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« On ne connaît pas la vérité par les hommes, mais connais donc la vérité, et après tu connaîtras ceux qui la suivent. »


Mythe 4 : Contradictions et erreurs dans le Coran ?

Publié par convertistoislam - l'islam pour tous sur 6 Juillet 2026, 13:33pm

Mythe 4 : Contradictions et erreurs dans le Coran ?


 

بِسْمِ اللّهِ الرّحْمٰنِ الرّحِيمِ

Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux

 

MYTHES & STÉRÉOTYPES SUR L’ISLAM

Dossier n° 4

 

Le Coran contient-il

des erreurs scientifiques ?

Les versets attaqués, un par un — sans concordisme, ni procès truqué

 

◆ ◆ ◆

 

convertistoislam.fr

 

I. Le mythe — et le double piège

La liste circule sur tous les forums : le Coran ferait coucher le soleil dans une source boueuse, ferait jaillir la semence « d’entre le dos et les côtes », parlerait de sept terres, planterait les montagnes comme des piquets, ferait courir le soleil vers son gîte — autant d’« erreurs scientifiques » qui prouveraient l’origine humaine du texte. Ce dossier prend ces versets un par un, dans leur texte exact, sans en esquiver aucun.

Mais il faut d’abord désamorcer un double piège. Le premier est celui du critique : juger un texte du VIIᵉ siècle, adressé à des hommes de tous les temps, comme s’il prétendait être un manuel d’astrophysique. Le second est celui de certains défenseurs — et il est tout aussi ruineux : le concordisme, qui veut lire dans chaque verset le Big Bang, la relativité ou l’embryologie moderne. Cette apologétique-là soumet la révélation, réputée immuable, à des théories humaines par nature provisoires : le jour où la théorie change, le « miracle » s’effondre et emporte la crédibilité du défenseur. Nous refusons les deux : ni procès truqué, ni miracle fabriqué.

II. La méthode : qu’est-ce qu’une erreur — et qu’est-ce qui n’en est pas ?

Le Coran se présente comme une guidance, non comme un traité de sciences naturelles. Quand il évoque le monde, c’est pour en faire des signes qui mènent au Créateur :

إِنَّ فِي خَلْقِ السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضِ وَاخْتِلَافِ اللَّيْلِ وَالنَّهَارِ لَآيَاتٍ لِأُولِي الْأَلْبَابِ

La création des cieux et de la terre, l’alternance du jour et de la nuit, sont autant de signes pour des hommes doués de raison.

— Sourate 3, Âl ʿImrân, verset 190

Il parle donc le langage de tous les hommes : celui de l’observateur. Or ce langage phénoménal n’est pas une « pirouette » inventée pour sauver le texte : c’est celui que l’humanité entière parle encore. Nos bulletins météo annoncent chaque jour « le lever du soleil à 6 h 12 », et nul n’accuse les astronomes qui les rédigent de géocentrisme. Décrire ce que voit l’œil n’est pas affirmer une cosmologie. Le test honnête d’une « erreur » est donc celui-ci : le texte affirme-t-il, comme un enseignement, une proposition fausse sur le monde ? C’est à ce test que nous soumettons chaque verset attaqué.

III. Les versets attaqués, un par un

Le soleil dans une source boueuse (18, 85-86)

C’est l’attaque favorite. Lisons le texte — dans la traduction même de Rachid Maach :

حَتَّىٰ إِذَا بَلَغَ مَغْرِبَ الشَّمْسِ وَجَدَهَا تَغْرُبُ فِي عَيْنٍ حَمِئَةٍ وَوَجَدَ عِندَهَا قَوْمًا

Il suivit donc une voie qui le conduisit jusqu’au Couchant où il lui sembla que le soleil se couchait dans une source boueuse et où il trouva un peuple.

