre un corps. C’est exactement ce qui se passe : les muscles viennent « habiller » le squelette.
5. « Une tout autre création » — Le mystère de la conscience
Le verset se conclut par une expression extraordinaire : « Ensuite, Nous l’avons transformé en une tout autre création » (khalqan ākhar). Après avoir décrit des étapes purement biologiques avec précision, le Coran marque ici une rupture absolue. Ce qui était un assemblage de cellules, d’os et de chair devient soudain… un être conscient. Un être qui pense, qui ressent, qui aime, qui a peur, qui rêve. La science moderne n’a toujours aucune explication pour ce « saut ». Comment la matière devient-elle conscience ? C’est ce que le philosophe David Chalmers appelle « le problème difficile de la conscience » (the hard problem of consciousness), et il reste, à ce jour, totalement irrésolu.
Et c’est ici que le verset éclate de grandeur. Après cette description, Allah conclut : « Gloire à Allah, le Meilleur des créateurs » (fa-tabāraka Allāhu aḥsanu al-khāliqîn). Ce n’est pas une conclusion arbitraire. C’est un défi. Qui d’autre pourrait concevoir un tel processus ? Qui pourrait programmer dans une seule cellule de 0,1 mm l’intégralité d’un être humain ?
Méditation du jour
Ferme les yeux un instant et pense à ceci : il fut un temps où tu n’existais pas. Pas du tout. Ni ton corps, ni ta voix, ni tes souvenirs, ni ta conscience. Tu étais néant. Zéro.
Puis, à partir d’une goutte invisible à l’œil nu, un processus d’une complexité inouie s’est mis en marche. En neuf mois, des milliards de cellules se sont divisées, différenciées, organisées. Certaines sont devenues tes yeux — capables de distinguer dix millions de couleurs. D’autres sont devenues ton cœur — qui bat déjà 100 000 fois par jour sans que tu y penses. D’autres encore sont devenues ton cerveau — 100 milliards de neurones connectés par 100 000 milliards de synapses, un réseau plus complexe que toutes les étoiles de la Voie Lactée.
Et tout cela à partir d’une seule cellule. Une seule. Qui contenait déjà tout. Ton ADN — si on le déroulait — mesurerait environ 2 mètres de long, replié dans un noyau de 6 micromètres. Et dans chacune des 37 200 milliards de cellules de ton corps, il y a une copie complète de ce code. Si on mettait bout à bout tout ton ADN, il couvrirait la distance Terre-Soleil plus de 600 fois.
Comment un homme dans le désert d’Arabie, il y a 1400 ans, a-t-il pu décrire les étapes exactes de l’embryologie humaine dans le bon ordre, avec les bons termes, sans aucun instrument ? La réponse est dans le verset lui-même : ce n’est pas lui qui parle. C’est Celui qui a créé l’homme, Celui qui connaît chaque cellule de chaque embryon de chaque être qui a existé et existera. Al-Khâliq, Al-Musâwwir, Al-‘Alîm.
Gloire à Allah, le Meilleur des créateurs.
هُوَ الَّذِي يُصَوِّرُكُمْ فِي الْأَرْحَامِ كَيْفَ يَشَاءُ. لَا إِلَٰهَ إِلَّا هُوَ الْعَزِيزُ الْحَكِيمُ
« C’est Lui qui vous façonne dans les matrices comme Il veut. Pas de divinité à part Lui, le Tout-Puissant, le Sage. »
(Sourate Âl ‘Imrân, 3:6)
Sources & références
- Keith L. Moore, T.V.N. Persaud, The Developing Human: Clinically Oriented Embryology, 11e édition (2020).
- Keith L. Moore, « A Scientist’s Interpretation of References to Embryology in the Qur’an », Journal of the Islamic Medical Association (1986).
- David Chalmers, « Facing Up to the Problem of Consciousness », Journal of Consciousness Studies, 2(3), 1995.
- Sahih Al-Bukhârî, hadith n°3208 ; Sahih Muslim, hadith n°2643.
- Tafsîr Ibn Kathîr et Tafsîr Al-Qurtubî, Sourate Al-Mu’minûn, versets 12-14.
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