— Sourate 18, Al-Kahf, versets 85-86

Tout est dit : le verset ne décrit pas où le soleil se couche, mais ce que vit Dhou Al-Qarnayn — le verbe wajadahâ, « il la trouva » ainsi, rapporte une perception, ce que la traduction rend par « il lui sembla ». Parvenu à l’extrême ouest de sa route, au bord d’une étendue d’eau, le voyageur voit le disque solaire plonger dans l’eau sombre à l’horizon — spectacle que quiconque a contemplé un coucher de soleil en mer connaît. Et cette lecture n’a rien de moderne : dès le XIᵉ siècle, Ibn Hazm — savant réputé pour son littéralisme, donc peu suspect d’accommodements — écrivait que le soleil, auquel le Coran assigne une orbite où il vogue (36, 40 ; 25, 61), ne saurait quitter sa course pour plonger dans une source terrestre, et que le verset décrit la scène telle qu’elle apparut au voyageur. On notera enfin que Maach signale en note la variante de lecture « bouillante » (ḥâmiya) à côté de « boueuse » (ḥami’a) : les deux qirâ’ât reconnues, en acte, comme on l’a vu au dossier n° 2.

La semence « d’entre les reins et les côtes » (86, 5-7)

La sourate At-Târiq invite l’homme à considérer de quoi il fut créé : d’un liquide jaillissant, sorti — dit le verset — d’entre le ṣulb et les tarâ’ib. Le critique traduit « entre le dos et les côtes » et crie à l’erreur anatomique, puisque la semence se forme dans les testicules. Mais examinons les mots. Le ṣulb désigne les lombes, l’échine — siège traditionnel de la procréation dans toutes les langues anciennes : l’hébreu biblique fait « sortir des reins » de Jacob sa descendance, et le français classique parle encore du « fruit de ses reins » sans que nul n’y lise un traité d’anatomie. Les tarâ’ib désignent la région de la poitrine — que nombre d’exégètes classiques rapportent à la femme : le ṣulb de l’homme et les tarâ’ib de la femme, c’est-à-dire l’union des deux êtres d’où jaillit la vie ; d’autres y voient la simple désignation du tronc de l’homme, d’entre lombes et côtes, d’où sort le flux.

Soyons honnêtes : ce verset est l’un des plus discutés, les exégètes ont divergé sur le détail des mots, et la bonne réponse est linguistique — pas une anatomie moderne déguisée. Mais le test de l’erreur échoue ici aussi : une expression idiomatique désignant, dans la langue de l’auditoire, la région du corps d’où jaillit la semence — et peut-être le couple lui-même — n’est pas un énoncé doctrinal de physiologie. Celui qui y lit un cours d’anatomie raté commet le même contresens que celui qui reprocherait à la Bible ou à Bossuet leurs « reins ».

Les sept terres (65, 12) et les montagnes-piquets (78, 7)

Le Coran évoque sept cieux et, une fois, « autant » de terres (65, 12) — sans un mot de plus. Les exégètes classiques ont divergé sur le sens et beaucoup ont conclu : Allah sait mieux. Le grief d’erreur suppose une affirmation précise ; or le texte n’affirme précisément rien de cosmographique ici — le sept, en arabe, exprime d’ailleurs souvent la multiplicité. On ne réfute pas une doctrine que le texte ne pose pas. Quant aux montagnes « comme des piquets » (awtâd, 78, 7), l’image est celle du piquet de tente : ce qui dépasse est peu de chose auprès de ce qui s’enfonce, et c’est la partie enfouie qui stabilise. Métaphore de stabilité et d’ancrage — dont on peut noter, sans en faire un miracle, qu’elle s’accorde sans peine avec ce que la géologie dit des racines profondes des reliefs, là où d’autres cosmographies anciennes posaient leurs montagnes sur le sol comme des pierres sur une table.

Le soleil « qui court vers son gîte » (36, 38)

Dernier grief : le verset qui fait courir le soleil vers son mustaqarr, son lieu ou son terme fixé — preuve de géocentrisme ? Nullement. Les lectures classiques y voient le terme de sa course — au Jour dernier — ou le point que Dieu lui a assigné ; et le verset suivant précise que le soleil comme la lune voguent chacun dans une orbite (36, 40), formulation qui interdit justement le décor fixe. Affirmer qu’un astre est en course n’est pas une erreur — c’est même, soit dit sans concordisme, l’exact contraire d’une erreur. Et le fait est là : les astronomes musulmans ont travaillé des siècles sur des modèles célestes variés sans qu’aucun verset ne leur soit opposé — il n’y a pas d’affaire Galilée en islam (dossier n° 3).

IV. L’argument positif : l’absence des erreurs de son époque

Reste alors un fait que le critique, tout à sa liste, ne regarde jamais en face. Tous les textes du VIIᵉ siècle et d’avant — religieux, philosophiques, savants — véhiculent les erreurs de leur temps affirmées comme doctrines : firmament solide retenant des eaux supérieures, sphères de cristal aristotélo-ptoléméennes, univers statique et éternel, terre portée par des animaux cosmiques, génération spontanée. Le Coran, lui, traverse quatorze siècles — dont la révolution scientifique — sans qu’aucune de ces erreurs d’époque ne puisse lui être assignée comme doctrine. Ses formulations sont restées ouvertes : des astres qui voguent chacun dans une orbite (21, 33 ; 36, 40) là où l’on enseignait des sphères solides ; un ciel initial à l’état de dukhân, de nuée diffuse (41, 11), là où les mythologies posaient un cosmos tout fait ; l’eau à l’origine de toute chose vivante (21, 30) — intuition audacieuse pour un peuple du désert ; des ténèbres superposées au fond des mers profondes (24, 40) ; des phases successives de l’embryon (23, 12-14) qu’aucune donnée n’est venue contredire.

Deux exemples méritent une mention particulière, parce qu’ils illustrent la méthode. Le verset 51, 47 dit du ciel : Nous l’avons bâti avec puissance, et Nous l’étendons — les classiques y lisaient l’ampleur de la puissance divine, et la grammaire admet aussi la lecture d’un élargissement en cours : nous dirons seulement que la formulation demeure compatible avec un univers en expansion, là où toutes les cosmologies antiques posaient un monde statique — compatibilité, non prédiction. Et la sphéricité de la terre : loin d’être un scandale théologique, elle fut affirmée par les grands savants classiques — Ibn Hazm en rapporte même le consensus des savants de l’islam, Ar-Râzî et Ibn Taymiyya l’admettent — sans qu’aucun verset n’y fasse obstacle. Voilà l’argument véritable, modeste et solide : non pas « le Coran annonce la science », mais : un texte du VIIᵉ siècle qui évite systématiquement les erreurs affirmées de son époque, et dont les formulations traversent la révolution scientifique sans naufrage, alors que toutes les cosmologies contemporaines ont sombré — cela demande une explication.

V. L’honnêteté : ce que nous ne dirons pas — et ce que nous disons

Fidèles à notre ligne, nous ne dirons donc jamais : « le Coran a annoncé le Big Bang, la relativité, l’embryologie moderne ». Ce concordisme-là, si répandu soit-il, est une faute de méthode et un danger : il suspend l’éternel au provisoire, et prête le flanc à la réfutation dès que la science, comme c’est sa nature, se corrige. Le Coran n’a pas besoin de ces béquilles.

Ce que nous disons est plus sobre et tient debout : en quatorze siècles de lectures hostiles — et Dieu sait qu’elles furent acharnées —, aucune erreur doctrinale sur le monde n’a pu être établie contre le texte ; chaque verset de la fameuse liste, lu dans sa lettre exacte et sa langue, décrit ce que voit l’homme ou parle son idiome, sans affirmer de cosmologie fausse ; et l’absence des erreurs typiques de son époque, dans un texte porté par un homme sans bibliothèque, est un indice — non une démonstration isolée, mais une pièce du faisceau. Au lecteur qui doute devant un verset difficile, la méthode est offerte : le texte exact, la langue, les lectures classiques — et la distinction, toujours, entre ce que le texte affirme et ce qu’on lui fait dire.

◆ Synthèse

La liste des « erreurs scientifiques du Coran » ne survit pas à la lecture des textes. Le soleil de Dhou Al-Qarnayn est une perception de voyageur — « il lui sembla », traduit Maach, et Ibn Hazm le disait déjà au XIᵉ siècle ; les « reins et les côtes » parlent l’idiome universel des langues anciennes, de l’hébreu au français ; les sept terres ne posent aucune doctrine qu’on puisse réfuter ; les montagnes-piquets sont une image d’ancrage plus heureuse que les cosmographies de leur temps ; et le soleil en course dans son orbite est tout sauf une erreur. À l’inverse, le fait massif demeure : un texte du VIIᵉ siècle qui évite les erreurs affirmées de toutes les cosmologies contemporaines et traverse la révolution scientifique sans naufrage. Ni concordisme, ni procès truqué : le Coran est un livre de guidance dont le langage des signes n’a pas vieilli — et c’est cela, précisément, qui demande une explication.

 

◆ À retenir

– Double piège à refuser : le procès anachronique (juger un livre de guidance comme un manuel) et le concordisme (fabriquer des « miracles scientifiques » qui s’effondrent avec les théories).

– Le test honnête d’une erreur : le texte affirme-t-il une proposition fausse comme doctrine ? Le langage phénoménal (« le soleil se lève ») n’en est pas une — nos bulletins météo le parlent encore.

– 18, 85-86 : « il lui sembla que le soleil se couchait… » (Maach) — perception du voyageur, lecture déjà défendue par Ibn Hazm (XIᵉ s.) au nom des versets sur l’orbite (36, 40) ; variante de lecture boueuse/bouillante signalée.

– 86, 5-7 : ṣulb et tarâ’ib — idiome des langues anciennes (le « fruit de ses reins » en hébreu comme en français), désignant la région d’où jaillit la semence, voire l’union de l’homme et de la femme — pas un énoncé d’anatomie.

– Sept terres (65, 12) : le texte n’affirme rien de cosmographique — on ne réfute pas une doctrine qu’il ne pose pas. Montagnes-awtâd : image d’ancrage (la partie enfouie stabilise). Mustaqarr (36, 38) : terme de la course d’un astre en orbite (36, 40), non un géocentrisme.

– L’argument positif, modeste et fort : l’absence des erreurs affirmées de l’époque (firmament solide, sphères de cristal, univers statique, génération spontanée) et des formulations restées ouvertes (orbites, dukhân, eau et vie, 51, 47) — compatibilité, non prédiction.

– La sphéricité de la terre fut admise par les classiques (Ibn Hazm en rapporte le consensus) : pas d’affaire Galilée en islam.

 

Sources

Coran : traduction française des sens par Rachid Maach (18, 85-86 avec sa note sur la variante « bouillante » ; 3, 190) ; références discutées en prose : 86, 5-7 ; 65, 12 ; 78, 7 ; 36, 38-40 ; 21, 30 et 33 ; 25, 61 ; 41, 11 ; 51, 47 ; 24, 40 ; 23, 12-14 ; 39, 5.

Exégèse classique : At-Tabarî, Ar-Râzî, Ibn Kathîr (18, 86 ; 86, 5-7 ; 36, 38) ; Ibn Hazm, Al-Fiṣal (orbite du soleil et lecture perceptive de 18, 86 ; consensus sur la sphéricité de la terre).

Méthode : refus du concordisme (le Coran n’est pas un manuel de sciences) ; argument de l’absence des erreurs d’époque — raisonnement cumulatif, non démonstration isolée.

 

 

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